‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 11 sur 124 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

quoi elles n’ont pas pensé : le sentiment pur et élevé du divin amour n'habite pas le cœur du sensuel Alberich qui ne désire que le plaisir et le pouvoir matériels. Furieux, Alberich s’élance sur le roc du milieu, grimpe vers le sommet avec une hâte effrayante et "étend la main vers 1 or du Rhin. Le motit de 1 or retentit mélancoliquement en mineur; ceux de l’anneau et de la renonciation s’annoncent : Alberich maudit 1 amour, arrache, avec une force terrible, l’or au rocher et disparait dans l’abîme. Les filles du Rhin, atterrées, crient « à l'aide » et « hélas ! » Mais le hardi ravisseur a disparu et avec lui l’éclat ensoleille des eaux du lleuve, d'où s’élève le rire moqueur d’Alberich. L’obscurité et les sonores masses des flots semblent s incliner vers le fond ; de même, après que la musique a exprimé le rapt et la chasse vainc laite a Alberich, s inclinent en s’apaisant peu à peu les figures mélodiques ; elles deviennent plus lentes et plus faibles jusqu à ce qu elles se perdent pp consordini; ... mais, tissu dans le crépuscule, retentit encore une lois avec une tristesse significative le motil de la renonciation.

SCÈNK il

Le passage à la scène ii s’accomplit musicalement par un contraste avec la conclusion de la première scène. Aux gammes lourdement descendantes s’opposent des arpèges de violon, plus légèrement ailés. L’accompagnement des harpes s’unit aux figures montantes des bois et des cors. Les ondes se sont transformées en nuages; les nuages s’éclaircissent et se

l’or DU RHIN

lèvent : (levant nous est l’empire (les Albes de la lumière, des dieux. Au fond, nous apercevons le Walhall, le burg des dieux que, pendant le sommeil de Wotan et de Fricka, les géants ont construit sur l’ordre du maître souverain. Tandis que les dieux dorment encore, les tubas, sur désaccords de harpes, font entendre le motif du Walhall. Thème rayonnant et

victorieux ! On peut cependant prouver sa parenté avec le thème de l’anneau, parenté qui, sans doute, n’est point due au hasard, car c’est une pensée géniale de tirer le motif qui doit représenter la solidité du burg divin du motif même qui provoque la faute des dieux. En effet, comme nous le verrons par la suite, la protection imaginaire contre le fatum, la construction du burg divin Walhall, doit être payée avec l’anneau que le dieu veut s'approprier illégitimement pour assurer sa propre puissance, au lieu de rendre l’or aux lilles du Rhin.

Ce motif du Walhall éveille donc Fricka (mezzosoprano) qui s’écrie : « Wotan , époux , regarde ! » Wotan (baryton) s’arrache aux songes qui l’enveloppent; il exprime sa satisfaction de voir le burg achevé et son orgueil de posséder Je magnifique bâtiment par des paroles superbes, accompagnées par le motif 13 : <c Complète est l'œuvre éternelle ! », etc. Fricka pourtant lui rappelle quel salaire Wotan s’est engagé à

payer aux constructeurs du burg, aux géants. En vertu de leur contrat, Wolan doit livrer aux géants Freia, la déesse de la jeunesse éternelle. Le motif du contrat fait entendre son avertissement :

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