‹ L'Année archéologiqueChapitre 36 sur 132 · C'est ainsi que nous aurons à regretter la restau · texte numérisé non relu

C'est ainsi que nous aurons à regretter la restau

ration de Téglise de Vouvent, le joyau monumental de la Vendée, si M. Auguste Loué exécute les changements indiqués dans ses cadres. Sous prétexte de quelques retouches du xv« siècle, qui n'empêchent nullement de reconnaître les dispositions et les détails du xiT siècle, on va modifier des bases, des chapiteaux, des corniches, changer les niveaux, ajouter même de vrais piédestaux aux jambages delà splendide porte romane du croisillon nord. A la nef viendrait s'ajouter une façade nouvelle qui ne serait pas à sa place, car il faudrait l'avancer d'une travée au moins si Ton voulait rendre à l'église sa longueur normale; de plus cette façade serait trop simple et les contreforts y penseraient trop vigoureusement les trois nefs pour qu'on sût y reconnaître le type poitevin. Le clocher octogonal serait assez bon, la flèche passable seulement.

13. L'église de Vailly (Aisne), sur laquelle M. PaulBmwillwald, le fils de l'éminent architecte de Notre-Dame de Laon, exerce son talent déjà fort apprécié, mérite l'honneur qu'on lui a fait, mais nullement les retouches et les suppressions qu'on voudrait lui infliger. Trop petite dans son enveloppe romane, elle fut agrandie aux xra* et xiv® siècles et dotée en même temps de chapelles, fondations pieuses qu'il serait bon de respecter, quand même leur élégance et la pureté de leur style ne suffiraient pas à leur obtenir grâce. Le clocher, de la fin du xii* siècle, remarquable par les pilastres cannelés qui servent de contreforts à son dernier étage, ne l'est pas moins par la balustrade à fleurs de lis entée à la fin du xv* siècle sur sa

r dresser une flèche en ardoises, on supprime le, non certainement par pudeur républicaine, udrait défoncer, à Saint-Eustache de Paris el res églises, les réseaux de fenêtres dont Temait les frais, et jeter bas les grandes roses ainte-Croix d'Orléans, soleils de pierre, ridirs, qui portent la devise de Louis XIV: Aec ir. Ce aérait eCfacer l'histoire de la même édilités des villes effacent les anciens noms liques,

lise romane de Guarbecque (Pas-de-Calais), r et le clocher ont seuls conservé leur caracy a conçu le projet d'ajouter une flèche masle à celle qu'il avait imaginée, en 1876, pour lers. {V. notre Annuaire de 1877, p. 63-6I|.) )rich-Robert, familier avec l'architecture norosé quelques figures de l'église romane du y, notamment sa façade à arcatures. Cet édiaux xni* et xvni^ siècles, a été décrit, mais i, dans la Slalistigue monumeiilalc dit Cal-

merskeim, chargé spécialement des monule, y avait remarqué l'église de Burj', dont il charmante façade romane et le chœur si remanié au xui" siècle, glise de Vernouillet, M, Delarocque n'a pris r, la tour du xu" siècle, dont la tlèche est en V. le Dictionnaire raisonné de Viollet-le-Duc, )

Êdrale de Reims était figurée en plan, coupes, is six grands cadres de M. Kaptes.

assis de MM. Georges et Denis Darcy élaient l'église collégiale de Mézières-en-Brenne

(Indre), édifice ogival commencé en 1339 et désagréablement original dans sa façade, où une arcade à meneau central et oculus, tout à fait semblable à une fenêtre, cache la façade. Une porte latérale et la plupart des vitraux sont de la plus belle Renaissance.

20. M. Werlé s'est occupé de Téglise d'Eve (Oise), joli petit édifice des xii', xiii' et xv* siècles, surmonté d'une flèche dentelée dérivée du clocher de Senlis; mais Tobjet principal du dessinateur était de faire connaître un magnifique vitrail de 1540 conservé au milieu du chevet.

21 . La façade de Téglise de Jouy-en-Josas, près Versailles, n'était guère digne d'occuper le compas de M. Yaudoyer fils ; même aux environs de Paris, la Renaissance est en bien des endroits mieux représentée.

22. Le portail sud de Saint-Vincent de Rouen, riche spécimen d'un style ogival déjà entamé par la Renaissance, a apparu, restauré, dans un dessin de M. Charles Sauvageot.

23. La Renaissance bourguignonne, grâce à M. Sainte- Anne-Louzier, était avantageusement représentée par l'église de Neuvy-Sautour (Yonne), qu'il serait honteux de laisser plus longtemps à l'état de ruine : tout le chœur et le transsept sont à ciel ouvert, et ce sont les parties les plus intéressantes.

24. Dans le monument funéraire de l'église de Maignelay qu'a donné M. Paul Deschard, et où la Renaissance s'est assez rapprochée de la forme des cippes gallo-romains, on voit, plus que dans la plupart des œuvres contemporaines, dominer la pensée religieuse. A un bas-relief représentant la chute d'Adam et d'Eve correspond une inscription qui en marque le châtiment : stipendivm peccait mors.

25. M. Goût a fourni une représentation du splendide rétable de Chaource (Aube), daté de 1536. Les sculptures, en ronde bosse, figurent la Passion,

/rages de sculpture de la Renaissance, non ablea et peut-être pluu célèbres, ont été

Deverin: ce sont les tombeaux d'Artus bilippe de Montmorency, femme de Guilfonâateura de la collè^ale d'Oyron (Deuxdans les dépendances mêmes de leur chftlebout.

)rroyer, on a eu im grand desaln du charr siècle) du Mont-Saint-Hichel ; %ples, la salle capitulaire de la cathédrale lante au croisillon sud, et intéressante par a' siècle, ramifiées à la normande; itit, déjà mentionné, un projet de restauson dite du ûrand-Veneur, à Cordes (Tarn), le, mais assez commun dans le Midi, de file du xni* siècle, et dont la conservation par sa transformation en hôtel de ville.

Chaussé offrait un projet de restauration emours (Seine-et-Marne), monument intét du XV* siècle, qui, de militaire, va devenir sformation en hôtel de villg et les embellui feront perdre son caractère primitif.

I études sur le cbUeau et le donjon de Chàrez ne s'est occupé que de l'état actuel.

BœstviUwatd restaure, et un peu trop, les lérande (I^ire-Inférieure), notamment la el, dont il supprime un moucharabi. Ces «le, d'une rare conservation, peuvent enu secours de la truelle; on aime à penser

sont un exercice purement platonique.

■sur-Ourcq (Seine-et-Marne), c'est M. Léim ure ou va restaurer un donjon carré du lé à redevenir habitable.

34. Nous nous laissons ramener en Italie par M. Davot»^ qui a reproduit lé fameux baptistère de Pise, commencé en 1153 par l'architecte DeotiSalvi, et terminé en 1277.

35. M. Deverin, qui étudie avec prédilection les tombeaux et qui sait les choisir, nous a donné celui du pape Honorius IV (f 1287), de la maison des Savelli, enterré à Santa Maria d'Ara Gœli, à Rome. La statue du pontife le représente couché, avec la tiare à deux couronnes; on sait que la troisième couronne fut ajoutée par Jean XXil.

36. M. Vaurabourg, envoyé en 1878 par le Ministère de rinstruction publique en Algérie pour y étudier les types de l'art moghrel), a rapporté et exposé de beaux spécimens de cette branche intéressante de. Tarchitecture arabe.

37. M. ^. Duthoit a pris également Tarchitecture arabe en Algérie, à Tlemcen, dont il reproduit la tour d'une mosquée bâtie au xii* siècle.

Congrès et réunions.

16-19 avril. Réunion des délégués des Sociétés savantes à la Sorbonne, sous la présidence de M> Léopold Delisle.

Les mémoires suivants ont été lus à la Section d'archéologie, que présidait M, Léon Renier :

Angers, place du Ralliement : fouilles de 1878-1879, par M. Godard-Faultrîer. (F. ci-dessous, III* partie.)

Antiquités celtiques récemment acquises par les musées de . Zurich et de Colmar, par M. Ch. Cournault.

La Basilique Saint-Martin et la Basilique Saint-Pierre, à Bordeaux, par M. Braquehaye.

Découverte de vestiges de la domination romaine, à Mareil^MaHy (Seine-et-Oise), par M. Paul Guégan,

Description du théâtre anJiique de Finiîmt7^,par M.Brua.

Es^ai sur quelques textes épigraphiques remarquables des Alpes-Maritimes, par M. Edmond Blanc.

L'Èpitaphe de la prétresse gallo-romaine Geminia TituUa, par M. Auguste Castan.

Exploration du tumiilus de Kerheuret^ en Plugufjan (Finistère), par M. Paul du Châtellier.

Fouille archéologique faite en i877, à Baâlon (Meuse), par M. Félix Liénard.

Fragments d* architecture romaine^ à Bourges, par M. Buhot de Kersers.

Livre de raison cF une famille de Brive au \\f siècle, par M. Ferd. de Malliard.

Le Logis de Pincé, 'à Angers^ par M. Armand Parrot.

Numismatique du Quercxj, par M. Malinowski.

Notice sur le terrier de Tow/on (Charente- Inférieure), par M. Paul Mercier.

Recfierches sur l'emplacement du Prœtorium d* Aquitaine, par M. Mayaud.

Soulosse à l'époque romaine, par M. Félix Voulot,

Un problème d'arcMologie : l'enceinte avec blocs vitrifiés du Hartmannswiller'Kopfj par M. Bleicher.

Un mot sur les voies romaines de la Charente-Inférieure, par M. Eug. Lemarié.

Les Vitraux de la cathédrale de Laon, par M. de Florival.

L'analyse la plus sommaire des aperçus ou des faits • contenus dans ces mémoires nous entraînerait beaucoup trop loin ; nous aimons mieux, puisqu'il s'agit spécialement à la Sorbonne, des Sociétés savantes et de leurs travaux collectifs, donner tout entier, d'après le Journal offiaeidu22 avril 1879, le rapport hi à la Section par son secrétaire, ei qui s'étend sur les Sociétés jugées cette année les plus dignes des encouragements officiels.

Rapport de M. Chabouillèt,

Messieurs,

€*est à trois des dernières venues parmi les Sociétés savantes que le Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts va décerner les médailles dont dispose la Section d'archéologie. Ces compagnies, que nous nommerons selon la date de leur naissance, et qui toutes appartiennent à l'antique Aquitaine, sont : la Sociétp des untiquaires du Centre, à Bourges (1867); la Société archéologique de Bordeaux (4873); et la Société historique et archéologique du Périgord, à Périgueux (4874).

Il n'est pas nécessaire d'exposer longuement les motifs et le sens de ces choix. L'auditoire éclairé qui nous écoute a déjà compris qu'en attribuant ces distinctions à d'aussi jeunes compagnies, on ne veut pas faire entendre qu'elles dépassent leurs aînées. Celles-ci, couronnées dans de semblables solennités, certaines à plusieurs reprises, ne descendent pas du premier rang, où le rapporteur de la section d'archéologie, déclarait en son nom. Tan dernier, qu'elles se maintiennent glorieusement ^ Mais grâce à la patriotique curiosité qui entraîne tant de bons esprits vers l'étude dej'archéologie nationale, ce premier rang s'élargira, et les célèbres compagnies qui l'occupent sauront y faire cordialement place à celles qui s'en montreront dignes.

En y conviant les grandes sociétés de Bourges, de Bordeaux et de Périgueux, nous annonçons avec satisfaction que d'autres se font tous les jours des droits à les y rejoindre, et j'en dois mentionner deux particulièrement au nom de la Section, la Société d^émulation du JurOy à Lons-le*Saunier, et la Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, à Nice.

La Section aime à témoigner hautement de sa gratitude envers les hommes de dévouement et d'initiative que l'on trouve tou-

1. Les savantes compagnies nommées dans le rapport de 1878 comme se maintenant au premier rang sont : la Société Éduenne, TAcadémie du Gard, qui vient de reprendre son premier nom d* Académie de Nîmes, la Société d'émulation du Doubs, la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, la Société archéologique et historique de POrléaaais et la Société archéologique de ConstantiDe.(7. le Journal offi^h 24 mai 1878, et la Revue des Sociétés savantes, 6« série, t. VII, p. 193.)

jours piès du berceau des Sociétés savantes. Nous nous plaisons à les arracher, fût-ce de vive force, à la pénombre où ils se dissimulent au milieu de leurs confrères. Susciter, organiser, fonder une Société savante, n'est-ce pas fomenter le respect et le goût des choses de Tintelligetice?

Nous saluerons donc, après feu le président Hiver, IIH. Engène de Beanrepaire, des Méloizes, Edmond Rapin et Buhot de Kereers, comme les fondateurs de la Société des antiquaires du Centre. Cette région, le cœur de la France, si Paris en est la tète, cette région où il y a deux mille ans fiorissait Avaricum, « pulcherrimam prope totiusGaliiœ urbem, » où, dès le xvif' siècle, Catherinot enregistrait des découvertes d*antiquités romaines, cette région encore si riche en monuments de son lointain passé, fut de tout temps exceptionnellement favorisée pour les études archéologiques.

Jamais elles n*y avaient été honorées et cultivées comme elles le sont depuis la création de celte compagnie. €*est au mois de janvier 4867 que la Société des antiquaires du Centre se constitua régulièrement, en se donnant la mission de travailler uniquement au développement des sciences historiques et archéologiques dans le Berry. 11 n'y a pas plus de douze ans de cela, et malgré une interruption dont elle n'est pas responsable, cette laborieuse compagnie a déjà publié sept volumes, et elle en imprime un huitième qui ne tardera pas à voir le jour. Ceà volumes ne forment pas un recueil de dissertations disparates.

Ce sont les préliminaires d^un Berry archéologique. L'unité de vues, formulées par son programme, n'a jamais cessé de caractériser cette compagnie. En se renfermant strictement dans les limites de la région, en s'attachant inébranlablement à la terre natale dont le contact leur communique des forces toujours nouvelles, les Antiquaires du Centre sont dans le véritable rôle des Sociétés vouées aux sciences historiques et archéologiques. Est-ce à dire que les membres de ces compagnies doivent s'interdire de regarder au delà de leurs frontières ? Loin de là. 11 ne faut rester étranger à rien de ce qui mérite l'attention. Ce n'est pas chose facile, au milieu des innombrables publications qui surgissent tous les jours et de toutes parts ; cependant, à force de vigilance et de tact, on y parvient, et je n'en veux d'autres preuves que la lecture des Mémoires de la Société des antiquaires du Centre.

Mai« TéniditioD, daiM )a plus large acceptioo de ca mot, n'est pas la seule qualité de Tàrchéologue* A Ja méthode, à la cri* tique, il faut joiodre le s^ntimeDt des arts et l'activité. Il faut savoir fermer ses livres et quitter le logis pour a'eo aller par le .pays, explorant les musées, mesurant, dessinant les monuments restés debout, ou. arrachant ans profondeurs de 1^ terre ceux qui y sont enoore eoseyeUs. Tell^ sont les qualités, telle est la pratique constante des Sociétés qui nous intéressent particulièrement aujourd'hui, et voilà l'explication de leurs rapides succès.

Dès ses débuts, la Société des antiquaires du Centre laissait voir les plus heureuses tendances, tandis que ses membres se faisaient remarquer par la valeur de leurs travaux. Dans ses volumes de 4 867 et de 4 868, figurent d'excellents mémoires sur les Fouilles de la Touratte et sur celles du Puits funéraire de Primelles, par M. Eugène de Beaurepaire. Du second de ces mémoires, on a dit : « C'est un modèle d'investigations archéologiques. » C'est le successeur de M. £. de Beaurepaire dans le poste de secrétaire de la Société des antiquaires du Centre, II. Buhot de Kersers, qui s'exprimait ainsi. dans le premier des rapports annuels qu'il ait rédigés en cette qualité. Il faut lire ces rapports ; grâce à une habile concision dont, la tradition remonte à M. de Beaurepaire, l'auteur sait y faire entrer des récits de découvertes, et jusqu'à des mémoires ; il en fait l'équivalent du bulletin de ses séances que la compagnie ne croit pas devoir publier, et tout cela en quelques pages.

C'est un secret que Ton aimerait à dérober*et à propager. M. Buhot de Kersers ne se borne pas à remplir scrupuleusement ses devoirs de secrétaire ; tous les ans, il donne à la Société un intéressant compte rendu des découvertes numismatiques, ce qui ne l'empêche pas de lui adresser des mémoires dont la Sorbonne a eu parfois la primeur. Dans ces deux premiers volumes des- Mémaires de la Société» je trouve des travaux signés de son nom, l'un sur. les Enceintes en terre ^ dans le département du Cher, l'autre sur les Tumuli et les forteresses en terre, dans le même déparlement. Ces travaux se distinguent par une précision qui, à l'occasion, n'exclut pas une sage réserve. On lui doit encore l'^fn» graphie romaine et chrétienne dans le Cher,

U serait à souhaiter que chacun de nos départements possédât un Corpus de ses inscriptions exécuté comme celui-ci ; heureuse-

ment, avec le bon esprit qui anima géoéralemeDl les archéologuœ de nos provinces et qui a dicté le bel ouvrage de H. AJlmer, il est permis d'e§pérer la prompte réalisation de ce souhait. UentioDnoDs encore, parmi les travaux de H. de Kersers, sa Notice sur des itèles découvertes à Bourges en 1875 et 1877 ; elle contient des additions à l'âpigraphie du Cher, et on y remarque l'épitapbe d'uD homonyme de Tetricus. Les qualités que nous reconnaissons en secrétaire de la Société des antiquaires du Centre se retrouvent, sauF les nuances qui distinguent des individualités diverses, dans la plupart des travaux des membres de celte compagnie. Je ne puis m'y arrêter comme je le voudrais. Je citerai cependant les notices de H. Charles R. de Laugirdiére sur les Sépultures gauloises de Ferlisses et de FoutiUel ; celles de U. Albert des Héloizes sur les Ruines de villas romaines à VilleneuveSaini- Georges du Cher et à Thizay, ainsi que sur Deux souterrainsrefuges à Sainl-Aoustrilte, de H. le docteur Pineau, sur Deux grottes situées à Sainl-Ambrois (Cher), de H. Amédée Bapin et de M. l'abbé Voisin encore sur des Villas romaines.

Il faut encore mentionner des notes de U. Toubeau de Haisonneuve sur un épisode judiciaire relatif au sanctuaire de Saittl fJippolyle de Bourges, sur remplacement duquel on a trouvé une importante inscription romaine ; puis Je mémoire de M. G. Vallois sur le Camp de Haute-Brune, et une Notice historique sur Château-Meillanl, comme M. Emile Chénon a modestement intitulé ce travail considérable, qui est en fait l'histoire complète de cotte antique cité. Nous ne revendiquons pas ce Iravail, mais noBS félicitons l'auteur, l'un des plus jeunes membres de la Société, de ne s'être pas contenté de l'élude des documents écrits,

de s'Être appuyé sur les monuments, sur l'épigraphie et la numismatique. Si M. Chénon réimprime {'Histoire de Château- Meillant, qu'il ne craigne pas de serrer de plus près encore la partie archéologique de son sujet. Le dernier mol n'est pas dit sur les origines du Caslrum Mediolanense de Grégoire de Tours, ou le Mediolanum du milliaire d'Allichamps, si souvent mentionné, et discuté depuis 1S50, et notamment dans les Mémoires do la Sociélé des antiquaires du Centre.

Les antiquités des âges reculés n'attirent pas seules l'altention des membres de cette compagnie ; on y étudie aussi les monuments du moyen âge et des temps plus modernes. Sur ce terrain.

nous retrouvons M. Buhot de Kersers, avec des travaux sur Tarchiteclure religiense et sur rarchiteclure militaire aux xip et xiir siècles dans le département du Cher. Dans la seconde de ces études, lue en extrait à la Sorbonne en 4876, TauCeur soutenait que la plupart des châteaux furent d'abord construits en bois et que Ton n'en éleva généralement en pierre qu'à partir du xii^ siècle.

A côté de travaux sévères, comme ceux que Ton vient d'indiquer, on en Ht avec plaisir qui touchent aux beaux-arts, comme l'agréable causerie, de M. Hiver, sur le fameux Bas-relief de la chambre du Trésor de l'hôtel Jacques Coeur ^ qui représente, non pas comme on le prétendait jadis, un rendez-voua entre Agnès Sorel et le célèbre financier, mais une scène de roman. On sait que par une de ces erreurs, moins communes de nos jours qu'au temps où l'on était trop disposé à prendre la fable pour Thistoire, on avait vu dans ce bas-relief un témoignage de relations équivoques qui auraient existé entre Agnès et Jacques Cœur, bien que Ton sache que celui-ci fut accusé non pas d'avoir été trop avant dans les bonnes grâces de la « dame de Beauté», mais de l'avoir empoisonnée. M. £. de fieaurepaire, le premier semble-t-il, suggéra qu'il devait s'agir d'un épisode de quelque fabliau. M. Hiver abonda dans ce sens, et sur les indications de M. Paulin Paris, déiïtontra facilement qu'il s'agissait de l'une des plus jolies scènes du roman de Tristan. Au lieu d'Agnès Sorel et de Jacques Cœur, de Charles VU et de son fou, le bas-relief représente Yseult, Tristan, le roi Marc et son nain.

On s'attarderait volontiers à rappeler les autres œuvres de feu M. Hiver, magistrat studieux, comme la Société du Centre en a toujours possédé, et dont elle fit le premier de ses présidents ; mais il s'adonna plus à l'histoire qu'à l'archéologie, et d'ailleurs je suis effrayé du nombre de bons travaux qu'il faudrait au moins rappeler. Citons en passant une notice sur les Sculptures du por- . tail de la cathédrale de Bourges, improvisée à la faveur d'une restauration plus ou moins heureuse, mais qui permit à M. le baron de Girardot de les étudier de près ; les Mémoires de M.Albert des Méloizes sur un vitrail de la môme cathédrale et Sur les vitraux de Saint'GeorgeS'de'Poisieux (Cher) ; les Études ecclésiologiques sur les églises de Bourges y de feu M. Raymond Bordeaux.

Il nous faut encore signaler deux bons chapitres d'archéologie

Mutrielle ; un Document pour tenir à l'histoire de la cérami^m dmÊt le Cher, par H. Ch. de Uugardière, et une Ilittoire des forges ée Mmreutl, due à H. Cartier de Saint-René, suscitée par le Mémoires tttr lu anciennes forges du Périgord et du Limousin, de H. le baroD Imim de Vemeilh, publié en 1S76, par les soins de la Section d'archéologîa. dans la Revue des Sociétés êavanUs. On regretterait ^'oublier une boame élude sur les Moules des médaillons de IVini, de M. Albert des Héloues, le trésorier de la Société, l'auteur de presque toutes les planchMqui donnent tant de prix aux volumes que noua entr'ouvrons ; on «■ dirait autant d'une notice de M. te comte de Choutot sur une singulière Redevance numismatique, dont l'origine remonte ï Colberl. Par le fait de l'acquisition du marquisat de Châteauneuf-sur-Cher, en 1679, Colbert était devenu seigneur du Ger de la Chaussée, dont relevait l'hâtel de Jacques Cœur. En 1 68î, il venditou plutôt donna cet hôtel it la ville de Bourges, h la seule condition d'un cens annuel d'un écu d'or et d'une médaille d'argent du poids de dix livres, à ses armes et à celles de la cité, qui devaient être délivrées ï lui ou b ses successeurs marquis de ChàleauneuT, tous les quatre ans, c'est-à-dire b chaque mutation de maire. La Biblio- Ibèque nationale possède une des médailles de cette redevance féodale, qui se perpétua jusqu'à la Révolution de 4789. La notice de H. de Choulot n'apporte pas seulement de curieux détails sur cette bntaisie, après tout libérale, d'un grand homme; elle fait connaître aussi les généreuses dispositions de son testament en 'es pauvres gens de son marquisat, isse de câté, non sans regrets, d'autres travaux qui font à la Société de Bourges, mais je ne tairai pas que si celte iflède un musée lapidaire, elle le doit ii la docte cornet k l'influence de H. des Méloizes, qui la présida depuis C'est un de ces bienfaits qui n'étonnent pas de la part étés Bavantes ; elles en sont coutumières.

ai terminé l'éloge de la Société des antiquaires du Centre, l'aurai ajouté que, non contente d'avoir mis è l'abri de la ion les plus instructif des monuments du passé de Bourges partement du Cher, elle en, a dressé le catalogue, lie l'on vient de dire k la louange de la Société des antidu Centre s'applique si complètement aux Sociétés archéodo Bordeaux et de Périgueus, que, sans préambule, nous

pouvous passer rapidement en revue leurs volumes et retracer les services qu'elles ont rendus à la science.

Ouvrons d'abord le recueil de la Société archéologique de Bordeaux. A la première page de ces quatre volumes, nous rencontrons un nom digne de mémoire, celui de Pierre Sansas. Il y a deux ans, le rapporteur de la Section d'archéologie payait ici même le tribut de regrets légitimement dû à l'honorable député qui Venait de s'éteindre à Versailles, et il exposait les titres de ce savant à la gratitude des amis des antiquités nationales.

Aujourd'hui, avant de rappeler ses écrits, le rapporteur veut redire que Bordeaux doit à M. Sansas la conservation de plus de 500 monuments des flus précieux, la création de son second musée lapidaire et la fonda lion de la Société archéologique.

Le mémoire de M. Sansas sur le Nom primitif de VAqui' laine j qui ouvre si naturellement le recueil de la Société archéologique de Bordeaux, n'est pas de notre compétence ; mais dans le môme volume nous trouvons une autre étude de lui intitulée : Vestiges dun aqueduc romain signalé sur divers points de la ville de Bordeaux:, On sait qu'on découvrit dans ces ruines quatre inscriptions qui nous révèlent les libéralités du préteur municipal G. Julius Secundus, publiées de nouveau avec plus de développement par M. Gh« Robert, dans le dernier volume de la Société.

Retenu souvent loin de Bordeaux par ses devoirs législatifs, M. Sansas n'a pas pris à la rédaction du recueil de la Société une part aussi grande qu'il l'eût désiré, cependant il lui a adressé d'intéressantes communications; parmi celles-ci, une Notice sur quelques inscriptions chrétiennes appartenant au commencement de notre ère. On y remarque l'article du cippe célèbre du musée lapidaire créé par lui, sur lequel on lit l'épitaphe trois fois curieuse de la Trévire Domitia, dont M. Sansas s'efforça, entreprise hasardeuse, de démontrer le christianisme, contrairement à l'opinion dp M. Edmond Le Blant. Je rappellerai encore ses Visites aux musées de la ville, où je note sa Restitution d!un arc de triomphe tWcftï^ ingénieusement établie à l'aide de débris sculptés recueillis çà et là, ses Notes archéologiques sur les fouilles exécutées à Bordeaux de 1863 à i876j enfin ses Causeries archéologiques ^ qui me fournissent l'occasion de rappeler que c'est encore à M. Sansas que l'on doit de posséder une lecture incontestable de l'inscription de l'autel de la déesseSirona du musée de Rordeaux.

Il y a quelques années, à l'occasion d'une communicalion faite h la Société des antiquaires de France par M. Sansas, l'exactitude de la leçon de Millin, le premier éditeur de ce texte épigraphique, fut mise en suspicion par deux érudits. M. Sansas, ne pouvant se rendre à Bordeaux, pria ses confrères de faire prendre un estampage de ce texte et d'en publier le fac simile, en leur recommandant de ne pas s'inquiéter de lui donner tort ou raison. L*estampage fut pris par les soins et sous les yeux des membres d'une commission nommée ad /lac, et on en publia le fac simik dans les Mémoires de la Société, avec une reproduction de Thôtel luimême et un rapport signé par M. R. Dezeimeris. La leçon de Millin sortit victorieuse de cette preuve, savf le changement proposé par M. Sansas, et reconnu incontestable, d'ADBACIEN [vs] en ADBVBIETVS, et désormais tout le monde lira sur cet autel :

SIRONAE

ADBVCIETV8

TOQETI- FIL

Les archéologues militants ne sont pas nombreux à Bordeaux. L'industrie et le commerce détournent forcément de nos patientes investigations la plupart des vives intelligences qui abondent dans cette belle et grande cité. M. Sansas y a cependant su lever une légion qui Ta vaillamment secondé.

On rencontre des monuments de toutes les époques et de tous les genres dans les mémoires de la Société bordelaise. L'étude des vestiges des âges primitifs, féconde lorsqu'elle est abordée dans un esprit scientiâque, stérile lorsqu'elle n'est que la distraction de curieux oisifs, est principalement représentée à Bordeaux par le conservateur du musée préhistorique, M. Gassier, dont le zèle et le désintéressement ont reçu les plus flatteuses récompenses: une médaille d'or décernée par rÂcadémie de Bordeaux et un vote de remerciements de la municipalité. On lit, dans le Recueil de la Société archéologique, un mémoire de M. Gassier, sur les Progrès des éludes préhistoriques dans le Sud-Ouest dé la France depuis trois années, et d'autres travaux du môme ordre par MM. Daleau, Dulignon-Desgranges, Gaullieur et Jules Delpit, auxquels je réunis, parce qu'ils les suivent de près dans l'ordre de la chronologie, des travaux de MM. Emile Lalanne,

Pjganeau, Maufras, F. de Dieu, de Samaran, etc. Je citerai encore: de M. Delfortrie une étude sur un Grenier d'abondance gaulois à Saint'Quentin-de- Baron ; de M. Léo Drouyn, sur V Allée couverte de Peyrelebade; les comptes rendus de fouilles de M. de Mensignac, et les deux rapports de M. Dezeimeris sur le projet de créer un musée général d'antiquités à l'amphithéâtre romain connu sous le nom de Palais Gallien^ que Ton restaurerait. Du même M. Dezeimeris, je citerai encore d'agréables remarques sur l'inscription du BaCchus Panthée de la ville d'Ausone, composée par le poète lui-môme ; de M. Jules Delpit, une notice sur une Villa romaine à Saini'Geor g es-de- Bidonne ; de M. Labet, un mémoire sur le remarquable Heircule de bronze du musée de Bordeaux ^ d'autres de M. Augier sur Deux inscriptions chrétiennes conservées dans ce^ie vi/Ze (celles d' « Ursa » et de «Procopiuspuer»), qui proviennent des catacombes de Rome; de M. Giraultsur des Poteries noires à emblèmes chrétiens ; du môme M. Augier, avec M. Millet, sur des Peintures murales des xur, xiv* etxv« siècles, avec de belles planches coloriées ; de M. Antoine sur d'autres Peintures murales ; enQn une fouie de bonnes notices par M. Piganeau.

Je n'ai pas encore nommé M. Braquehaye, vice-président de la Société. Archéologue connu des habitués de la Sorbonne, oiî il a fait d^intéressantes études, sculpteur, directeur de l'école municipale de dessin et de peinture, M. Braquehaye est une des colonnes de la Société, et l'on ne saurait trop louer son dévouement à la cause du développement de l'éducation artistique. 11 est l'auteur d'un Mémoire sur l'archéologie appliquée aux arts industriels, publié dans le tome P' du recueil de la Société bordelaise. Ce mémoire procède d'une idée juste et féconde que l'auteur a exposée avec netteté. On doit encore à M. Braquehaye des notices sur un Sarcophage du \^ siècle, sur h Statue de la Renommée du mausolée du duc d'Épernon, à Cadillac, lue d'abord à la Sorbonne, sur Pierre Berruer, le sculpteur dont les œuvres décorent le grand théâtre de Bordeaux, et sur Louis, Tarchitecte de ce célèbre édlGce. La biographie de nos anciens artistes, trop longtemps négligée, constihie une branche d'archéologie nationale que la Section d'archéologie considère et a toujours considérée comme de son domaine. En félicitant M. Braquehaye d'avoir étudié les biographies de Berruer et de Louis, il ne faut pas oublier les savantes

recherches de M. Gaullieur sur plusieurs Anciens artistes et artisans bordelais.

Je n'oublierai pas non plus M. Félix Dubois, un de ces hommes qui savent donner à leurs loisirs et à leur fortune une direction et un emploi utiles à tous. En rassemblant dans sa maison la riche collection connue sous le nom de musée Dubois, M. Dubois, comme Pierre Sansas, a bien mérité de sa ville natale, héritière désignée de ses statues, bas-reliefs, cippes, antiques de tous genres, si bien illustrés par M. Bernède, et si exactement décrits et commentés par M. Charles Farine, conseiller à la Cour d'appel, dans les mémoires de la Société archéologique de Bordeaux.

M. Drouyn n'a pas borné son contingent à sa notice sur une allée couverte : Pauteur de hGuyenne militaire et de tant d'autres importants ouvrages est aussi celui d'une Étude sur les forteresses de terre dans la Gironde, à rapprocher de celle de M. de Kersers sur celles du Cher, et de Promenades archéologiques disséminées dans les trois premiers volumes du recueil. J'indiquerai encore une planche du troisième volume où 6gure un médaillon de marbre blanc de 13 centimètres, de la collection de M. Bernède, œuvre de la dn du xv« siècle. Ce médaillon, qui me parait représenter Louis le More, duc de Milan, a été trouvé à Bordeaux.

Il y aurait encore bien des traits à ajouter à cette esquisse incomplète des mérites de la Société archéologique de Bordeaux, mais il nous reste à peine le temps de rendre, même sommairement, justice à ceux de la savante compagnie qui siège dans lé département limitrophe.

Cette compagnie, la Société historique et archéologique du Périgord, est née d'une conspiration d'hommes d'initiative, dont je ne puis révéler la liste entière, mais dont je nommerai du moins les moteurs principaux : Eugène Massoubre, publiciste distingué; M. le docteur Galy, directeur du musée départemental; M. Villepelet, archiviste de la Dordogne, et M. Dujarric-Descombes, notaire au Grand-Brassac.

Le f7 mai 4874, à la séance d'inauguration de cette savant^ compagnie, Eugène Massoubre, qu'elle reconnaît pour son fondateur, exprimait chaleureusement la joie patriotique et le légitime orgueil que les Périgourdins ressentaient de tous en cette solennelle journée. « Ce n'est pas un événement d'une médiocre importance, disait-il, que le concours spontané de 455 personnes,

toutes animées de Tamour des sciences historiques, toutes pénétrées du respect de nos antiquités nationales, qui, de divers points de notre vieille province, se réunissent pour mettre en lumière son laborieux passé ... Nous débutons, ajoutait-il, dans des conditions de succès qui déjà nous placent à la hauteur de Sociétés voisines et depuis longtemps florissantes. »

Pourquoi le citoyen modeste et dévoué qui comprenait si bien le rôle et Timportance des Sociétés savantes n'a-t-il pas assez vécu pour jouir du plein accomplissement des destinées réservées à son œuvre? Pourquoi la Société du Périgord eul*-elle la douleur de perdre Eugène Massoubre avant la fin de Tannée qui l'avait vu prédire éioquemment ses succès? Pourquoi s'éteignit-il avant Tâge, celui que son confrère, M. Galy, président de la Société, nous montre a toujours prêt à donner de sa personne et de sa plume lorsqu'il s'agissait pour son pays de progrès intellectuel » ?

Vous le savez. Messieurs, la Société de Périgueux poursuit le môme but que celles de Bourges et de Bordeaux : conserver, étudier, faire connaître les monuments du passé dans leurs régions respectives et y activer le mouvement intellectuel. Ce but, la Société historique et archéologique du Périgord le poursuit avec une ardeur persévérante des plus louables. Avant d'avoir achevé son premier lustre, elle a publié cinq volumes de son recueil, qu'elle intitule Bullelm, sans doute parce qu'elle n'y admet que par exception les travaux de grande étendue. Je suis loin de blâmer cette prédilection pour la brièveté, que j'ai déjà louée à Bourges et que j'aurais dû signaler aussi à Bordeaux, mais je ferai observer qu'il en résulte un tel nombre d'articles (300 en cinq volumes!) qu'il faudra passer rapidement à travers les rangs pressés de leurs auteurs et se contenter de les recommander collectivement à la gratitude des archéologues.

Eugène Massoubre n'était pas érudit de profession; cependant, bien avant la création de la Société du Périgord, il avait donné dans ses écrits de nombreux témoignages de son amour pour l'archéologie nationale. Aussi, bien qu'on ne trouve dans le Bulletin d'autres travaux signés de son nom que les comptes rendus des premières séances de la Société, on sait trop pourquoi son nom vivra toujours dans la mémoire de ses confrères et de ses concitoyens. M. le docteur Galy, son ami,n^avait pas non plus attendu l'année 4874 pour payer son tribut archéologique au Péri-

ir du musée dé parlementai, dès 4862 il en pu- I avec une excellente préface où il rendait homseure de la Société hislorique^t archéologique. le Brantôme, le spirituel curieux, de HonUigne, lettrés du xvi' siècle qui connurent le mieux ait se rencontrer, il s'est rencontré des esprits eux, jaloux de ne pas laisser dépérir ou tomber istiges des âges écoulés. M. de Hourcin, dont la jord a publié de curieux écrits posthumen, le I* Taillefer, l'auteur des Antiquités de Vésone, Lusée de Périgueux, avaient ouvert la route où 'bui à grands pas leurs continuateurs, s de la Société historique et archéologique du de certaines compagnies, qui ont dû jadis leur wrsonnaliLéà éminenLes et actives. A Périgueui, huilât d'un effort commua et soutenu, ainsi que r dernièrement, dans une de ses dernières séande la Section d'archéologie du Comilé, dont je iant une dissertation, insérée dans les mémoires r une Pierre antique portant le nom de Saffa- Périgueux.

lubre, qui avait su réunir tant de bonnet volon- , a pu tomber dès les premiers jours: la Société ploré cette perte; elle n'en a pas été découragée (attaquée moins vaillamment aux plus difficiles '

aile a entrepris l'étude des vestiges des âges pré- 'imposait à son attention par ses célèbres ca ver ns son BuUelin de bonnes notices de M. le docle nsarquis de Fayolle, de MM. Reverdit, Hardy, tomte de Mellct, sur diverses stations primitives, :ains-refuges quo l'on nomme des clvseaux dans des travaux d'en semble, comme h Nomenclature et gisements de l'époque anté historique de la I. de Bosredon, ou le travail de M. Léo Drouyn U mégalithiques du même département, liquités purement gauloises, ou à celles qui dation romaine, elles ont fourni de non moins res, La dissertation sur l'Etlceinte murale de

Vësone, sur rinscription célèbre où bous lisons les noms de Yésone Tutelœ Vesunnœ et la mention Primaniy cette autre où Ton devine la mention de Gybèle la grande Déesse, le mémoire sur une exquise figure de bronze représentant une divinité pantbée, bonneur du cabinet de son beureux. possesseur, M. le docteur Galy, montrent que ce savant ne s'endort pas sur le fauteuil de la présidence de la Société, où depuis sa fondation le retiennent la confiance et Taffection de ses confrères.

Nous trouveroas encore son nom parmi ceux des membres de la compagnie qui s'adonnent à l'élude des monuments du moyen âge et des temps relativement modernes. Cette branche importante de Tarchéologie nationale n'est pas moins bien représentée que les autres dans le Bulletin. J'y signalerai une notice de M. l'abbé Bernazet, avec reproduction en fac-similé de deux belles inscriptions: l'une, remontant à 4494, rappelle la consécration de l'église de Limeuil, Adhémar de la Tour étant évéque de Périgueux et Élie VI Talleyrand, comte de Périgord ; la seconde est datée de 4 230 ; une autre notice, due à M. Tabbé Brugière^ sur une Épitaphe de la première moitié du xii« siècle ; enfin des remarques de MM. Deslignères et Levicomte sur d'autres inscriptions, moins anciennes mais curieuses, qui se lisent sur la maison Franconi, rue de l'Ëguillerie.

On voudrait consacrer quelques lignes aux travaux de MM. Mandin, Dujarric-Descombes, du baron Jules de Yerneilb, du comte de Gumond, de MM. Ch. Durand, de Roumejoux, de Froidefond, Nalet, de MM. les abbés Goustat et Arbellot, de M. de Gérard, etc.; il n'y faut pas songer.

On dira seulement qu'en faisant passer tour à tour sous les yeux du lecteur charmé églises, châteaux, vénérables ou pittoresques, élégants détails d'architecture et de sculpture, comme la porte du château de Puyguilhem, ou les girouettes du château de Jumilhac, ces savantes notices, accompagnées de planches de la meilleure exécution, lui révèlent les richesses monumentales du Périgord, qui seraient restées longtemps inconnues si la Société archéologique n'avait pas pris le soin de les décrire.

Les auteurs de ces notices ne laissent pas oublier les deux épithètes de la Société du Périgord ; et aussi aurais-je dû ajouter à rénumération que Ton vient d'entendre le nom de M. Yillepelet.

Archiviste du département et secrétaire général de la Société,

— Tûtes comptes rendus des séances.Cesconaptesit un historien énidit, mériteraient une menpoîiit de vue de l'archéologie. 11 aurait fallu 8 celte liste te nom de M. R. de Laugardière. t des Essais topographiques, historiques et l'arrondistement de Nontron, répartis dans 'olumes du Bulletin. C'est de l'histoire locale, oit l'être si l'on veut préparer do solides assises oire de l'ancienne France, toujours à refaire luvre des Micbelei, dos Thierry, des Guizot.

iore quelques mots à ajouter à cette trop rapide vices rendus à la science par la Société histoijuedu Périgord.

t est aussi le conservateur du musée départe- ■s sont les fournisseurs attitrés etbénévotes de Ardents promoteurs de fouilles, ils en diri~ t c'e^t au musée qu'ils apportent les dépouilles :iBque3 campagnes. Ce n'est pas assez : la Soiremiëre année de son existeoce, publiait un iologique dont les résultats sont déjà appréciaien fait en publiant régulièrement un volume S. Si je suis bien informé, elle prépare un Dicjphique du Périgord et le Catalogue des mnce, ainsi que celui do ses Monnaies aux franque et féodale. '

'oilï de l'activité I Eti bien. Messieurs, ces qua- Duanges se retrouvent chez toutes les Sociétés en que leur nombre soit grand, ^ouhaitonsa encore. Le croira-t-onî II est, en ce moment, lartements qui ne possèdent pas une seule Sodépartements seraient-ils teintas en noiraut- «8 où l'on suit périodiquement la diminution essanto du nombre des illettrés î Non, Mes- I a manqué à ces départements des hommes les Caumont, les Sansas^ les Massoubre. Heudoit s'en fier â certains symptômes, s'il est erlains pressentiments, les lacunes que nous sle officielle des compagnies savantes ne taraltre, et bientôt, dans chacun de nos départe-

ments, nous verrons s'élever et prospérer une Société savante. Ce jour-là, Messieurs, un nouveau pas, un grand pas, aura été fait dans les voies du progrès.

Uhistoire envahit sur Tarchéologie et Tarchéologie sur rhistoire,de telle façon qu'il est bien difficile de les isoler. Aussi avons-nous à signaler deux ou trois mémoires lus à la Section d'histoire et de philosophie, présidée , par M. Léopold Delisle (secr., M. Hippeau) :

U Abbaye de Voix et la chapelle romane de Notre-Dame de Baulis, par M. Ch. d'ille, de la Société historique d'Aix;

Fourvières et Ainay sous la domination romaine; les premiers Chrétiens à Lyon^ par M. George, président de la Société littéraire, historique et archéologique de Lyon;

Note historique sur les archives communales de Cambrai^ par M. Durieux;

Notice sur le chapitre cathédral de Cambrai, par M. Blin.

M. Hippeau, secrétaire de la Section d'histoire, a lu de son côté un rapport où il fait Féloge des trois Sociétés savantes couronnées au nom de cette Section. Ces trois compagnies sont : la Société d'archéologie lorraine et du musée lorrain, de Nancy ; la Société archéologique de Rambouillet, et la Société académique d'agriculture, sciences, arts et belleslettres de Troyes, qui ont obtenu chacune, comme les trois Sociétés mentionnées au rapport de M. Chabouillet, une récompense de 1,000 francs.

Les réunions, tout à fait à part, des Sociétés des beauxarts des départements, au nombre de quatre-vingts, ont eu cette année beaucoup d'importance. On s'y est occupé de vulgariser l'enseignement du dessin et d'activer les travaux de l'Inventaire général, des richesses artistiques de la France. Sur le premier point, on a entendu un discours de M. Castagnary, fort discuté par la presse, et quelques paroles de M. Edmond About. Sur le second, une allocu-

tion a été prononcée par M. le vicomte Delaborde. Elle fait trop bien connaître l'état de Pinventaire pour que nous nous dispensions de la reproduire en grande partie.

Messieurs, s'écrie l'illustre secrétaire perpétuel de T Académie des beaux-arts, quoi de plus digne de la sollicitude des amis de Tart à tous les degrés ou, si Ton veut, à tous les âges; quoi de plus propre à instruire ou à fortiGer notre jeune fierté patriotique, que ce relevé qu'on a entrepris de faire des richesses delà France? Il n'y a pas là en effet une simple opération de recensement» l'énumération toute sèche d'objets une fois reconnus et étiquetés; il y a, en raison même des informations prises et des indications fournies, un enseignement historique à vrai dire, et un enseignement des plus précieux, puisqu'il équivaut presque à ce qu'on pourrait appeler la biographie authentique de l'art français, depuis sa robuste enfance, au xii*^ et au xiii" siècle, jusqu'à sa virilité tantôt élégante, tantôt majestueuse, souvent changeante dans sa physionomie, mais au fond toujours puissante et saine, au temps des Glouet et de Jean Goujon comme au temps de Poussin et de Pugel.

Vous avez, Messieurs, dès les premiers jours, trop bien compris l'opportunité d'une entreprise aussi utile, et, dans le sens le plus exact du mot, aussi essentiellement nationale, pour qu'il soit nécessaire d'insister devant vous sur la signification qu'elle comporte et sur les conséquences fécondes qu'elle peut avoir.

Ne l'oublions pas pourtant : nous n'en sommes encore qu'aux premiers pas dans la longue carrière que npus avons à parcourir. Un temps d'arrêt ou seulement une apparence de lassitude, un semblant d'hésitation ou de découragement, pourrait tout compromettre, et, à ce sujet, oserai-je vous dire toute ma pensée ? Pourquoi non?

Nous sommes ici entre nous, nous pouvons bien à huis clos nous laisser aller aux confidences sans détour et aux aveux sans réticence. Sommes-nous tout à fait sûrs de persévérer jusqu'au bout dans la tâche si résolument commencée? Sommes-nous bien décidés à ne l'interrompre à aucun moment, ni sous aucun prétexte? Ce qui nous manque parfois, à nous autres Français, dans le champ de l'art ou de l'érudition comme ailleurs, ce n'est certes ni le désir ni le sentiment du bien; c'est Tesprit de suite pour le

faire. Je vous çn conjure donc, Messieurs, j'en conjure aussi ceux qui ont pris l'initiative ou qui ont aujourd'hui la responsabilité de cette bonne et belle œuvre, pas de ralentissement, pas d^ajournement, pas de ces distractions ou de ces froideurs auxquelles on est si facilement tenté de donner raison, en face d'idées nouvelles ou de prétendus besoins nouveaux. Nous avons un devoir nettement défini, un but fixe, des services à rendre aux autres et des engagements envers nous-mêmes à tenir: n^abandonnons rien, ne négligeons rien de tout cela. Qu'il n'en soit pas, par notre faute, de {'Inventaire des richesses d'art de la France comme d'autres projets plus ou moins vastes, plus ou moins généreux, que nous avons vus de notre temps tromper les espérances qu'ils avaient d'abord fait naître et ne recevoir un commencement d'exéqulion que pour entrer bientôt dans une période de langueur, sinon pour retourner au néant.

Les résultats déjà obtenus ne sont-ils pas d'ailleurs de nature à encourager tout le monde : l'administration, nos collaborateurs et nous-mêmes? Il me suffira, pour le démontrer, de rappeler brièvement ce qui a été fait jusqu'ici.

Le premier fascicule du premier volume consacré aux monuments civils de Paris vient d'être publié. Il renferme les monographies de l'Institut de France, par MM. Quiffrey et de Lajolais; du palais des Archives , par M. Guiffrey ; de l'Opéra, par M. Nuitter ; du Palais-Royal et du Théâtre-Français, par M. Chabrol.

Antérieurement à la publication de ce fascicule, deux volumes complets avaient paru. L'un contient les monographies de vingtsept édifices religieux de Paris, dues à la plume de MM. Clément de Ris, Michaux, Guiffrey, Paul de Saint-Victor, Goddé, Gruyer, de Ronchaud, Paul Mantz et Queyron ; l'autre, relatif aux monuments de province, nous donne, entre autres inventaires importants, celui du musée d'Orléans, par M. Eudoxe Marcille; celui du musée de Chalon-sur-Saône, par MM. Destailleur et Lucien Pâté; enfin, celui du musée de Montpellier, par MM. Lafenestre et Ernest Michel.

Aujourd'hui se poursuit simultanément l'impression de quatre volumes, dont deux sont consacrés à l'inventaire des objets d'art conservés dans quelques monuments civils de Paris, deux autres à l'inventaire de nos richesses en province. Le premier fascicule du premier de ces quatre volumes a déjà paru, comme je viens

de le dire. Des deux livraisons qu'il reste à publier, l'une contiendra la description par M. Michaux de quatre-vingts fontaines de Paris, et celle de l'^rc de triomphe de VÉtoile par l'érudit et très zélé archiviste de notre Commission, M. Henry Jouin ; Tauire comprendra les inventaires de la Bibliothèque Mazarine, par feu M. de Sacy ; du Fa/-rfc-Gmce, par M. Ruprich-Robert ; de la Tour Saint-Jacques et du Campanile de Saint-Germain VAuxerrois, par M. Michaux, plus une Table analytique, dressée, comme Tont été celles des tomes précédents, par les soins de M. Chéron.

Le second volume nous donnera les Archives de l'ancien Musée des monuments français, publiées par M. Albert Lenoir, d'après les manuscrits inédits d'Alexandre Lenoir, son père.

Dans le troisième volume prendront place les inventaires du Musée de Nantes, par M. Merson, du Musée de Tours, par M. de Monlaiglon, du Musée d^ Angers, par M. Jouin.

Quant au quatrième volume, on y trouvera les monographies d'un certain nombre de monuments en province, celles par exemple des Archives départementales de V Hérault ^^dit M. de la Pijardière,et de Notre-Dame de Granville, par M.Guiflfrey. A la suite de ces monographies seront insérées cent cinquante notices écrites par M. Edmond Michel, et intéressant les départements du Loiret, de l'Yonne et de Seine-et-Marne. Quelques inventaires encore, relatifs à des monuments des départements du Rhône, des Vosges et de la Seine-Inférieure, s'ajouteront aux inventaires mentionnés ci-dessus, si l'espace disponible le permet...

Vous le voyez, Messieurs, dans le domaine que nous avons entrepris d'exploiter ensemble, ni la terre ni les ouvriers n'ont chômé, et nos collaborateurs de province, aussi bien que nos collaborateurs de Paris, peuvent se rendre cette justice qu'ils ont, comme dit Montaigne, « bien attaqué de prime face et gaillardement entamé la besogne ». Reste à la continuer maintenant, et même, dans une certaine mesure, à en élargir, je crois, Jps conditions.

Ne conviendrait-il pas, en effet, ne serait-il pas avantageux pour tout le monde que vos travaux ne se bornassent pas à la recherche et à la production de renseignements sur les choses, et que les hommes, parfois oubliés ou peu connus, qui les ont faites devinssent, eux aussi, Tobjet de vos préoccupations érudites? Les

^^Êl^x

biographies d'arlistes provinciaux rentrent naturellement dans le cadre de notre entreprise, ou tout au moins elles pourraient s'y rattacher à titre d'annexés. Sans doute des écrits de ce genre ont été envoyés déjà, et quelques-uns ont été publiés dans les comptes rendus des séances annuelles tenues à la Sorbonne ; mais il nous semblerait souhaitable que ces envois, à peu près exceptionnels jusqu'à présent, prissent dorénavant le caractère d'une habitude, et que les documents retrouvés par vous sur un architecte, un sculpteur ou un peintre provincial vinssent plus souvent compléter ce que nous savons de ses ouvrages. Les notices ainsi communiquées pourraient fournir la matière d'une publication spéciale, parallèle pour ainsi dire à la publication do Vinventaire et qui, comme celle-ci, serait offerte aux auteurs et aux bibliothèques des départements.

Dira-t-on que notre ambition va un peu loin, et que ce nouvel appel à votre libéralité court grand risque de ressembler à une sollicitation indiscrète? J'en conviens, nous ne craignons pas de demander beaucoup, nous visons à beaucoup recevoir ; mais, après tout, à recevoir pour donner, puisque vos travaux ne sortent de nos mains que pour revenir, une fois imprimés, d^ns les vôtres, ou pour entrer dans les bibliothèques publiques. Permettez-moi en finissant d'invoquer cette excuse, et j'ajouterai, d'en trouver une autre dans le co|icours même que vous avez bien voulu nous prêter jusqu'à ce jour. Si vous n'aviez pas été, si vous n'étiez pas aussi dévoués à la cause de l'art dans notre pays, si vous n'aviez pas autant à cœur d'honorer tous les souvenirs qu'il nous a légués, de relever tous ses titres de noblesse, je n'aurais eu garde assurément de vous parler comaie je viens de le faire. Au lieu de me préoccuper avec vous de l'avenir, je m'en serais tenu à l'état présent de notre œuvre, et je me serais contenté de constater ce qu'elle vous doit sans prétendre ni rechercher, ni pressentir ce qu'elle pourra vous devoir encore.

Quelques mémoires ont été lus aussi parmi les Sociétés des beaux-arts, et quelques-uns directement ou indirectement consacrés à rarchéologie. Parmi ceux-ci :

Étude sur l'influence des artistes provençaux j et en particulier sur le mouvement artistique et littéraire provençal du

m" au Mil" siècle, par M. Parrocel, qui avait déjà fourni, en 1878, des noies sur les artistes de Provence des r' et n* siècles ;

Sur diverses œuvres de sculpture de l'iglise métropolitaine liAix, par M. de Berluc-Pérussîs ;

Sur te musée de Cahors, par M. Dangé d'Orsay;

Sur le musée de Langres, par M. Brocard, qui avait, l'an dernier, résumé l'histoire de la Société archéologique de cette ville ;

Sur l'histoire de l'art dans les Flandres et sur la tapisserie de haute lisse à Arras avant le xv* siècle, par M. l'abbé Dehaisnes. ■■

Un rapport du premier secrétaire, M. Jouin, est venu à son tour résumer les travaux de la Section des beaux-arts. Il porte « sur les questions d'art étrangères à l'enseignement du dessin u, et se divise en quatre parties traitant successivement des musées, des expositions d'art en province, des Sociétés et de l'Inventaire général ; sur l'Inventaire, il a été peu ajouté aux renseignements que fournissent les communications de M. Delaborde.

Nos lecteurs ne s'attendent pas sans doute à trouver à' la suite de ce compte rendu des réunions de la Sorbonne un écho lointain des polémiques auxquelles ont donné lieu, parmi les journaux et les revues, certains discours, certaines tendances manifestées, le principe du patronage des Sociétés savantes ou artistiques et de l'art lui-même par le gouvernement. Nous ne pouvons à chaque instant, surtout pour des questions trop politiques pour être réellement archéologiques, nous détourner de notre objet primordial, qui est d'aider aux recherches des hommes studieux. Nous nous tenons pour satisfait de ce rôle relativement modeste que nous impose la nature de notre œuvre, et si nous en sortons quelquefois, ce ne sera pas

du moins à propps des occupations des Sociétés savantes ou de leurs rapports avec TÉtat *.

Nous nous permettrons cependant un petit commentaire sur une remarque déjà faite en 1878 et renouvelée en 1879, par M. Jules Quicherat. Cette remarque, depuis qu'elle a été présentée pour la seconde fois, a pris un caractère frappant d'actualité par la mort de VioIlet-le-Duc, le grand champion, auprès du xix** siècle, de Tarchitecture ogivale ou gothique. Le savant directeur de l'École des Chartes, qui tient lui-même iin des premiers rangs parmi les défenseurs de nos vieilles traditions artistiques, adjure les Sociétés savantes de relever parmi elles et en dehors d'elles rétude des monuments du moyen âge, « dont on ne s'occupe pour ainsi dire plus, et sur lesquels il y aurait tant à dire si l'on voulait les aborder avec les moyens d'exploration et de vulgarisation que l'on possède aujourd'hui, et qui firent défaut à nos devanciers ». Jamais recommandation ne fut plus opportune et ne devrait être plus souvent réitérée. Comme nous le faisions observer, en 1878, dans une note qui nous a valu de chaleureuses adhésions (7. V Annuaire de V archéologue français, t. II, p. 131 et suiv.), l'antiquité nous vient, par les découvertes incessantes qui se produisent, et le moyen âge monumental nous fuit, par les destructions ou les travestissements qui nous en enlèvent les meilleurs types. Et le moyen âge nous fuit, disions-nous encore, après avoir été à peine effleuré par l'érudition, saijs avoir inspiré une œuvre réellement vaste et magistrale, sans avoir obtenu droit de bourgeoisie au sein de l'Institut de France, dispensateur de la célébrité

1. Les personnes qui désireraient s'éclairer à cet égard consulteront avec fruit TexceUent ouvrage intitulé : V Institut et les Académies de province, par M. Francisque Bouillier. Paris, L. Hachette : 3 fr. 50 centimes (1879).

! OU artistique. Il n'est que temps de l'embrasser tes ses évolutions et dans tous ses détails avant us échappe sans retour. La perte si funeste de 1 qui avait le plus pénétré cette phase importante ■es intellectuel, Viollet-le-Duc, nous appelle à de K efforts. Nous ne saunons trop le répéter, s-Duc, malgré ce que promettaient le titre, le e développement considérable de son Dictionnaire

de, tarchitecture française, est fort loin d'avoir i matière ; il reste à dire sur les monuments du ge beaucoup plus qu'il n'a dit dans toutes ses pus réunies, et mieux qu'il n'a dit en de nombreux . Les pouvoirs publics semblent depuis quelques ouloir assumer la direction d'un mouvement dés l'exploration scientifique des vieux souvenirs X. Que cette direction officielle soit un bien ou un elle ait ou non des garanties d'efficacité, elle n'en j moins un exemple précieux, donné pour la pre- 18 dans la patrie de l'architecture ogivale, et les savantes n'ont que de l'honneur à recueillir en le

Sans comprimer l'initiative individuelle, sans 'élan presque irrésistible et parfaitement légitime : la plupart des érudits vers l'archéologie souteres ramèneront facilement l'attention sur le moyen itique, par des questions proposées durant les

par des rapports, par les programmes de leurs . Ainsi pourra être reprise et complétée l'œuvre I par Arcisse de Caumont et Viollet-le-Duc, œuvre nécessaire et à la gloire pariiculiére de la France Dire de l'esprit humain.

. Assemblée générale de la Société de l'Histoire

9 juin. — Séance générale de la Société de Saint-Jean pour Tencouragement de l'art chrétien, à Paris, sous la présidence de M. le duc de Brissac.

10-25 juin. — Excursions archéologiques, troisième ^nnée. — Comme les Congrès archéologiques, ces excursions annuelles sont organisées par la Société française d'archéologie. Elles ont eu pour théâtre, en 1879,1e Limousin. Voici, dans l'ordre chronologique, les localités et les principaux monuments visités :

1<> Limoges, sa magnifique cathédrale des xia*», xiV et XV® siècles, en voie d'achèvement ; ses églises Saint- MicheldeS'Lions et Saint-Pierre^ bizarres monuments des xin« et XIV* siècles; son remarquable pont Sainte Éitienne , du xni® siècle ;

2® La belle collégiale de Saint-Junien, du xii® siècle, et le somptueux tombeau roman qu'elle renferme ; le pont du XIII® siècle jeté près de cette ville sur la Vienne et à l'entrée duquel s'élève uiie jolie chapelle bâtie par Louis XI ; les ruines romaines de (^/icwsenon, l'antique Cassinomagus;

3® Uéglise (xif et xv® siècles) et surtout le château (xv® siècle) de Rochechouart ; les églises romanes de Saint- Mathieu et des SalleS'Lavauguyon; le château ruiné de Lavaugwyon (xv* siècle) ; le château de Montbrwn, du XV® siècle, dont une des quatre grosses tours rondes enveloppe à sa base le donjon primitif, du xif siècle, remarquable par ses mâchicoulis à corbeaux, les plus anciens peut-être qui existent; les deux donjons de Chalus, petites tours cylindriques dont Tune, située sur une éminence, fut l'objet du siège fameux où Richard Cœur-de-Lion reçut une blessure mortelle, en 1199 ;

k^ Les ruines du château de Lastours (xu® siècle) ; le château de Bonneval (xv* siècle) ; les restes du prieuré du

Chalard, son tombeau et son reliquaire^ le tout du xif> siècle; Saini'Yr'eix et son église des xu* et xni* socles;

5® Nexon, son éj/ise romane et son busle-reliquaire du xm* siècle ; Vabbaye de Solignac et ses coupoles byzantines ^ ; les admirables ruines du château de Chalusset {xjf et xui« siècles), résidence des vicomtes de Limoges;

6® Les musées et les anciennes maisons (xnr®, xv* et xvf siècles) de Limoges ;

7® Eymouliers^ sa belle église abbatiale des xi® et xv* siècles, moins intéressante encore par son architecture que par ses reliquaires et ses splendides vitraux; l'importante église romane de Saint-Léonard ;

8° Ambazac, dont Véglise , des xn* et xv® siècles , renferme la perle de Torfévrerie limousine et peut-être de toute Torfévrerie du moyen âge, la châsse (xii** siècle) de saint Etienne de Muret, fondateur de Grandmont;

9" Le Dorât et sa collégiale du xn® siècle, dont le clocher est un chef-d'œuvre d'architecture limousine; Château- Ponsaty son église romane et Y inscription romaine eacdiStrèe dans son vieux pont;

10*^ Guéret, son bel hôtel du xyf siècle, prétendu palais des comtes de la Marche, qui n'ont jamais résidé à Guéret^ son exposition rétrospective, son église , en reconstruction ; le Puy-de-Gaudy et son enceinte vitrifiée (7. V Annuaire de Varchéologue français de 1879, p. 172) ;

11® Le Grand-Bourg et son tombeau du xuf siècle, renfermé dans une église de la môme époque; Bénévent-V Abbaye^ dont l'intéressante église^ du xn« siècle, a perdu en partie

1. On sait que cette abbaye, où furent moines saint Éloi et son disciple saint Tillon, les plus habiles ciseleurs de leur siècle (le vu*), fut le berceau de la grande école d^orfèvrerie limousine, dont les productions sont encore si nombreuses dans les départements de la Haute- Vienne, de la Corrèze et de la Creuse.

— Bison caractère limousin dans de récentes restaurations;

12*^ Bourganeuf et sa tour féodale dite de Zizim, du nom du prince turc que Ton y enferma en 1484 pour en débarrasser le sultan Bajazet II ; Felletin, son église du xv" siècle, et sa lanterne funéraire (transplantée dans le nouveau cimetière) ; le Moûlier-Rozeille et sa collégiale du xn* siècle ;

13^ Âubusson, ses manu factures de tapisserie^ déjà célèbres au moyen âge, et les ruines de son château du xii* siècle ; Ahun^ son église romane et sa crypte ; Vèglise du Moûtierd'Ahun, son chœur roman, sa nef à ciel ouvert du xv« siècle, au portail élégant, ses boiseries du xvn« siècle, production de sculpture d'un incontestable mérite ; Vrglise de Chénérailles, du xin' siècle, et le tombeau (1300) de son reconstructeur, le prêtre Barthélemi de Plathier, si curieux par ses sculptures représentant le jugement. particulier du défunt;

14** Chambon-sur-Youize et son église du xi« siècle, le plus vaste "monument roman de tout le Limousin, trait d'union entre les écoles limousine et auvergnate ; Évaux, dont Vèglise romane, aussi considérable que celle de Chambon, a été en majeure partie reconstruite au xvu* siècle, dans un style ogival peu gracieux, en même temps qu'un artiste habile sculptait dans le goût classique des boiseries presque aussi remarquables que celles duMoûtier-d'Ahun;

15*^ Boussac, son château du xv* siècle et ses tapisseries desxv'' et xvi® siècles (quelques-unes avaient, été apportées au Trocadéro en 1878) ; les églises romanes de Nouziers et de Malval, cette dernière récemment signalée et décrite par M. G. Callier,dansle Bulletin monumental, et par M. P. de Cessac (brochure in-12) ;

16° Les pittoresques ruines du château de Crozant; le donjon de Bridier, belle tour cylindrique du xiv' ou du XV* siècle; enfin les dQMX portes fortifiées (xv« siècle), et

Vèglise de la Souterraine^ ce dernier édifice non moins curieux par sa tour occidentale que par le plan de son chœur du xiii* siècle, rappelant lès églises cisterciennes.

Outre Pavantage d'avoir été parfaitement remplie, l'excursion archéologique de 1879 aura encore, selon nous, deux résultats dignes d'attention. Le premier sera de révéler à plusieurs érudits et de confirmer au plus grand nombre Timportance et la valeur artistiques de l'orfèvrerie limousine et de la rendre aussi célèbre qu'elle mérite de l'être. Le second sera d'avoir mis le doigt sur une école d'architecture que les architectes officiels méconnaissent et effacent, que les archéologues démembrent entre les écoles de l'Auvergne et du Poitou, et qu'il n'est que temps de voir prendre son rang dans la géographie monumentale de la France du xii* siècle.

Les maîtres maçons du Limousin ont su avoir autant d'originalité que ses orfèvres ; cette vérité, nous l'espérons bien, ne sera plus à démontrer maintenant.

k mai. Réunion publique annuelle de la Société des études historiques, à Paris, et distribution des récompenses. (7. ci-dessous, IX* partie.)

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