‹ L'Anjou dans la lutte de la chrétienté contre l'IslamismeChapitre 1 sur 8 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'Anjou a figuré avec éclat dans toutes les phases de This* toire de France. Aussi ses glorieuses destinées ont-elles à elles seules, depuis cinquante ans, surabondamment défrayé la littérature angevine ; et, grâce à nos travailleurs d'élite, nôtre province dès aujourd'hui revit pleinement dans les navrantes péripéties des invasions anglaises, dans les orages de la Ligue , dans la brillante échauffourée de la Fronde et jusque dans l'épopée des guerres vendéennes. Restait encore, suivant nous , à accuser le rôle de FAnjou dans l'un des drames les plus palpitants de l'histoire du monde : nous voulons parler du conflit entre la chrétienté et le mahométisme, entre l'Occident et l'Orient, entre la civilisation et la barbarie. Nous avons résolument , et non certes sans témérité , abordé cette tâche ; et nous nous risquons à livrer aujourd'hui au public la première partie, extraite de la Revue de l'Anjou, d'une étude consacrée à ce grand objet, sous ce titre : L'Anjou dans la lutte de la chrétienté contre V Islamisme.

Ce vaste sujet nous semble devoir en effet se diviser en deux parties bien distinctes : la première, celle que nous offrons ici, sous le titre des Pèlerinages en Terre-Sainte et des Croisades j comprenant les Croisades proprement dites, c'est-à-dire cette série de guerres saintes allant de Godefroy à saint Louis, et spécialement dirigées vers Jérusalem pour la délivrance ou la protection des Saints-Lieux; puis la seconde, que nous intitulerons : Défense de V Europe contre

l* Islamisme y où la lutte entre les deux milices du Christ et de Mahomet se généralise, en s'étejidant des Pyrénées à Gonstantinople sous les grands noms de Charlemagne, de Charles d'Anjou, de Boucicault, de Jean Hunyade, etc., et où la Ville-Sainte et les rivages de la Palestine n'occupent plus qu'un coin du tableau.

Pour nous en tenir aujourd'hui à notre première partie, et tout en promettant d'avance, pour la suite, plus de maturité et de réflexion , nous ne nous piquons point de donner une œuvre bien originale et bien neuve en fait d'érudition; car nous n'avons fait que tirer parti de sources déjà très heureusement exploitées dans maints travaux antérieurs. Si encore nous avions tiré de ces richesses tout le parti possible ! Mais éloigné, par l'assiduité de nos fonctions, de la fréquentation journalière des grandes bibliothèques et surtout de guides éminents qui nous eussent plus sûrement orienté dans nos recherches historiques , nous avons dû nous borner à retracer, avec toute l'ardeur puisée dans nos sentiments de catholique et d'angevin, les traits les plus saillants des nombreuses figures qui , du sein de Jérusalem , nous ont si longtemps subjugué par leur éclat ou retenu sous leur charme. Puissions-nous conmiuniquer un peu de notre enthousiasme à quelques bienveillants lecteurs, et nous nous estimerons bien récompensé de dix années de travail !

Mamers, S4 avril 4880.

L'ANJOU

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