‹ L'anneau de GygèsChapitre 6 sur 18 · RAYMOND , GUILLARD · texte numérisé non relu

RAYMOND , GUILLARD

GUILLARD

Eh bien, papa Raymond, quelles nouvelles?

RAYMOND ( regardant de tous côte's ).

Où est-il ? ah ! ah ! ah ! c'est l'anneau de Gygcs qui fait soa effet.

GUILLARD

Qu'avez-vous donc?

RAYMOND

C'est qu'il est complet cette fois ci. {s' approchant. ) Vous êtes là... hein!

GPILLARD.

Mais encore?...

RAYMOND

Voyez-vous cette chaise ?

GUILLARD

Sans doute... Eh bien !

RAYMOND

Et dessus?

GUILLARD

Dessus. . . Il n'y a rien , ce me semble.

RAYMOND (tout joyeux).

Rien, non rien...

GUILLARD (impatienté ).

Allons... encorequelquenouvelle sottise, quelqueexpérience!

-Savez-vous que vous passez pour un fou dans le village. Vous

vous ruinez, mon cher, avec votre physique, votre alchimie,

votre astrologie et votre cabinet d'antiquités, qui, en résumé,

vous cooduiroDt à l'hôpital.

Air : de Blanchard.

Briguez, mon cher, des triomplies plus beaux j Loin de poursuivre des chimères, Employez voire or, vos lumières A de grands , d'utiles travaux.

PourTan dernier déjà,

Par une science profonde,

Vous annonciez la fin du monde ,

Et pourtant , mon cher . . . nous voilà.

Si pour trouver des procédés nouveaux

Vous tourmentez votre génie,

Imitez au moins l'industrie

Et des Lagorce et des Ternaux.

Vous avez acheté Une demeure assez gothique , Pour lui donner l'air plus antique ;

Elle croule de vétusté.

Vous détruisez les moissons dans vos champs^ Par des fouilles plus qu'inutiles ; Mon dieu! laissez les morts tranquilles Et vivez avec les vivans.

Que sont ces vieux fragmens.

Ces hronzesque votre œil admire, A côté de ceux dont Thomire Orne les palais de nos grands?

Et pourquoi donc rassembler à grands frais Ces vieux fers couverts de poussière?

Interrogez toute la terre , Rien ne vaut les sabres français.

RAYMOND

Eh! que voulez-vous.^ j'aime l'antique-moi : les Grecs, les Romains, les Étrusques, les Egyptiens... Je ne sors pas dtj-là. GUILLARD.

Et pour eux, les devoirs d'un père sont oubliés : est-ce de l'antique qu'il faut à votre ûUe?

RAYMOND

Je vous vois venir : vous ailes me proposer encore votre fil» pour gendre.

>5 GUILLARD

Vous ne feriez pas trop mal de l'accepter,.. Mais vous m'avez promis hier, avant votre départ pour Paris, que vous vous occuperiez de lui, que vous iriez le voir. RAYMOND.

J'ai tenu ma promesse; mais Monsieur n'était plus à son hôtel : depuis trois jours il avait disparu. GUILLARD.

Vous m'étonnez... Est-ce que ses créanciers lepoursuivraient, comme il me l'a écrit ?

RAYMOND

On le présume. Sa réputation est fort mauvaise. Monsieur est joli garçon, à ce qu'on dit, car je ne l'ai jamais vu ; et joli garçon, on sait que c'est synonyme de libertin. GUILLARD.

Oh! vous avez toujours été sage, vous.

RAYMOND

Sans doute; les sciences seules m'ont toujours occupé.

GUILLARD

Pour votre malheur.... Mais, adieu! c'est aujourd'hui la fête du village, etma présence est nécessaire pour le bon ordre. RAYMOND .

Est-ce que vous ne dînez pas ici ?

GUILLARD

Aujourd'hui , impossible.

RAYMOND

Vous verriez mon Eugénie que j'ai retirée de pension. GUILLARD.

Impossible, vous dis-je ; comme officier public, je ne puis m'empêcher d'assister à la fête.

Air: Tu vas changer de costume et (Vcmploi.

Jusqu'au revoir ;

Je reviendrai ce soir.

Eli attendant je me rends où m'appelle

Démon emploi

L'impérieuse loi ; Je dois le remplir avec zèle:

J'ai pour tous mes bons paysans Une affection l'ort sincère- Je les chéris , ili sont tous mes enfans. Car je suis l'adjoint de leur maire.

(Ensemltle.)

Jusqu'au revoir revenez

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Guillard sort. Baymondle reconduit. Pendant ce temps Albert rentre précipitamment et va s'asseoir sur la chaise quil avait quittée.

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