‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 59 sur 124 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

lis, mer flamboyante, — défends le roc, rouge clarté! » Trois fois, Wotan frappe le rocher de sa lance ; au troisième coup jaillit Pélément crépitant, auquel la lance du dieu indique son chemin. Le motif du feu, pareil à des langues de flammes, cherche à tout saisir autour de lui, tandis que le motif du sommeil, comme s’il était porté par les flammes, plane au-dessus de lui. Mais des profondeurs s’élève victorieusement aux trompettes, tambours et tubas le motif de Siegfried, tandis que résonnent les dernières paroles du dieu : « Qui de ma lance — craint la pointe — n'aborde ce Feu jamais ! » La flamme tourbillonne autour de Brünnhilde et de Wotan qui s’éloigne. Les sons s’adoucissent, comme si eux-mêmes se dissolvaient en flamme. Le destin qui s’accomplit nous est encore une fois signifié pp avec le motif de l’annonce de la mort, car l’oeuvre de rédemption n’est pas encore accomplie. Pourtant son appel lui aussi s’éteint dans les sons qui se perdent à l’aigu dans le plus tendre pianissimo (ppp) et dans les flammes montantes qui, unissant le destin des hommes et celui des dieux, s’élancent de la terre, afin de voler vers le Walhall, en témoignage de l’expiation commencée.

SIEGFRIED

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