SCENE XI. d
^où notre amitié nous stifllsait, et ayant le monde ' et la liberté de plus ! . . . Que puis-je souhaiter ?
CÉCILE
Et tu te marieras , pourtant!
AGLAÉ
Ma bonne maman le désire ; mon frère le veut... plusieurs personnes m'ont déjà fait l'honneur de demander ma main , et l'on dit qu'il faut se marier.
CÉCILE
Mais tu n'as personne qui te plaise?
AGLAÉ
Personne!.. Ce qui me laissera la faculté de choisir avec ma raison, au lieu d'être entraînée par mon cœur ; et si un homme honorable, digne d'estime et d'attachement, se présente , je pourrai lui promettre de l'aimer, de contribuer à son bonheur, et tenir ensuite toutes mes promesses.
CÉCILE
Que tu es heureuse d'être aussi calme!
AGLAÉ , souriant.
Tu as l'air d'en parler par envie.
CÉCILE
Au couvent déjà , tu étais ainsi î. . . Tu ne pensais à rien au delà de l'enceinte où nous
étions renfermées, et moi, je brûlais d'en
sortir !
AGLAÉ
Et tu acceptas le premier mari que madame de Folleville, ta tante, te présenta.
CÉCILE
Je l'aimai comme un père.
AGLAÉ , souriant.
Et tu en aimes peut-être à présent un autre comme un mari?. . . Est-ce vrai ? ... Tu rougis. ... Je devine!. . . Mais. . . conte-moi donc comment tu l'as connu ! . . . . Comment tu l'as
je ne désirais plus, je m'en—
aimé...
Un jour je m'aperçus que dès qu'il était là.
AGLAÉ, gaiement.
II?. .. Cela veut dire celui que tu aimes?. Plus tard, sans doute, je saurai son nom.
CÉCILE
Oui!... Quand il était là,
rien! Quand il n'y était
nuyais de tout.
AGLAÉ
Ah!... Ensuite?...
CÉCILE
Du jour où il m'eut dit qu'il m'aimait, une vie nouvelle commença pour moi.
AGLAÉ
Vraiment?. ..
CÉCILE
Quand je crus le perdre, il me sembla que j'allais mourir.
AGLAÉ
Le perdre?. . .
CÉCILE
Je no voulais plus le voir.
AGLAÉ
Pourquoi ?
IQ
CÉCILF.
Je le croyaU bien coupable.