‹ L'anneau d'argentChapitre 14 sur 30 · SCENE XI. d · texte numérisé non relu

SCENE XI. d

^où notre amitié nous stifllsait, et ayant le monde ' et la liberté de plus ! . . . Que puis-je souhaiter ?

CÉCILE

Et tu te marieras , pourtant!

AGLAÉ

Ma bonne maman le désire ; mon frère le veut... plusieurs personnes m'ont déjà fait l'honneur de demander ma main , et l'on dit qu'il faut se marier.

CÉCILE

Mais tu n'as personne qui te plaise?

AGLAÉ

Personne!.. Ce qui me laissera la faculté de choisir avec ma raison, au lieu d'être entraînée par mon cœur ; et si un homme honorable, digne d'estime et d'attachement, se présente , je pourrai lui promettre de l'aimer, de contribuer à son bonheur, et tenir ensuite toutes mes promesses.

CÉCILE

Que tu es heureuse d'être aussi calme!

AGLAÉ , souriant.

Tu as l'air d'en parler par envie.

CÉCILE

Au couvent déjà , tu étais ainsi î. . . Tu ne pensais à rien au delà de l'enceinte où nous

étions renfermées, et moi, je brûlais d'en

sortir !

AGLAÉ

Et tu acceptas le premier mari que madame de Folleville, ta tante, te présenta.

CÉCILE

Je l'aimai comme un père.

AGLAÉ , souriant.

Et tu en aimes peut-être à présent un autre comme un mari?. . . Est-ce vrai ? ... Tu rougis. ... Je devine!. . . Mais. . . conte-moi donc comment tu l'as connu ! . . . . Comment tu l'as

je ne désirais plus, je m'en—

aimé...

Un jour je m'aperçus que dès qu'il était là.

AGLAÉ, gaiement.

II?. .. Cela veut dire celui que tu aimes?. Plus tard, sans doute, je saurai son nom.

CÉCILE

Oui!... Quand il était là,

rien! Quand il n'y était

nuyais de tout.

AGLAÉ

Ah!... Ensuite?...

CÉCILE

Du jour où il m'eut dit qu'il m'aimait, une vie nouvelle commença pour moi.

AGLAÉ

Vraiment?. ..

CÉCILE

Quand je crus le perdre, il me sembla que j'allais mourir.

AGLAÉ

Le perdre?. . .

CÉCILE

Je no voulais plus le voir.

AGLAÉ

Pourquoi ?

IQ

CÉCILF.

Je le croyaU bien coupable.

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