‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 37 sur 124 · ACTE I. — SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE III

le dieu, comme nous l’avons vu dans l’Or du Rhin , s’est par la violence approprié l’anneau, dans l’espoir de conquérir la toute-puissance, il s’est soumis à la condition que la malédiction faisait peser sur l'anneau : renoncera l’amour. Cette malédiction poursuitmaintenant Siegmund qui ne doit pas perpétuer la race divine, vouée à sa perte par le fatum ; il faut que lui aussi « renonce à la puissance de l'amour ». En croyant maintenant conquérir un glaive pour sa protection et celle de sa race, il tombe — sans parler de l’adultère — inconsciemment en un double conflit avec la destinée qui le voue, lui et sa race, à la perte, d’une part, en ne renonçant pas à l’amour, d’autre part, déjà rien que par la protection (le glaive) qui fait de lui l’instrument du dieu souillé par la faute. Car la pensée de Wotan, de rendre, par Siegmund, l’anneau auxfdles du Rhin (voir l’entretien de Wotan avec Brünnhilde, second acte, scène deuxième) afin de préserver au moins les dieux de la perte dont les menacent les troupes d’Alberich, cette pensée échoue par le fait que Siegmund est sous son influence et sous sa protection, tandis que seul un héros libre, inconsciemment, sans ordre, sortant de sa propre détresse par ses seules armes, peut accomplir cet acte qu’Erda a promis comme seul salut contre Alberich. L’application de ce thème renferme donc toute la tragédie qu est le destin de Siegmund. —Aux éclats du motif de Siegfried, le héros arrache du tronc de l’arbre l’acier, auquel il donne le nom de Notung (Détresse) : « Siegmund le Wâlsung — vient vers toi! — Ce glaive est — son gage d'amour. » Au comble de 1 ivresse, Sieglinde se jette sur son cœur et se recon-

LA YVALKYRIK

naît pour sa sœur, à quoi Siegmund répond : « Sœur , épouse,— sois à tou frère! — Fleurisse donc , Wcilse, ton sang. » Cependant l'orchestre, employant les motifs de l'amour et du glaive, s’exalte jusqu’au suprême degré de la force ; tandis que le motif de la fuite fait entendre un avertissement prophétique. Pourtant, avec une ardeur sauvage, Siegmund atlire à lui Sieglinde qui tombe dans ses bras en jetant un cri. —Le rideau tombe.

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