PREFACE
qu'ils sont tous d'une exactitude absolue. La vérité est qu'ils sont tous ou presque tous inexacts. Il y avait dans ces pages presque autant d'erreurs que de mots. Relever ces erreurs pouvait n 'être pas inutile. Je le pensai du moins. De là le volume qu'on va lire, et dont je publie aujourd'hui une nouvelle édition. C'est d'ailleurs bien moins une réfutation des pages du grand poète qu'une peinture anecdotique de l'époque de la Restauration, et en particulier de l'année 1817. Le chapitre de Victor Hugo n'est ici qu'un clou auquel j'ai accroché mon esquisse.
L'occasion m'a paru bonne pour réunir les menus faits que j'avais recueillis un à un à travers les journaux du temps. Je n'étais qu'un pauvre glaneur, mais j'avais pourtant sous la main un nombre considérable d'épis, que les Historiens avaient négligé de ramasser. J'ai fait mes gerbes, et comme, pour les lier, il me fallait un fil, je l'ai emprunté à Victor Hugo.
Ce sont donc surtout des petits faits, de menus détails, que le lecteur va trouver ici. Je ne m'en exagère pas l'importance. Si la poussière que soulèvent autour d'eux les grands événements ne doit pas nous cacher certains détails caractéristiques, les petits faits, à leur tour, ne doivent pas nous faire perdre de vue les lignes principales de l'histoire. J'estime cependant qu'ils ont leur utilité, et que cette utilité parfois ne laisse pas d'être assez grande.
Le comte Mole, dans une conversation qui nous a été conservée par Alexis de Tocqueville, a dit un jour que la lecture d'aucun ouvrage sur la Révolution ne lui avait