‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 17 sur 124 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

L’enlèvement de Freia donne au maître Wagner une nouvelle occasion de faire un excellent tableau orchestral. Aux cordes, des ligures animées se précipitent, les fragments mélodiques se déchirent de plus en plus ; de petits staccati de croches aux clarinettes, bassons, altos, violoncelles et contrebasses alternent, de plus en plus faillies. L’instrumentation aussi devient de plus en plus mince et lointaine. Le compositeur ne nous peint pas d’une façon moins caractéristique les suites de l’enlèvement de la déesse de la jeunesse. Car il est bien vrai, comme Loge le remarque maintenant avec une mordante raillerie, que les dieux n’ont pas encore goûté aujourd hui aux pommes de hreia. Giis et blêmes deviennent leurs visages : gaîté et force les abandonnent : « Cela les géants Vont su; cest volve V ie qu'ils ont attaquée : songez donc à sa garde. » Avec l’indication de mouvement peu à peu ralenti, le trémolo du quatuor avec sourdines répand une lueur blême et le motif de la jeunesse éternelle (18) retentit, abattu, en mineur. Les mots « de Wotan sombre et courbé — qui semble presque un vieillard » portent l'indication encore un peuplas lent 4 , le motif 18 domine mélodiquemcnt. La force défaillante des dieux s’incorpore pour nous dans le ditninuendo qui se termine en sempre pj> . Sur les instances de hricka, Wotan se décide à aller, conduit par Loge, trouver Alberich dans son empire souterrain afin d’obtenir 1 argent de la rançon. Wotan et Loge disparaissent par la « crevasse de soufre » dont les vapeurs cachent la scène *.

Ici, pour des raisons de mise en scène, on fait souvent un entr’acte.

L’on DU RHIN

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