‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 10 sur 124 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

l'éveil de la lumière dans les sons isolés de la trompette basse, interrompus par des silences. Puis le cor, introduit par un clair accord de harpes, prend la partie principale et expose le rayonnant motif de l'Or du ltlnn : 9. Motif de l'Or du Hhin.

Harpe Cor

Nageant gaiement autour du scintillant trésor, ses gardiennes saluent l’or-, la joie et en même temps l’émotion chantent dans l’incomparable harmome de ce salut : « lllieingold ! Rlieingold ! Joie et clarté ! » dont la première mesure (10) prend une importance thématique :

Le nain, ébloui par tant d’éclat, demande ; « Quel est, o filles, l éclat qui luit là-bas ? »

Étonnées de son ignorance, les filles du Rhin lui disent : « Cet œil des ondes , — cet œil qui veille et dort », et, dans leurs bavardages, lui livrent le secret :

i. Les notes mises sous le crochet final trouvent souvent un

POCHHAMMER.

l’or DU RHIN

du drame musical, offrira bien diverses modifications, quoique petites, mais qui garde sa particularité dans la figure montante et descendante en tierces. Malgré 1 avertissement de Flosshilde, Alberich apprend par les bavardages de la gardienne, la condition à laquelle on peut forger avec l or un anneau qui donne un pouvoir illimité : car, tandis qu’aux tubas pianissimo résonnent des accords aux présages de malheur, elles trahissent le secret : « Seul qui d'amour — la loi renie , — seul qui d'amour — la joie bannit , — lui seul contraint par un charme, — VAnneau à naître de l'or . » 12. Dans cette dé¬

termination gît tout le tragique destin qui sou-

Seul qui d’a.mour la lui re . nie

mettra à son empire tous les possesseurs de l'anneau. Aussitôt en effet que, dans un combat, prévu d'avance, pour ce joyau, les dieux et les hommes s’en empareront, ils donneront comme prix, pour acheter sa puissance, une part essentielle de leur individualité, et meme une partie si essentielle que le conflit paraît ne jamais devoir cesser; la malédiction ultérieure de son premier possesseur, lorsqu'il lui est arraché, n’est que l'affirmation, pour des raisons purement subjectives, de la malédiction inhérente à l’anneau : puissance universelle, sans la puissance universelle de l’amour.

Aussi Wellgunde chante : « Aussi nous sommes — sans nul souci — car tous les êtres aiment; — nul ne renie la tendresse. » Mais il est une seule chose, à

emploi thématique indépendant, pour représenter le sens de la phrase.tout entière,

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