‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 63 sur 124 · ACTE I. — SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE I

leur, et sous les paroles irritées et grondeuses de Siegfried nous entendons le thème de l’énergie et de l'activité qui bouillonnent dans sa poitrine (83). Mais, avec de pareils glaives, il ne peut accomplir les actes dont Mime lui donne l’envie.

83 Motif de l activité

Hth. Cordes J

Mime, intimidé par les gronderies de Siegfried, offre à celui-ci le repas qu'il lui a préparé ; mais, avec de rudes paroles, le jeune homme lui fait tomber des mains le pot et les mets. Maintenant c’est à Mime, qui fait l'homme sensible, de faire de la morale à Siegfried : aux bienfaits qu’il a témoignés à son enfance abandonnée, il oppose l’ingratitude de Siegfried, dans une litanie sans lin, dont les plaintives mélodies jointes aux intonations et aux grimaces de Mime font l’effet le plus comique (84).

84 Chant de téducation de èieyfned par Mime

War-mot va.yis.aaüt

Siegfried a écouté avec calme les lamentations du nain, dont le chant a fini par se perdre dans des sanglots ; il accorde qu’il doit beaucoup au nain : « Mais ce que tuveux tant nïapprendre , continue-t-il, je n'en saurai rien jamais ! — C’est à souffrir ta vue. »

SIEGFRIED

Rien que l'extérieur repoussant de Mime est odieux à ce vigoureux enfant de la nature ; et conformément aux paroles de Siegfried, Wagner ligure dans l'orchestre d’une façon très originale « le boitillement du nain » (85).

Pour contraster Avec le chant de Mime, résonne constamment avec lui le motif de l'activité (83). 11 y a une seule chose que Siegfried ne peut pas comprendre : c'est pourquoi, malgré sa haine pour Mime, il revient pourtant toujours auprès de lui. Mais Mime en sait l’explication : « Tristes les jeunes pleurent — vers le bon nid des vieux. — C'est l'amour qui les presse. — Ainsi tu languis vers moi. — Dans le nid l'oisillon trop frète — est par l'oiseau nourri... Tel jeune enfant , pour toi — zélé doit être ton Mime. » A quoi Siegfried objecte fort logiquement qu il a observé dans la forêt les oiseaux et les bêtes sauvages, que les petits des oiseaux, loups et renards sont protégés par le mâle et la femelle : « Ou as-tu donc, Mime , — ta douce compagne — que je la nomme ma mère? » Mime répond que Siegfried n’est pas un oiseau ou un renard, et que lui, Mime, est h la fois son père et sa mère ; Siegfried répond que les petits ressemblent aux vieux, et que son image, dans le clair ruisseau, ne ressemble pas à Mime. Soudain il comprend pourquoi il revient sans cesse vers Mime : c’est alin d'apprendre de lui

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