‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 62 sur 124 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Nous apercevons une caverne rocheuse qui, formée par la nature et l’art, sert de forge. Mime (ténor), assis, travaille avec zèle. Aux sons du motif de la forge, il martèle un glaive. Mais .« Peine stérile ! Tâche sans fin! » Aucun des glaives qu’il a forgés ne résiste au poignet puissant de son pupille Siegfried et, découragé, Mime abandonne son travail. Le motif de la réflexion, résonnant plaintivement aux bassons, donne à ses stériles tracas une expression parlante. L'objet de ses pensées et de ses peines, la mort de Fafner (motif du dragon) et ainsi la conquête de l anneau, il ne peut songer à l’atteindre qu’au moyen de

SIEGFRIED

Détresse, le glaive de victoire (motif du glaive aux cors). Il reprend avec une extrême impatience son travail de forgeron où l’interrompt l’appel du cor de Siegfried.

Ce motif alerte, exprimant une joie de vivre et une énergie débordantes paraît au cours du drame sous des aspects qui se rapprochent de ces trois formes essentielles. Sur un « lloiho » exultant, Siegfried (ténor) fait irruption dans la caverne, lançant contre Mime, avec des éclats de rire, un ours brun enchaîné; à Mime, qui s’enfuit effrayé, il répond que Tours est venu avec lui pour demander si le glaive est fini. Mime l’affirme et Siegfried laisse trotter vers la forêt Tours qu’il a pris — assure-t-il à Mime — comme un bon compagnon : « Il nia plu — mieux , certes , que toi. » Maintenant Siegfried essaie l’arme que le forgeron vient de finir pour lui, mais au premier coup les éclats de son ouvrage sautent au visage du nain épouvanté. « Hé! qu'est ce vil jouet d'enfant! — Un tel fétu — est-il un glaive ? » Il laut que Mime s’entende traiter de bousil-

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