juin. Congrès annuel des architectes, à Paris
!•*• juillet. Excursion de la Commission historique du Nord à Honnecourt (clocher roman), aux ruines (xii* et xiir siècles) de l'abbaye cistercienne de Vaucelles et au chà* teau d'Esnes (xiv* et xvi* siècles).
25-30 août. Congrès des Sociétés savoisiennes , à Annecy; excursions géologiques et archéologiques.
28 août- 4 septembre. 8® Congrès de la Société pour l'avancement des sciences, à Montpellier, sous la présidence de M. Bardoux (secrétaire, M. le marquis de Saporta). Le 30 août, excursion à Nîmes et à Aigues-Mortes. — Après
— sale Congrès, plusieurs membres sont allés visiter, sous la conduite de M. de Cartailhac, les dolmens de rAveyron.
2-7 septembre. Congrès archéologique de France (46* session^), à Vienne. — Vienne, une de nos vieilles cités secondaires les plus peuplées de souvenirs et de monuments, n'avait pas encore vu se tenir dans son sein les grandes assises annuelles de Tarchéologie. L'oubli immérité d'Arcisse de Caumont vient enfin d'être réparé par son successeur, M. Palustre. Les autorités et la population, par leur empressement, ont montré qu'elles aussi appréciaient l'étude de l'antiquité et comprenaient les précieuses ressources qu'offre leur ville à cette branche importante des sciences historiques. Sans parler toutefois ni des fêtes ni des compliments de bienvenue ou d'adieu, nous passerons tout de suite aux résultats durables, aux travaux qui ont occupé le Congrès. Nous suivrons le guide le plus autorisé en cette matière, le Bulletin monumental,
« L'étude des époques dites préhistorique et gauloise a été largement traitée, dans divers mémoires ou communications, par MM. Nicolas, Ollier de Marichard, Cl. Brouchoud, Florian Vallentin, Morel et A. de Maret. M. de Marichard s'est particulièrement attaché à reconstituer, d'après de nombreuses découvertes, VHistoire du peuple helvien^ dont le nom n'est mentionné, pour la première •fois dans l'histoire, que 118 ans avant Jésus-Christ. C'est sur les bords du Rhône que ce savant archéologue trouva les premières traces de l'homme préhistorique. 11 pense que ces grottes de l'époque moustérienne sont de la fin de la période quaternaire. Il a successivement suivi cette
1. Dans le huitième volume de notre publication, nous donnerons la liste des cinquante premiers Congrès tenus par la Société française d*archéologie.
issante pendant toutes les périodes des âges u bronze et du fer, jusqu'au moment où, par tnent progressif et des alliances nombreuses 3 diverses qui sont venues lui disputer son ivec lesquelles elle a fini par se confondre, nue à former le peuple belvien, mentionné
m Vallentin s'est plus particulièrement ocenneté de l'homme dans le Dauphinè. Les plus ces remontent à la dernière époque de la lilhique (Rosans, Clansayes, Crémieu, etc.).
1 suivre le mouvement des glaciers. A l'épole, les traces de l'homme se trouvent dans les du Dauphinè et assez fréquemment dans 1 Buisae, rÉchaillon, etc.). Le bronze, introimmerce italien à travers les cols des Alpes ers, la Fare), fut ensuite exploité dans le ncelin, la Poype, Vaugris, etc.). U se forma lodanienne. Le fer fut probablement importé comme le bronze, par les populations protocette période protohistorique se rattachent mbre de nécropoles dans la partie monta- : supérieure de la Durance, de la Romanche, etc.), qui constituent par leurs caractères 'pe particulier à cette région, mémoire adressé au Congrès et accompagné ! nombreux dessins, M. A. de Maret, profiue le programme n'était pas précisément gion du sud-est de la France, a fait contant résultat de ses fouilles dans la grotte rd, sur les bords de la Tardoire {Charente), t venu confirmer d'une manière éclatante la des différentes périodes de l'âge de la pierre.
« Les questions de topographie ancienne excitent toujours le plus légitime intérêt. Elles ont eu la bonne fortune d'être développées avec la plus haute compétence par M. Cl. Brouchoud. Il faut rappeler aussi que la municipalité de Vienne avait, de son côté, heureusement facilité une partie de cette étude, en faisant mettre à découvert des tronçons de voies romaines qui passaient près de la rive gauche du Rhône. Le travail de M. Brouchoud sur ces voies sera assurément Tun des rapports les plus importants du compte-rendu général du Congrès. Seulement, les partisans du tumulus funéraire de Solaise pourront peutêtre bien en vouloir à cet archéologue d'avoir dépouillé ce monticule de son caractère de tumulus à sépulture, pour n'en faire tout simplement qu'une éminence élevée sur ce point pour marquer la limite des deux territoires allobroge et ségusiave. N'oublions pas de mentionner que M. Brouchoud avait eu le soin de publier et de distribuer, à l'appui de ses développements topographiques, une carte donnant les limites de VAger Octaviensis, ainsi dénommé parce que la huitième pierre milliaire était placée sur son territoire. L'une des conclusions de cette étude détruit l'identification de VOctavum des anciens avec le village de Saint-Symphorien. L'emplacement d'Octavum concorderait avec celui de Sérézin.
« M. Caillemer, le savant doyen de la Faculté de droit de Lyon, qui n'avait pu assister aux premières séances du Congrès, a bien voulu, le vendredi, reprendre la question des voies romaines, au point de vue de certaines particularités de construction nouvellement observées. On sait de quelle puissance d'attraction est douée la parole de l'éminent professeur. Aussi tout l'auditoire a-t-il été charmé de l'entendre disserter sur ces routes qui, dans leur parcours à travers des surfaces rocheuses, étaient munies de
artificielles destinées à recevoir les roues des ir en faciliter la traction. De la sorte étaient cônes voies grecques. Des procédés semblables au- 'i en usage dans les Gaules, témoin les voies l'omières que l'on observe à l'Oisans, en Dau- [f le plateau de Trochalz, près de Besançon, et 11 Val de Fier, entre Rumilly et Seyssel.
ne connaît l'importance de plus en pins considé- . questions de céramique? Les poteries apparais- ^but de toutes les civilisations, el ces objets, tout industriels et artistiques, rappellent excellem- X qui, successivement, se sont le plus appliqués r l'union de l'utile à l'agréable. M. E. Réca- (C cette distinction et cette facilité de Jangage qui itre ses communications toujours trop courtes, a intéressé l'auditoire de la première séance, en lant de l'origine des vases trouvés à Vienne. C'est nt à la fois des nombreux types fournis par les e Lyon et de Vienne, et par ceux de sa riche coljue le savant archéologue a cru pouvoir établir e à Vienne d'une fabrique spéciale, distincte de Lyon, Assurément, les futurs lecteuA du compte néral du Congrès rechercheront spécialement une cation où l'on a su utiliser les ressources des !S branches de l'archéologie, principalement de la tique et de l'épigraphie.
prit pénétrant de M. Récamier ne pouvait parler amique de Vienne sans y rattacher d'autres quesdes pour lesquelles la décoration des vases fouricieux renseignements. C'est ainsi que, d'après antiques, puis d'après les médailles, il a étudié ents incidents des courses qui, en Gaule aussi n Grèce, constituaient une des principales fêtes
populaires, et étaient, de préférence aux combats de gladiateurs, le divertissement favori de nos ancêtres.
« Ces observations ont amené naturellement la question de Fancien cirque de Vienne dont l'obélisque, qui surmontait la spina, se voit encore aujourd'hui dans la pyramide dite le Plan de TAiguille, et qui a été le sujet d'une visite de la part du Congrès.
« Mais Pétude des antiquités de la ville de Vienne est une mine inépuisable. 11 y a celles qui sont apparentes, celles qui sont cachées sous le sol et ne paraissent que dans les grandes circonstances, et celles qui ont disparu. Grâce à MM. Bizot, Quenin, Le Blanc, grand nombre de particularités ont pu être discutées à l'aide des communications et des dessins que ces archéologues ont présentés.
tt Les édifices qui ont disparu ne sont pas ceux dont on parle le moins. Les discussions sur les emplacements de l'amphithéâtre, du théâtre, du cirque, du temple de Mars, en fournissent la preuve. En somme, rien n'est moins certain que la position de l'amphithéâtre là où l'avait établie, en 1732, l'antiquaire Schneider, au pied du mont Pipet, derrière la place actuelle, faussement dite du Cirque. Les observations présentées à ce sujet, après deux visites des lieux, par MM. Desjardins, Palustre, Gauthier-Descottes et autres membres du Congrès, tendent à retrouver plutôt dans cet endroit, où se voient encore des substructions de forme circulaire adossées à la montagne,* la place du théâtre qui avait été précédemment indiquée plus à droite, de Tautre côté du chemin descendant de Pipet
« De tous les monuments de Vienne, le temple d'Auguste et Livie occupe incontestablement le premier rang, tant au point de vue de sa bonne conservation qu'à celui de son illustre origine. Avec ceux d'Ancyre et de Pola, il est le seul des temples d'Auguste que l'antiquité nous ait
IranamiB. C'est un type à part comme forme. Par les murs en retour qui, vers le fond, se trouvent sur le prolongene des colonnes latérales, il appartient en à la catégorie des temples à anles; par la s colonnes parallèles au mur de la cella, il se X temples périplères ; mais il n'est ni l'un ni struction de ce noble édifice semble avoir tribuée, sans conteste, au règne d'Auguste.
nion est-elle soutenable après un examen }1î1b, des chapiteaux et de quelques autres 1 remarque une certaine lourdeur, une cerde la pureté des formes caractéristiques de W. Tony Desjardins, l'éminent architecte, ne tre, et rapporterait, avec d'autres archéoloistructioo à la fin du i" siècle, sans porter entendu, au sens de l'inscription qui en 5dicace.
tron(^ns de colonnes cannelées avec leurs iment découvertes, sous la Grande-Rue, en a égout, ont révélé l'existence d'un monuit qui n'avait jamais été soupçonné. Aussi ie nne ne saurait trop remercier la municipasqu'à son arrivée, conservé en évidence, onvénients qui ont pu en résulter pour la i vestiges d'un des plus beaux ornementa' ;é.' L'opinion émise par M. le directeur de çaise d'archéologie, que ces colonnes avaient le basilique, a été généralement adoptée, ipposition d'un temple à antes dont ces coït précédé la porte, comme à celui de Verpas non plus invraisemblable. Celle aussi dépendant des abords d'un bassin d'embar- ; du nhdne, a trouvé des partisans dans
M. Bizot et autres membres du Congrès. Évidemment, des fouilles seraient nécessaires pour éclaircir le problème. Mais des maisons s'élèvent des dçux côtés. Espérons cependant que sur la place voisine, devant l'église Saint- Maurice, des travaux d'excavation pourront, un jour, jeter la lumière sur la question.
« Les monuments d'utilité publique de l'ancienne cité de Vienne sont largement représentés par les vestiges des aqueducs qui, grâce à quelques restaurations, alimentent encore la ville moderne d'eaux abondantes et d'excellente qualité. Le Congrès a consacré une excursion à l'examen de ces vestiges. Dans ce but, il s'est rendu d'abord à Gemens, à cinq kilomètres de Vienne, et a suivi, de là, dans la charmante vallée de la Gère, les trois lignes parallèles des anciens conduits, tantôt apparents, tantôt souterrains, établis sur le versant d'un coteau boisé dont ils suivaient les sinuosités, ce qui les dispensait de franchir des vallées sur des arcades. Cette visite, d'un intérêt tout spécial, a fourni le sujet d'ingénieuses observations à M. Gauthier- Descottes, dont la compétence en hydrographie ancienne est bien connue, depuis la publication de son travail sur les aqueducs d'Arles....
« De tous les sous-sols romains de la France, celui de Vienne est peut-être le plus riche en mosaïques, si bien que ce genre de décoration suffirait à lui seul pour justifier l'épithète omatissima, attribuée par le discours de Claude à la vieille cité. Bientôt le musée Saint-Pierre verra son pavage formé de pièces de mosaïque trouvées dans différentes fouilles. 11 en est une aussi conservée au Champ de Mars, à deux mètres sous terre, et que l'administration municipale avait eu l'attention de faire découvrir pour que le Congrès pût l'examiner à son aise. Les couleurs en sont vives et le dessin remarquable. Le sujet central figure
ouant de la lyre avec le plecli'um, et tout autour ient des animaux, un cheval, un lion, etc. Il est nt de rapprocher cette représentation de celles ) genre qui se voient, en France, au musée de
en Sicile, à Palerme.
:élôbre table de Claude, qui est l'un des plusprénuments du muaée de Lyon, a fourni à M. Cailleujet d'une brillante communication. L'orateur a irtir l'intérêt de ce document historique qui, jusient, n'a pas été étudié avec toute l'attention dé- !t qui, par la laideur des vues, en fait d'adminisolitique, exprimées dans ce texte, contiendrait les une aorle de réhabilitation de l'empereur Claude. Florian Vallentin a entretenu le Congrès de l'inromaine découverte cette année à Grenoble et déjà l'état d'événement épigraphique. Elle est relative on d'un monument à Claude 11, le Gothique, en un corps de troupes cantonnées à Grenoble, sous landement de Julianus Plactdianus, préfet des Vii devint plus tard préfet du prétoire et ensuite in 273, Cette inscription se rapporte à une expé- ■éparée contre Télricus, qui ne put avoir Heu à
l'invasion des Goths; elle apprend que Grenoble bonnaise, ou plus probablement la partie montae cette province, étaient restées sous ladomination ereurs d'Italie, n
rtisan que l'on soit du moyen âge, ou ne saurait dre de le voir Telégué au second plan dans une ime Vienne. 11 y conserve pourtant aussi d'assez ouvenirs: d'importantes ruines de fortiûcations i un des édifices cariovingiens, Saint-Pierre, les Tessants de la France; l'église Saint-André-le-Bas, 1 curieux du n- siècle, voûté et en partie rhabillé
au xii« siècle ; enfin la cathédrale Saint-Maurice, dont la somptueuse façade des xv*" et xvi* siècles est moins remarquable peut-être que les grandioses proportions de Tintérieur, les incrustations rouges des frises des absides, le caractère bourguignon et par conséquent un peu galloromain des piles et des arcades les plus anciennes, les galeries romanes qui surmontent si bizarrement les chapelles gothiques de la nef, les sarcophages et les œuvres d'art que Téglise renferme, etc. Tout cela a été visité, examiné, discuté; et, non content des sujets d'observation que lui offrait la ville de Vienne, le Congrès, non sans fruit, est allé en puiser de nouveaux auprès de Téglise de Saint-Antoine, la merveille, avec Saint-Maurice, de Tarchitecture ogivale en Dauphiné. Après la session, un grand nombre de membres sont encore partis visiter l'église romane de Champagne, le château de Chabrillan et les' monuments de Valence. Le château de Mantaille, berceau du royaume de Provence au ix* siècle, et un peu plus tard des Dauphins de Viennoi-*, n'a pu voir les savants excursionnistes arriver sous ses murs ; mais il a trouvé un monographe, M. Gauthier-Descottes, qui, après en avoir entretenu le Congrès, en prépare une longue notice pour le volume des comptes rendus.
On voudrait en vain, dans cette rapide revue, signaler tous les travaux par lesquels des archéologues avaient bien voulu répondre à l'invitatiop du Congrès.
Rappelons cependant encore :
Les communications de M: Gustave Vallier sur la sigillographie, la numismatique et l'épigraphie du Dauphiné, sur Tarmorial et les sceaux des grands-maîtres et abbés dé Sainl-Antoine, sur les méreaux de Vienne, l'épigraphie campanaire de l'Isère et quelques peintures murales;.
irvations de M. Chanliaux sur la Céramique de
imunications de M. Bresson sur les Aqueducs
Vienne et de Lyon;
»ant travail de M. Morins-Pons Sur une mé-
i de Bourgogne, archevêque de Vienne ;
ire de Saint-Anloim , par M. Advielle ;
nple de Détaignts (Ardôche), par M. Froment, etc.
!S récompenses décernées au nom de la Société
archéologie, les plus importantes sont quatre
e vermeil, grand module, qu'ont reçues :
ih Le Blanc, pour ses recherches archéologiques
de Vienne ;
m Bégule, pour sa mOD(^aphie de la cathé-
on;
him da Silva, de Lisbonne, pour son Précis
le;
é Balestra, de Côme, pour ses travaux sur l'ar-
ombarde et ses bonnes restaurations.
ire. Concours, à Orléans, pour une série de ésentant la vie de Jeanne d'Arc, à exécuter pour e. Le projet couronné est celui de M. Lorin, de li est chargé de la fabrication.
abre. Exposition, en partie rétrospective, de la amis des arts de Saint-Quentin.
mbre. Séance pnbliqna de l'Académie des a et Belles-Lettres. — M. Mariette y a lu un ir les questions relatives à l'Egypte et les noues à exécuter.
oiie n'a pas décerné de médaille cette année, es présentés s'ayant pas eu une valeur suffi-
santé. La première mention a été accordée à M. Henri Delpech pour son Étude sur la bataille de Muret et la tactique de la cavalerie au xni' siècle,
MM. Barclay Head et Fr. Lenormant se sont partagé le prix Allier de Hauteroche, l'un pour la 3« partie de son The international Numismata orientalia, Tautre pour son étude en 3 vol. sur la Monnaie dans V antiquité^
Le prix Bordin, sur les antiquités assyriennes, n'a pas été décerné.
Explorations, fouilles, découvertes.
Novembre 1878. Découverte d'un squelette enveloppé dans un cercueil de cuir, dans la cathédrale d'Autun. On croit que le personnage était un seigneur de Montjeu.
Décembre. Découverte, près d'Albert (Somme), de 5>400 pièces d'argent françaises, royales, féodales et communales, de la première moitié du xu« siècle.
10 décembre. Découverte de monnaies romaines du m' siècle à Luxeuil. (F. la Revue archéologique, déc. 1878.)
Fin de 1878. Découverte, dans les environs de Rabastens, près de Guiddal et de Grazac, des objets suivants : 25 haches taillées, 38 disques à facettes, 18 pierres de fronde, 100 hachettes polies, 14 pointes de flèches, 30 silex taillés, 35 polissoirs. {Revue du Tarn, avril 1879.)
Découverte d'un bain sacré des premiers siècles chrétiens, à Angers ; ces précieux débris, après avoir été longuement étudiés, ont été recouverts et l'emplacement rendu à l'administration municipale. (F. le Bulletin monumental, XLV, 102-115.)
Mai. Découverte de monnaies gauloises à Moirans.
27 août. Découverte, à Jublains (Mayenne), de 4620 médailles ou monnaies romaines, de Gordien, Phi-
lippe, Valérien, Posthume, Claude, Tétricus, Victorin, etc.
Novembre. Découverte, à Apremont, près de Gray, d'une importante sépulture gauloise renfermant les débris d'un char à quatre roues, divers objets en or, tels que fibules, collier, coupe, et des perles d'ambre. — Près Plogastel-Saint-Germain (Finistère), découverte, par M. Paul du Châtellier, d'une sépulture mégalithique (six poignards en bronze, flèches en silex, pointe de flèche en cristal de roche, superbe bâton de commandement en pierre polie).
Découverte et exploration d'un camp celtique, avec restes de murs en pierres sèches, entre la courbe du Châtelard et la rive gauche de l'Arve, près de Servoz (Haute- Savoie). Voir la Revue savoisienne du 31 août.
La démolition de la vieille église de Gourdan (Haute- Garonne) a mis au jour plusieurs inscriptions romaines fort intéressantes. La plus belle, qui avait servi à former un pied-droit, a été brisée verticalement, la partie conservée a été partiellement retaillée, et il ne reste aucun espoir de reconstituer ce document épigraphique. Trois inscriptions, une lettre à part, sont intactes et fort lisibles. Nous en donnons le texte d'après la communication d'un érudit, M. l'abbé Lacroix, supérieur du séminaire de Polignan; les deux premières avaient déjà paru dans h Revue épigraphique de M. Allmer; la troisième est absolument inédite.
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Novembre. Découverte, suivant les journaux, d'une statue de Vénus, à Nîmes. M. Tingéaieur Lenthéric, si connu pour ses excellents travaux d'érudition sur la Provence antique, a bien voulu, à notre demande, nous transmettre des renseignements précis sur cette trouvaille, qui, en réalité, remonte à cinqou six ans. Seulement on n'avait pas encore eu l'idée, avant 1879, de rassembler les 103 fragments qui formaient cette statue, et auxquels on n'avait d'abord prêté aucune attention. Voici un extrait de l'important article inséré par le même savant dans un journal de Nîmes {le Midi, 29 déc. 1879).
La statue est en marbre blanc, elle mesure 4'",35 de hauteur; elle est donc un peu plus petite que la célèbre Vénus de Médicis (i'",506), qui orne la tribune de Florence.
C'est une jeune femme demi-nue, ou plutôt une jeune Glle, car les formes sont assez sobres et n'ont encore rien perdu de leur élasticité juvénile. Elle est debout, la partie médiane du corps voilée, le torse et la tôte un peu portés en avant, dans l'attitude si fréquemment reproduite par les statuaires de toutes les époques. Les deux bras sont ramenés sur le devant du corps, Tun vers la poitrine, l'autre sur le ventre; c'est la pose classique et connue de toutes les Vénus que l'on appelle Pudiques, bien que les mains ainsi placées ne cachent absolument rien et semblent plutôt une indication qu'une défense.
La tête est coiffée à la grecque, les bandeaux sont enroulés très simplement autour des tempes, les cheveux légèrement rele* vés sur le sommet, comme ceux de ta Vénus d'Arles, et maintenus par une sphendonë lisse et sans ornement.
Le bras droit est cassé et n'est plus adhérent au tronc; on n'en a retrouvé qu'un fragnient très mutilé et privé de la main ; il était fixé à l'épaule par un petit tenon en fer intérieur qui s'est brisé, et dont l'oxydation a coloré en rouge le membre séparé.
On ne saurait beaucoup regretter cette mutilation, car elle a dégagé le torse qui présente une aisance et une souplesse charmante, et remet au premier plan une poitrine jeune, aux soins un
peu inégaux par suile de la légère inflexion du corps, et d'un modelé véritablement exquis.
L'autre bras est intact; il s'abaisse fort au-dessous de la ceinture; la main semble vouloir soulever la draperie et découvrir les jambes. Cette draperie est au-dessous du médiocre, et il est fort probable qu'elle a été abandonnée à la main inhabile de quelque praticien vulgaire. Le vêtement est indéfinissable; ce n'est ni Vhimation, ni la calyplra antiques, aucun pli n'est dans le sens du mouvement du corps, et le Bernin, même dans ses plus mauvais jours, n'a jamais fait flotter, autour de ses statues, do vêtement plus tourmenté et d*un goût plus détestable. La jeune femme n'est ni drapée, ni enveloppée, elle est réellement entortillée sans raison dans un véritable paquet d'étoffes bouffantes qui laissent heureusement voir les pieds et une grande partie des jambe^:. Ceux-ci, traités avec beaucoup de finesse, présentent des contours très délicats, une grande souplesse dans les attaches et les articulations, et sont évidemment du même ciseau que le torse et la tête.
Le dessin incorrect et le style maniéré de la draperie déprécient l'ensemble de l'œuvre; ils ont même l'inconvénient assez grave de donner un peu le change sur son authenticité et de rappeler par certains côtés les statues allégoriques du xvu® siècle. Mais un examen attentif, et surtout l'ensemble des circonstances dans lesquelles la statue a été découverte, ne permettent pas de douter que ce ne soit un véritable antique.
Nous avons dit qu'elle avait été exhumée à deux mètres de profondeur ; c'est exactement à Nîmes le niveau de la ville romaine. De plus, tous les débris étaient entourés d'une sorte de concrétion calcaire fort dure qui dénotait un séjour de plusieurs siècles sous terre. 11 serait d'ailleurs absolument inexplicable qu'une statue remontant seulement à deux cents ans ait été enfouie sans raison au milieu d'une rue de la ville et qu'on en ait retrouvé ainsi tous les fragments mutilés et presque sur place. Nous ajouterons enfin que les lignes générales du vêtement sont exactement les mêmes que celles de plusieurs statues antiques d'Arles (les statues des Danseuses en particulier) et même de Ntmes ; ce sont les mômes contours arrondis, les mômes enroulements prétentieux, et cette étude comparative ne permet pas de douter que tous ces marbres n'appartiennent à la même école.
Les draperies entr'ouvertes ou soulevées sont toujours un artifice d'un goût douteux et qui répugnait, on le sait, à la plastique sévère des maîtres grecs de la bonne époque. Leurs corps étaient nus ou voilés, mais toujours chastes et nobles, souvent rigides et d'une beauté sereine et tranquille.
La jeune Anadyomène de Nîmes, malgré sas réelles qualités, paraît être, au contraire, une œuvre maniérée de la décadence ; elle appartient, très probablement, au m® ou même au iv^ siècle. Tout le prouve : sa grâce facile et délicate, à laquelle se mêle une certaine pointe d'afféterie ; le mouvement un peu recherché de la main qui fait naître un sentiment complexe et en quelque sorte équivoque; la légère inflexion de la bouche finement railleuse et qui semble dénoter quelque expérience de la réalité et même de la vie. Ce n'est pas une déesse, pas même une hétaïre ayant la fierté et presque le culte de sa beauté, comme les courtisanes célèbres qui ont tenu à honneur de servir de modèles aux grands maîtres; c'est tout simplement une jolie ûlle, une beauté tout humaine ayant vécu sous les yeux même de l'artiste qui Ta prise sur le fait et dont le ciseau facile et quelque peu leste a reproduit tous les détails.
Il n'y a daus l'œuvre aucu^ effort d'idéalisation. Tout est réej, trop réel peut-être. La jeune fille n'est ni surprise ni émue de sa nudité; elle la montre avec un mélange de naïveté et de provocation auquel nous ont singulièrement accoutumés nos statues modernes, mais qui était beaucoup moins dans les mœurs artistiques des anciens, et qui dénote, dans tous les cas, plus d'habileté de main, de savoir pratique et de procédé qu'une véritable inspiration.
Découvertes : à Narbonne, de ruines présumées appartenir à l'antique Capitule : 13 colonnes de façade, occupant une ligne longue de 50 mètres; — d'une inscription dédicatoire à Claude 11 le Gothique, datant de 269 (F. le Bulletin monummtal.XhV, 433 et 539-540) ; — d'uneîl)orne milliaire, à Lyon ; — d'une nécropole romaine aux environs de Cannes, rattachée par les érudits du pays à l'antique jEirytna; — d'une sépulture renfermant divers insignes, notamment un diadème en or, près du casino de Monte Carlo, à Monaco ;
•omaines du m* aiôcle dans le département î pièces dont quelques-unes très rares) ; — ae du xii° siècle dans l'église de Monts (Indre-
le P. de la Croix, de la Compagnie de Jésus, iloration de l'hypogée - martyrium qu'il a 1878. Au commencement de juillet, deux l'une ecclésiastique, l'autre archéologique nt assisté à Touverlure des quatorze sépulées dans cet Jiypogée.
imen, «il résulte que ces quatorze sépultures les restes de trente-cinq sujets différents des deux sexes, avec cette particularité que squelettes n'étaient pas entiers. Cependant d'entre eux semblaient avoir été placés dans avec beaucoup de soin ; et de certaines cir- I pjut induire qu'ils y ont été apportés à snts lorsque toutes les chairs étaient déjà l'effet du temps. H serait prématuré de vouà présent de ces découvertes et de ce predes conclusions précises. Ce qui est certain, lonument est un véritable marlyrium, c'estipelle élevée par une famille chrétienne des les pour recevoir des ossements de martyrs ; rasté une première fois, puis restauré et renveau quelques années plus tard; qu'enfin est telle que, lorsque sainte Radegonde et t sont venus à Poitiers, il devait être déjà a seconde fois, et même oublié. Les osse- ■més dans ces sépultures sont-ils ceux de auraient été martyrisés en ce lieu, ou bien ux des membres de la pieuse famille qui a
élevé la chapelle ? C'est sur ce point surtout qu'il est prudent de faire toutes réserves. Des inscriptions nombreuses ont été trouvées dans diverses parties du monument; leur époque est difficile à déterminer, car certains caractères qu'elles renferment et les formules qui y sont employées semblent ne pas avoir été rencontrés jusqu'ici. Mais le savant auteur de la découverte, après les avoir relevées avec le plus grand soin, s'est empressé de les signaler aux épigraphistes les plus éminents de Tlnstitut de France, et se propose de les faire connaître également à ceux d'Europe, afin d'arriver à une détermination complète et irréfragable. « Ajoutons en terminant que le R. P. de la Croix prépare la restauration de cet hypogée, le seul connu jusqu'à présent dans les Gaules, et que Poitiers va s'enrichir encore d'un monument bien digne d'exercer l'érudition des savants, en admettant même qu'il ne devienne pas, pour les fidèles, un sanctuaire vénéré. » (Courrier de la Vienne.)
Monuments.