‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 56 sur 124 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Sieglinde s’enfuit rapidement, car YVotan s’approche parmi les éclairs et le tonnerre d’un orage qui grandit à chaque instant. Brünnliilde se cache et ses sœurs, pour la dissimuler, se placent devant elle. Wotan courroucé demande où est Brünnliilde, la criminelle; les sœurs angoissées lui répondent en intercédant pour elle; mais Wotan gourmande leur attendrissement et ordonne à la vierge désobéissante de paraître devant

LA WALKYB1E

lui. __ llumble, mais d’un pas ferme, celle-ci sort de sa cachette : « Ordonne père ! — décide la peine. » Il convient ici de signaler la beauté poétique de la réponse de Wotan, qui présente la punition non point comme une peine spécialement inventée pour la faute, mais seulement comme une conséquence de son action condamnable : « Ta peine , dit le dieu, est ton œuvre. Par mon vouloir — ton être existait i — contre moi pourtant tu voulus ; — mes ordres seuls—devaient être ta loi : — contre moi tu dictes des ordres ... Ton rang passé,— Wotan V explique! — ton rang présent, — à toi de le dire !— Mon vœu West plus le tien; — Walküre n est plus ton être : — demeure donc — ce qu'encor lu seras ! »

Trois traits convulsifs des cordes, qui s’élèvent crescendo , caractérisent 1 énergie de Wotan a ces derniers mots, auxquels il ajoute encore l’exil du Walhall et la menace pour Brünnhilde d être plongée, désarmée, dans un sommeil qui fera d’elle la proie de 1 homme qui la trouvera et l’éveillera. Les sœurs se répandent en plaintes, mais Wotan (motif 56 ff, renforcé par rallongement de l’appogiature) menace du même sort celle qui s’attarderait auprès de la coupable ; avec des cris de douleur, les Walkyries se séparent et prennent la fuite avec précipitation dans le bois. — Mais Brünnhilde s’est abattue, accablée par la douleur, après les mots : « Je romps ici notre lien » (un tumultueux passage ascendant, brusquement interrompu, se résout dans le motif, lourdement descendant, du contrat) : « de mes regards divins je la bannis. »

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