SÉNÉGAL
Marchoux signale la présence peu fréquente, dit-il, de l’ankylostomiase dans la côte ouest de l'Afrique.
Kermorgant, au sujet de l’envoi des troupes noires en Algérie, mentionne l’ankylostomiase parmi les maladies qu’il conviendrait de dépister, parce qu’elle est très fréquente chez les Sénégalais.
De 1910 à 1911, au laboratoire de SA Louis Bourret fit des recherchies sur l’état de diffusion des parasites intestinaux dans la population. Sur 52 selles qu’il examina, il ne trouva que deux fois des porteurs d’œufs de di ecuor americanus.
Havre-Guinée
D’après le docteur Joyeux, le VNecator americanus serait d’une extrême fréquence en Haute-Guinée, comme il a pu ie constater par l’examen méthodique des fèces des indigènes fréquentant les consultations.
Aucune statistique n’a été établie pour cette région, mais d’après les recherches entreprises par Ch. Joyeux, le pourcentage serait très élevé:
Examen positif. ..... 87 77
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Au point de vue pathologique, il y a, comme le montre cette brève statistique, un nombre élevé de porteurs du nématode, mais peu seraient atteints d’ankylostomiase.
Un grand nombre de sujets examinés ne semblaient nullement souffrir de leur parasite; quelques-uns cependant présentaient des troubles intestinaux accompagnés d’œdèmes, avec retentissemènt plus ou moins He sur l’état général.
Dans tous les cas d’infection prononcée, l’éosinophilie était assez intense.
CôTe-p’Ivoire
À la fin septembre 1910, le docteur Sorel était envoyé en mission à Adzopé, où sévissait une épidémie assez meurtrière.
La paralysie des extenseurs des jambes, l’abolition des réflexes, l’affolement du cœur, l’ædème généralisé, signes cliniques qu’il constata chez la plupart de ses malades, lui permirent de poser le diagnostie de béri-béri humide.
C'était la première fois que le béri-béri était signalé sur la Côte-d'Ivoire. Mais son attention fut attirée par un autre signe clinique: les 21 malades qu’il examina avaient tous éprouvé, comme symptômes prémonitoires de la maladie, des troubles intestinaux avec de la diarrhée sanguinolente. Dès lors, l’examen des selles s’imposait: les 27 malades étaient porteurs d’œufs d’ankylostome.
Au cours de recherches sur l’index parasitaire chez les indigènes de la Côte-d'Ivoire, sur 320 selles examinées, Sorel releva 238 fois la présence de l’ankylostome.
L’uncinariose régnait dans cette région d’une façon inquiétante, 75 0/0 des habitants hébergeaïent le nématode.
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Sorel fit des constatations identiques à Passan, Bingerville et Moossou, mais la proportion des porteurs d’ankylostome est un peu moindre que dans la région citée précédemment. :
Le fait clinique des troubles intestinaux, presque toujours constaté, au cours de cette épidémie, comme symptôme prémonitoire, peut faire penser, dit Sorel, comme Noc en avait déjà émis l'hypothèse, que l’uncinariose joue un rôle dans certaines formes du béri-béri ou d’affections simulant le béri-bér1.
Dans le courant de la même année, le docteur Neveux fut appelé à donner ses soins à 4 enfants de villages différents atteints d’anémie profonde. Chez ces 4 malades, il retrouva des œufs d’ankylostome, classés par Rodriguez dans le genre Ankylostomum duodenale.
En terminant sa communication, Neveux dit qu’il serait intéressant de rechercher si la maladie appelée danéiée par les peuls du Boundou (Sénégal) ne relève pas de l’ankylostome.
Coxco
En 1902, Brumpt signale de nombreux eas d’ankylostomiase chez les nègres. Cette maladie, dit-il, cause des ravages considérables même dans le Bas-Congo, à Boma et à Brazzaville. Dans le Ozamdé sur l’Ouéllé, il eut l’occasion d’en étudier une véritable épidémie chez les prisonniers de race Mongbattou.
Darré rapporte le cas d’un missionnaire qui séjourna dans la Basse-Alima, et qui fut infesté en traversant une nappe d’eau stagnante. Chez ce malade, l’observation clinique révéla la pénétration du parasite à travers la peau
D et mit en évidence le passage des larves au niveau des poumons et leur arrivée dans la cavité intestinale.
Ce missionnaire affirme que, dans la région de la Basse- Alima, de nombreux nègres meurent d’anémie dont la cause reste inconnue : peut-être faut-il l’attribuer à l’ankylostomiase.
HavTE-SANGHA
Dans son rapport de la mission dans la Haute-Sangha et le M’Bimou, Aubert attribue à l’ankylostomiase la mortalité élevée des enfants.
Cette affection se traduit chez eux par des troubles gastro-intestinaux d’intensité variable, une anémie profonde, des œdèmes généralisés et à la dernière période les malades présentent une déchéance physique telle que beaucoup d’entre eux lui étaient amenés comme malades du sommeil.
Sur 258 malades examinés, 175 étaient porteurs d’œufs d’ankylostome, soit 67,8 0/0.
Cette proportion, ajoute Aubert, serait encore beaucoup plus élevée s’il lui eût été possible de faire des examens plus approfondis.
Pour se rendre compte de la drdbaition d’indigènes parasités par l’ankylostome dans un groupement déterminé, il examina les selles de 43 enfants pris au hasard dans la population du village de Baboka; 18 étaient porteurs d'œufs, soit 41,8 0/0.
L’Européen n’est pas à l’abri de cette affection, et plusieurs fois Aubert eut à soigner des fonctionnaires très sérieusement atteints.
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