‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 22 sur 124 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

coup, d’une faille du rocher latéral s’élève une lueur bleuâtre; des profondeurs s'élève à mi-corps Erda (contralto) 1 ; par un geste d’avertisseme ît, elle étend la main vers Wotan et le met en garde contre l’anneau, dont la malédiction s accomplira. ld la voyante lui en révèle plus encore : « Tout ce qui est, vasse. — Le soit* des dieux est près de poindre. » Wotan reçoit ainsi un premier avertissement du futur crépuscule des dieux. Il en voudrait bien savoir davantage; mais Erda disparait. Elle a, pour thème particulier, le motif du devenir (3) qui, à 1 apparition de la déesse, résonne d’abord au 1 asson et tuba. D’une façon très caractéristique ce tin me du devenir, pendant la prophétie d Erda, devient par renversement le thème de la chute, du Crépuscule des dieux :

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Fût-ce du seul point de vue n élodique, le renversement de ce motif ascendant en motif des- Cendant est bien choisi pour marquer le contraste du devenir et de la destruction.

Après la disparition d’Erda, Wotan se plonge en de

1. La voyante, àla sagesse originaire, qui voit ce qui deviendra "clans l’avenir ; c’est pourquoi le motif du devenir lui échoit comme motif caractéristique.

l’or DU RHIN

profondes réflexions. Mais le voici qui étend sa lance : trompettes et trombones exposent le motif du contrat (14) . 11 jette l’anneau sur le trésor et Freia revient vers les dieux ravis. Alors s’élève, menaçant, le motif « de la malédiction » (26), car la malédiction commence déjà à opérer. Fasolt et Fafner, dont les paroles de Loge ont d'ailleurs aiguillonné la rapacité, en viennent à une violente dispute pour 1 attribution du trésor et spécialement de l'anneau, et d’un coup de pieu Fafner abat son compagnon. Ébranlés, les assistants voient le terrible effet de la malédiction et un pressentiment angoissant saisit l’àme de Wotan. Mais, assez de sombres pensées ! Caressante, Fricka se presse contre son époux et de loin le motif du Walhall les appelle. Donner, montrant l'arrière-plan chargé encore de nuages, monte vers eux et brandit son marteau pour les conjurer, après avoir gravi une éminence. Du milieu des nuées, dont un trait de sextolets à l'orchestre reflète les ondulations, retentit vigoureusement son appel :

Les nuées s’amassent et, formant un nuage, entourent la rude silhouette du dieu. Le trait de sextolets entraîne avec lui tout l'orchestre, dans une gigantesque montée chromatique qui s’élève jusqu’au ff... Un éclair ! Un roulement de tonnerre prolongé !... Le mouvement s’arrête... une tiède brise s’élève ! — Aux cordes s’unissent les harpes et, au-dessus d’elles, les

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