SCENE
Long et solennel silence. — Wotan est seul avec Brünnhilde, toujours étendue. Mais leurs sentiments s’expriment par des thèmes qui complètent leur silence : le motif 56 (de la mauvaise humeur) nous dit que la colère du dieu n’est pas encore apaisée; en effet, au motif suppliant lui-méme (motif de la question 70) qui retentit à la clarinette basse ; à cet appel à
70 Motif de /'interrogation
l’amour paternel et à l’équité de Wotan, fait suite de nouveau le motif 56. Alors, après une introduction formée de nouveau par le motif 70, Brünnhilde lève en tremblant la tête, et pose cette question, si touchante d’ètre liliale :
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Cor ang"!.
Basson Clar basse.
Tandis que la Walkyrie essaye de justifier son acte
en disant qu elle espérait obéir aux pensées et vœu.' les plus secrets de Wotan malgré l’ordre contraire que Fricka lui avait arraché, elle lui dépeint la scène où elle est apparue devant Sieglinde et Siegmund, pour
LA WALKYRIE
annoncer la mort à celle-ci (motif de la mort, développé, voir 63)'; elle lui dit que, vaincue par la force de l’amour, elle n’a pu agir autrement (motif 70). Mais Wotan lui fait comprendre quil n’est pas si lacile de se laisser vaincre par l’amour ; elle a pu le voir par lui-même, dont les actes n’ont pu obéir à son amour pour le Wiilsung. Le motif du destin des dieux, fragmenté, trouve ici son emploi pour accompagner cette explication du dieu. Mais les lèvres de Wotan laissent tomber la sentence définitive : « Ton cœur suivit — de VAmour la loi : — suis à présent — qui lu dois aimer ! »
Le sommeil doit enchaîner Brünnhilde : celui qui la trouvera ainsi, sans défense, l’éveillera pour en taire
72 Motif de l'incantation du sommeil
sa femme. Brünnhilde exprime à Wotan le vœu, si elle doit quitter le Walhall, que du moins il la destine à un héros — elle va faire allusion au rejeton des Wàlsungen (motifs H 30 et 42); mais Wotan refuse par ces mots : « Ton cœur a nié mon choix — choisir pour toi je ne puis. » Pourtant Brünnhilde ne peut concevoir qu elle doive appartenir sans défense à un homme, et, afin de n’être trouvée que par un héros, elle risque ce dernier vœu : « ...Qu un brave , un libre héros — sur le rocher — m'éveille seul ! » et bien que Wotan lui objecte : « Trop fier ton rêve, — trop haut ton vœu ! », elle sait qu’il doit lui accorder, qu’il lui accordera cela : « A ton appel — qu'un Feu