‹ L'Ankylostomiose: Dans les Colonies FrançaisesChapitre 13 sur 21 · ANTILLES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

ANTILLES FRANÇAISES

Il y à cinquante ans, l’on désignait, sous le nom de mal’cœur ou mal ‘d'estomac des nègres, une névrose gastro-intestinale particulière aux pays intertropicaux, affectant exelusivement les races colorées, et s’accompagnant d’un état cachectique général caractérisé, disaient les praticiens de l’époque, par la liquéfaction du sang et la tendance aux suffusions séreuses. |

Cette affection fut observée pour la première fois aux Antilles françaises par le Père Labat.

Pouppée Desportes, sous le nom de mal d’estomac ou cachexie, lui attribue deux causes principales: la mauvaise alimentation et la paresse; il indique comme traitement les ferrugineux et les anti-arthritiques.

De nombreux médecins français et étrangers consacrèrent au mal’cœur des articles assez étendus, maïs sans en chercher la cause scientifique. Pour eux, les privations, les travaux excessifs, une alimentation vicieuse ou incomplète, les passions dépressives et l’alcoolisme paraissaient être les seules causes étiologiques du mal’cœur.

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Symptomatologie. — Le mal’cœur présente deux périodes distinctes, Pans une première période prodromique, ie malade présente de la céphalalgie, un malaise général, de la courbature fébrile, des douleurs épigastriques, des vomissements, de la diarrhée, une perversion du goût, symptômes pathognomoniques, disent les médecins de l’époque. Le malade devient géophage et recherche avec avidité des substances d’autre nature, telles que la cendre des chiffons, du papier, des cheveux. Cette dépravation va jusqu’à pousser les noirs à absorber les objets les plus rebutants, Cragie rapporte avoir vu sous ses yeux un nègre atteint de mal’cœur vomir une souris parfaitement intacte et qu’il venait probablement d’avaler.

La seconde période de la maladie est caractérisée par de la gastralgie et de la chloro-anémie. À ces deux grands symptômes se rattachent les battements artériels, l’essoufflement, l’œdème des extrémités, les lypothymies, et ‘enfin les modifications dans les couleurs de là peau, qui sont caractéristiques: la teinte noire et comme lustrée des téœuments du nègre est remplacée par une nuance jaune brun et un aspect terne. Enfin, des symptômes cérébraux apparaissent et ferment ce cortège d’accidents.

Pathologie. — Ta plupart des médecins de l’époque, qui ont étudié le mal’cœur en font une névrose particulière de l’estomac. Wilhelm Griesinger, cependant, faisant l’autopsie d’un nègre mort de mal’cœur, remarqua que la muqueuse intestinale était recouverte de taches ecechymotiques, semblables à des morsures de sangsues, auxquelles adhéraint une quantité de nématodes ressemblant à l’espèce décrite ultérieurement par Dubini sous le nom d’Ankylosto mum duodenale.

ra rent he traitement préconisé à cette 6 époque est prophylactique ou curatif.

210 Traitement nn — I] repose tout entier sur l’observance d’une bonne hygiène ; l'entretien dans les habitations de cette gaîté et de cette animation qui accusent un régime doux et humain; l'isolement des noirs chez qui on voit poindre les symptômes du mal’cœur. Mais le point sur lequel on doit insister tout particulièrement est l’alimentation. Levacher, rapporte avoir constaté à Sainte- Lucie, que des bœufs, des mulets, des chevaux, placés dans des pâturages épuisés, abreuvés d’eaux corrompues, exténués de fatigue contractaient le RAP parce que tout comme les noirs ils étaient poussés à à manger de la terre.

2° Traitement curatif. — Les médecins de l’époque préconisent une nourriture substantielle, des exercices réguliers, des bains, des frictions aromatiques, des reconstituants et surtout un traitement moral: la nostalgie et la tristesse, disent-ils, étant souvent le point de départ du mal’cœur.

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