‹ L'Ankylostomiose: Dans les Colonies FrançaisesChapitre 8 sur 21 · ANNAM · texte numérisé non relu

ANNAM

En 1909, Mathis et Léger publiaient la statistique des indigènes trouvés porteurs d’ankylostome dans le Nord-

Annam :

HAE Nes Fes

Nombre de . Porteurs

US \ sujets examinés d'Ankylostomes FOR

Adultes. . . ... 44 21 61,36

Enfants in 1 1 »

FOTAUX 10; 45 28 M:02:22

Les recherches que firent à l'hôpital d’Hué (Centre- Annam), au cours des années 1911 et 1912, Bernard et Koun, sur l’uncinariose, font ressortir que ce parasitisme y est moins répandu que dans le Nord-Annam:

Sexe ctaue DM E Ankylostome

sujets examinés pour cent HORESSC RS SAR 257 46.68 Femmes ent 114 31:97 Garçons de 0 à 15 ans. 48 20,83 Fillettes de 2 à 15 ans. 30 13599

Cette diminution viendrait du milieu où les recherches ont, été effectuées. ü

Dans tous les cas, le parasite trouvé est le Necator ame- Yicanus. 4

Miüllous, en 1913, entreprend des recherches sur l’ankylostomiase dans le Nord-Annam (région de Than-Hoa). Ces études, poursuivies d’août à décembre, lui permirent de faire porter ses examens microscopiques sur 1.000 fèces d’indigènes adultes:

Mois … Re Porteurs trouvés eu cent ROULE ER 91 13 14 Septembre. ... . TO 18 25 OCIObrÉ mere 92 30 32 Novembre . . .. 346 91 11 Décembre . . . . 405 25 6

ToraUx 20 ADI 117 84

na | Millous n’a pu déterminer exactement l'espèce à laquelle äppartenait le parasite, mais il lui a semblé cependant qu’il était en présence de l’Ankylostomum duodenale.

3° Toxentou (1)

Bouffard en 1901, Léger en 1908, Moulac en 1909, constataient dans le Tehantou la fréquence du parasitisme intestinal. |

De mai 1911 à septembre 1912, Jouveau-Dubreuil, s’inspirant des études de Mathis et Léger, se livrait à des recherches sur l’index parasitaire intestinal dans cette région. Il examina environ 500 selles de Chinois adultes, et trouva une moyeune de 14,20 0/0 d’ankylostomés.

4° CocHINCHINE -

Gilles en 1880, Erm en 1886, soutinrent que le béri-béri étaït une forme d’ankylostomiase. En 1894, Walther, sans être aüssi affirmatif, admit que l’ankylostomiase pourrait être une cause prédisposante d’une certaine valeur.

Du 1% janvier 1906 à avril 1907, Noc relève, sur 211 sujets atteints de béri-béri, 197 fois la présence du Necator americanus. Chez 605 Annamites dant il examina les selles, il constata:

1° La très grande fréquence du Mecator americanus chez les individus vivant dans les agglomérations où sévit le béri-béri (271 sujets examinés), soit 64,9 Q/0;

2° La fréquence moindre du parasite (222 individus exa-

(1) Ville de l'Empire Chinois, capitale de la province du Sétchouen, située au milieu de la petite plaine qui porte son nom, le « Jardin du Royaume Fleuri » sur le Min-Ho.

| SA D minés) dans les pays où le béri-béri ne sévit que sous torme de cas isolés, soit 34,5.0/0; 3° Une diminution notable de l’uncinaire dans les familles où le béri-béri est plus rare (112 indigènes examinés), soit 18,7 0/0; 4 La rareté ou l absence du americanus chez ies Européens.

Brau, à la suite de nombreux examens, du début de novembre 1909 à mars 1910, établit la statistique suivante: Béri-bériques (anciens tirailleurs) :

Ankylostomés, 68 0/0.

Non béri-bériques (anciens tirailleurs) :

Ankylostomés, 48 0/0.

Jeunes recrues:

Ankylostomés, 81 0/0.

Ces recherchent montrent combien est répandue l’ankylostomiase dans notre colonie de Cochinchine.

Comme les signes du début de l’ankylostomiase, petit béri-béri, œdème fugace, anesthésie prétibialé, fourmillements, paresse des réflexes des membres inférieurs, atc…., se rapprochent de ceux du béri-béri; comme la formule leucocytaire dans l’ankylostomiase ne diffère pas sensiblement de celle trouvée dans le béri-béri, Noc concluait que la présence du Necator americanus semblait jouer avec la pauvreté du régime alimentaire un rôle très important dans la genèse du béri-béri.

Pour appuyer sa thèse, Noc fit des recherches expérimentales sur la reproduction du béri-béri.

I] fait ingérer à des prisonniers indigènes 10 cc. de liquide larvifère filtré au papier, pour isoler les larves d’ankylostome ; en même temps, il fait appliquer, pendant 30 minutes, sur la face dorsale du pied droit, de la boue

| a 5 M ON | à

larvifère largement infectée de larves du Necator americanus, puis maintenir au même endroit, pendant 30 minutes, du liquide larvifère filtré.

Après six semaines, affirme Noc, le malade présentait

le tableau clinique du béri-béri paralytique aigu. Le traitement au thymol (deux cures de 6 grammes à huit jours d’intervalle) permettait de constater, après l’expulsion de nombreux ankylostomes, un retour rapide des fonctions de la sensibilité et de la motilité.

A la suite de ces expériences qui semblaient concluantes, les docteurs Angier à Choquan, Flandrin à Cholon, et Noc (du mois d’avril au mois d’août 1906) à Giadinh, poursuivirent le traitement du béri-béri par le thymol avec des résultats variables : guérison semblant certaine pour les sujets au début de la maladie; aucune amélioration chez les individus atteints de lésions anciennes et profondes, les filets nerveux et les fibres musculaires ayant déjà subi une dégénérescence.

Brau, en 1907, en collaboration avec Angier et Aynes, reprenaient la question, faisant porter leurs observations sur ure période beaucoup plus longue que celle de Noc, qui n’avait duré que cinq mois.

Dans une première série d’expériences, ils traïitèrent les malades, soit à l’eucalyptol, soit au thymol. Contrairement à ce que Noc avait énoncé, ils constatèrent que la guérison du béri-béri n’était pas acquise, maïs qu’une simple amélioration se produisait.

L'évolution de la maladie, ajoutaient-ils, ne paraissait avoir été que fort peu influencée par le traitement anthelminthique.

En 1908, le traitement à l’eucalyptol est totalement abandonné, seul le thymol est employé. Le pourcentage des insuccès est de 48 0/0.

ire

En 1909, ie traitement systématique du béri-béri par le thymol est définitivement laissé, les malades ne reçoivent plas qu’une alimentation plus substantielle et des toniques.

Brau, continuant ses expériences sur les rapports pouvant exister entre le béri-béri et l’ankylostomiase, soumettait 250 tirailleurs annamites notoirement béri-bériques au traitement thymolé de Noc. A la libération de la classe, il constatait: 8 0/0 de Liu 10:2 0/0 d’insuccès. (Réforme et décès.)

Comparant ces résultats à ceux qu’il avait obtenus ultérieurement: 4,6 0/0 de décès, 29,9 0/0 d’insuecès (réforme et décès), un même nombre de béri-bériques n’ayant été soumis qu’à une médication méthodique de quinine et de quinquina pour combattre leur débilitation paludéenne, Brau croyait pouvoir affirmer que l’ankylostomiase ne jouait qu’un rôle très douteux dans la genèse et l’étiologie du béri-béri, et que seulement elle pouvait contribuer à mettre en état de moindre résistance les sujets atteints.

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