SCÈNE III
La scène suivante est, à sa façon, une des plus saisissantes de l’œuvre entière. La salle n'est plus que faiblement éclairée par le feu expirant du foyer, devant lequel Siegmund tombe assis. Pendant un certain temps tout est silencieux : seul le motif de llunding continue ses menaces. Siegmund réfléchit à ce qui vient de se passer. Danssa situation présente, il n’attend qu'un seul secours. Ce résultat de ses pensées se manifeste par le motif du glaive, s'élevant au-dessus du motif de lïunding (45) : « Le fer promis par mon père — pour vaincre au péril pressant!... 1 Valse! Walse! où ton épée? » Alors retentit à la première trompette le motif du glaive de victoire, tandis que les instruments à cordes, pour fio-urer l'éclat du glaive brillant, ajoutentlc trémolo employé volontiers par Wagner avec ce motif. Il est ici doublement justifié : dune part, c’est le feu qui s’éteint en vacillant, mais ensuite c’est la garde de l'épée qu'on voit maintenant briller au tronc du vieux hêtre. Une pensée infiniment poétique inspire ces mots de Siegmund : « Est-ce un regard — de femme en fleur — qu'elle aurait — après elle laissé — à son départ d'ici ? » La pensée de Sieglinde et de l'impression quelle a faite sur lui prend le dessus dans le mono-