ALGÉRIE
Jusqu’en 1905, dit le docteur Ferrier, l'Algérie paraissait indemne de l’uncinariose et réfractaire à l’évolution de ce parasite. Jusqu'à cette époque, aucun cas n’avait été relevé par les médecins exerçant dans ce pays: ni le (€ Traité de zoologie médicale » du professeur Blanchard, ni la récente monographie de Calmette et Breton, ni les « Archives de médecine et de pharmacie militaires » ne font allusion même une seule fois à la présence de ce parasite dans cette région. à
Trois cas constatés à cette époque à l’hôpital de Mostaganem démontrèrent le contraire.
A la suite de ces observations, dit le docteur Ferrier, notre attention fut mise en éveil, et chez tous les malades de l’hôpital présentant un certain degré d’anémie, l’examen des selles fut fait.
Sur 100 examens environ, 8 cas furent relevés. La même année, un cas était constaté à l’hôpital de Mascara et un autre à celui de Relizane.
En 1910, le médecin-inspecteur des troupes coloniales de Kermorgant, dans un rapport qu'il adressait aux ministres des Colonies et de la Guerre, montrait le danger que pouvait faire courir à notre colonie d'Algérie l’envol des tirailleurs sénégalais, qui pour la plupart sont des ankylostomés. [1 demandait, en conséquence, qu'avant de diriger les Sénégalais sur l’Algérie, une sélection sérieuse fût faite.
Nicolle faisait alors connaître que déjà l’ankylostome existait en Tunisie dans toute la région des Chotts, et que, si, dans ces régions, ce, parasite ne s'était pas répandu
dans la Régence, c’est que son existence paraissait liée à des conditions particulières aux régions contaminées et aux habitudes de géophagie de leurs populations.
E. Sergent et de Mouzon signalaiïent à M’Doukal la même année, l’ankylostomiase à l’état endémique.
L’anémie très prononcée de certains des habitants ne expliquant pas par le paludisme, ces docteurs furent amenés à examiner (juillet 1910) Les setles de plusieurs indigènes malades ou non de cette catégorie:
Examines. cie 15 Examens positifs ...... Al
Cette faible statistique, qu’il serait à souhaiter plus complète, montre combien est répandue l’ankylostomiase à M’Doukal. Il y aurait donc lieu de ne pas accepter dorénavant en Algérie, trop facilement et sans contrôle, le diagnostic de cachexie et anémie paludéennes.
Il serait nécessaire que des recherches fussent faites dans ce sens. L’uncinariose est une affection sérieuse, et l’on ne peut envisagér sans crainte la possibilité de son extension. :