‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 81 sur 124 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Erda s’est engloutie. — L’aube naît et l’orage, qui avait cédé, a maintenant tout à fait cessé. A travers la forêt résonne le chant joyeux d’un oiselet qui vole en suivant la clairière et disparait ensuite. Siegfried arrive : « Mon guide a disparu. » En vain il regarde ; l’oiselet a disparu ; il décide donc de trouver sans guide le chemin du rocher : « Quel but, jeune homme — cherchent tes pas » s’écrie Wolan ; sur quoi Siegfried communique au voyageur étranger le but de son voyage et, en répondant à ses questions, lui parle de l'oiselet île la forêt, de Mime, du dragon et du bon glaive qu’il s'est à lui-même forgé parce que les morceaux ne lui auraient servi à rien. <i Sur , cest mon avis , » dit en riant le voyageur. Mais déjà ses

SIEGFRIED

questions ont trop longtemps retenu Siegfried ; le rire du voyageur l’excite et il rit de l’air qu’a celui-ci, de son grand chapeau et de l’œil qui lui manque. Naturellement Siegfried ne comprend pas l'explication allégorique que le voyageur lui donne de la perte de son œil : « L'œil qui me manque , — c'est par lui quà présent — tu vois toi-même cet autre — qui m'est pour guide resté. » Les sons du grave et magnifique motif du Walhall (94), appelé par la réponse du dieu, excitent le rire et la raillerie de Siegfried. Wotan qui, jusqu’alors, est resté calme, peul à peine retenir son irritation croissante et l’orchestre accompagne plus souvent ses paroles du motif de la mauvaise humeur (105). A l’injonction réitérée de Siegfried qui lui demande, avec une énergie peu amicale, de lui livrer le chemin que lui a montré loiseau, la colère de Wotan éclate : « La route qu'il te montre , — n'est point pour toi! » (motif de la lance [92] aux trombones). « lloho ! tu commandes! — Qui donc es-tu? » s’écrie Siegfried, « pour m'arrêter ici . y » Wotan lui dit de lever les yeux — aux trompettes, motif de la Walkyrie (120) — et, à un signe de sa lance, les flammes s’élèvent autour du rocher de Brünnhilde (motif de l’incantation du feu).

Wotan veut écarter Siegfried du rocher : et comme celui-ci s’avance en le bravant, il lui barre la route de

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