SCENE XVII
AGLAÉ , puis PLACIDE.
AGLAÉ , seule un moment.
Elle m'éloigne ... elle ne veut pas que je voie Cécile... Peut-être madame de Verneuil ellemême m'a-t-elle interdit son appartement?. . . Qu'y a-t-Jl donc ?. . . Ah ! il faut que je parle à mon frère... j'apprendrai sans doute ainsi ce qu'il m'importe de savoir au sujet de ce mariage. ..
PLACIDE , entrant.
Elle est ici.
AGLAÉ
Ah ! Yoas voilà , mon frère.
PLACIDE
Oui , Agiaé , je vous cherchais. . . Nous avons à parler sérieusement.
AGLAÉ
Sérieusement?. . . Tant que vous voudrez ! . . . Aussi bien je ne me sens pas trop gaie aujourd'hui.
PLACIDE
Vous êtes pourtant bien heureuse , grâce à moi.
AGLAÉ
Grâce à vous?
PLACIDE , d'un ton très-grave.
Mais , asseyez— vous , ma sœur.
AGLAÉ, souriant.
Ce que vous avez à me dire sera donc bien long?
PLACIDE , allant prendre une chaise.
Et bien important.
AGLAÉ
Allons ! . . . . {Il heurte la chaise contre un meuble). Prenez donc garde ! . . . vous allez casser cette chaise. {Il lui présente la chaise, elle s'assied.]
PLACIDE , grave et solennel.
Je suis votre frère.
AGLAÉ
Je sais cela.
PLACIDE
Votre frère aine.
AGLAÉ , souriant.
Je ne l'ignore pas.
PLACIDE
Et votre tuteur.
AGLAÉ , riant.
C'est encore vrai!... Si ce sont là les nouvelles importantes que vous avez à m'ap— prendre?. . .
PLACIDE , grave et sévère.
Aglaé , il ne s'agit pas de rire comme vous le faites toujours dès que je prends un air sérieux !. .. Je vous aime , ma sœur.
AGLAÉ
Je ne ris jamais do votre amitié, mon frère !... j'y crois.
PLACIDE
Aujourd'hui, par mon adresse et mon habileté