ACTE II. — SCÈNE V
songe souriant parcourt lame de Sieglinde; elle rêve de Siegmund, car les sons du chant d’amour et de printemps résonnent piano dolce. — Il la dépose contre le siège de pierre. Hélas! ces instants de repos ont déjà trop duré : le motif de la fuite (37), à la clarinette, est suivi, après que les instruments à cordes ont ôté leurs sourdines, d'un appel de cor sur le rythme du motif de Hunding et, tirant son glaive (motif [45] du glaive de victoire), Siegmund s’élance pour gravir le rocher, autour duquel s’est assemblé un nuage lourd d’orage. Figurant la poursuite, des sextolets d’un abondant chromatisme montent et descendent. — Sieglinde continue à réver; mais son rêve semble être influencé par la réalité. Elle s’agite, pousse des cris d’angoisse ; à la suite d’un éclair et d’un coup de tonnerre violent, elle se dresse, complètement éveillée. Son premier cri : « Siegmund ! Ah ! » se perd presque dans Forage qui éclate et où perce l’inquiétant appel du cor de Hunding ; la puissante scène du combat qui suit — combat entre les hommes, les dieux et les forces de la nature — est d’une force dramatique qu’une description verbale peut à peine rendre. Au fracas des éléments déchaînés se mêlent les appels des combattants et les motifs qui les caractérisent, motifs du glaive et de Hunding, ce dernier qui s’augmente avec une vigueur menaçante par la constante répétition, prise chaque fois à un degré supérieur, de la figure de triolets qui en forme le début. Pourtant le joyeux « Jlojoloho » de la \\ alkyrie tutélaire éclate encore aux trombones. ... Soudain, au moment où Siegmund va porter à Hunding le coup mortel, une rouge lueur de feu Ira-