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L'année 1817

Vous venez de parcourir votre journal, et, le déposant sur votre table, vous vous êtes écrié: « Allons, il n'y a rien encore aujourd'hui ! » Si pourtant, à ce moment, quelqu'un venait vous dire : « Mon ami, vous avez tort ; ce numéro, qui vous paraît si insignifiant, renferme au contraire des choses du plus haut intérêt. Ce petit fait, qui n'a nulle importance à vos yeux, est le point de départ d'un grand événement. Ce nom, qui ne vous dit rien, sera un jour célèbre. Tenez, voici la liste des élèves couronnés hier au concours général des collèges de Paris. Eh bien ! celui-ci, le second prix de dissertation latine, sera dans quelques années un grand poète ; celui-là, le premier prix de version grecque, sera un grand historien; cet autre, qui n'a décroché qu'un troisième accessit, écrira des romans dont toute une génération fera ses délices et que vous-même placerez sur un des rayons pré férés de votre bibliothèque. Tenez encore. Voici les noms des jeunes gens qui viennent d'être reçus à Saint-Cyr. — Que m'importe ? dites-vous, je n'en connais

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pas un ! — Sans doute, vous n'en connaissez pas un seul aujourd'hui ; mais il en est plusieurs que vous prononcerez un jour avec reconnaissance, avec orgueil. Retenez bien celui-là : c'est le nom du général qui gagnera notre première victoire. Voici celui qui portera le dernier coup à l'ennemi enfin abattu. Celui-là — saluez, mon ami, — celui-là rendra à la Finance l'Alsace et la Lorraine ! »

Si l'ami, qui vous dirait ces choses, avait autorité pour vous les dire ; s'il était vraiment doué du don de seconde vue et que vous n'en pussiez douter ; et si, d'aventure, il arrivait chez vous chaque matin en même temps que votre journal, et quil voulût bien le commenter de la sorte, éclairant le fait d'aujourd'hui par le fait de demain, projetant sur chaque nom, sur chaque détail, une lumière prophétique, quel intérêt ne prendraient pas, à vos yeux, ces journaux, objet de votre dédain, ces feuilles que vous tenez en si petite estime,

Des spectacles d'hier affiches déchirées !

Eh bien ! pour trouver dans la lecture des journaux cet intérêt puissant , merveilleux, à nul autre pareil, pas n'est besoin de chercher autour de vous — vous ne le trouveriez pas — un ami qui soit « sorcier » ; il suffit de lire, au lieu des journaux du matin, les journaux d'autrefois, — les vieux journaux. Pour ma part, je ne sais pas de lecture plus récréante et plus instructive, mieux faite pour satisfai?*e la curiosité, pour procurer en même temps à

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