ACTE III. — SCÈNE II
sa lance (motif de la lance [92] aux trombones). c( Le fer que tu tiens — ce bois Va pu briser . — Qu*ici enC ore — le brise l'antique lance. » Siegfried, lui aussi, tire alors son glaive : « De mon père , — c'est toi l'ennemi?» — Le basson fait entendre le motif de la détresse des Wàlsungen (80). « Joie des vengeances , — que j'ai enfin ! — Pousse l épieu : qu'il vole en deux sous mon fer . » Tous deux s escriment l’un contre 1 autre. Alors arrive un lait
incroyable : un violent coup de tonnerre retentit
dans la forêt. Siegfried a fait voler en éclats la
lance de Wotan. Le motif de l’épée s’éteint, brièé, aux contrebasses. Wotan ramasse tranquillement les morceaux de la lance : « Va donc! Je quitte la place... » A ces mots, il disparaît dans l’ombre. Nous entendons encore une fois pp le motif de la détresse des Wàlsungen, à ces mots de Siegfried : « Ramassant son arme , — prompt il m'échappe » car la détresse des Wàlsungen n’est pas encore finie. Mais Siegfried, avec des cris de joie et des appels de cor (motif de l’appel du cor 82), s’élance dans le brasier.
Les motifs de l’orchestre nous permettent de suivre pas à pas le héros caché par les flammes. De près ou de loin, nous entendons la rude sonnerie de cor du héros qui s’avance. A travers les figures tremblotantes du motif de l’incantation du feu, qui domine en raison de la situation, percent déjà, comme une allusion à la vierge endormie, les sons du motif du sommeil (94), d’abord au cor anglais, puis à la flûte et au hautbois. Siegfried est maintenant auprès de la dormeuse, car
POCHHAMMER
SIEGFRIED
le motif triomphal de Siegfried (88) éclate joyeusement, paraissant apaiser le flamboiement du feu. Celui-ci se dissipe peu à peu en une lueur rosâtre, qui s’envole petit à petit, pour céder devant l'azur rayonnant de l’éther ensoleillé.