SCÈNE II
du dieu que pour son élément, le feu. Loge (ténor) n'apporte d’abord que peu d’espoir, car, aussi loin qu’il est allé chercher une rançon pour Freia : « Le monde entier — n'a nul trésor — dont le gain remplace pour l'homme — la Femme , charme sans prix. »
Ces derniers mots forment un motif qui reviendra fréquemment à l’avenir; on le désigne généralement sous le nom du motif 9C
- Motif du deuil (Tamour
du deuil d’amour et il Cor.J j . i ^
SC distingue par la pro- ^ ^ £ j ,# &
fondeur de son sentiment (voyez aussi la Walkyrie). Au reste,
Logv lia f'cm-me, charme sans prix
tout le discours de Loge est musicalement traité avec une soigneuse amabilité. A ces explications de Loge, tous restent confondus ; cependant, comme pour confirmer les vues de Loge, nous entendons le motif de
Freia :
2 1. Motif de Freia
fl -
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Viol.
« Un seul j’ai trouvé », continue Loge, Albcricli le nain, qui renonça à l’amour afin de pouvoir forger, avec 1 or ravi par lui aux filles du Rhin, l’anneau puissant. Et les filles du Rhin pleurent maintenant le rapt de l’or; elles s’adressent à toi, Wotan, pour punir le voleur cl rendre l’or au fleuve : « De t'instruire — je fis la promesse; — voilà ma lâche remplie. »
Pendant cette partie de son récit, les motifs 9, 1Ü, U, 12, s’y rapportant, accompagnent les paroles de
L’on ou unix
Loge. La mention qu’il fait de l’or du Rhin éveille chez les assistants des sentiments fort partagés. Fafner et Fasolt redoutent la puissance croissante des Nibelungen. Wotan voudrait gagner pour lui-même cette puissance ; les femmes pensent à la parure que l’or pourrait leur fournir. Alors seulement Loge déclare qu'il faut maudire l’amour pour conquérir l’or, et qu’Alberich y a déjà réussi. Alberich ne doit pas garder l'anneau : tous sont d’accord là-dessus; mais Wotan et les géants veulent, chacun pour soi, l'obtenir. Loge a bien calculé. On ne doit pas oublier pourtant que Loge, malgré tout, est le mauvais principe. Car en éveillant chez Wotan le désir de l’anneau et de sa puissance, il savait prendre Wotan par son côté faible, le maintien de cette puissance que, d'après les règles de la justice éternelle, les ruses du contrat avaient déjà compromise. Il sait que Wotan, sur son conseil, arrachera l'or au gnome, non point pour le rendre aux lilles du Rhin, mais pour le garder ; Loge pousse ainsi le père des dieux, et avec lui la race des dieux secrètement haïe du demi-dieu qu’il est, sur la pente toujours plus rapide de l’injustice et vers la chute finale. Fafner et Fasolt qui, cependant, ont eux aussi tenu conseil, se déclareront satisfaits si Wotan leur donne l'or pour rançon deFreia. Comme Wotan n’acquiesce pas aussitôt, ils saisissent brutalement Freia et l’enlèvent sous celte menace : « Ce gage , songes-y , — jusqu'au soir nous demeure : — No us viendrons encore; — mais , dès ce soir , — si tu nas notre salaire , — le Rhcingold rouge et beau ... — alors plus d'attente , — Freia , conquise , — pour toujours chez nous nous suivra. »