UR
LE BUDGET DES MONUMENTS HISTORIQUES POUR 1880. (Journal officiel du 29 mai 1879.)
Crédit demandé pour 4 880 4.500.000 j
Crédit additionnel demandé pour les > 4.550.000
monuments de TÂlgérie . 50.000 )
Crédit accordé pour 4879 ; . . 4.355.000
Différence en plus à 4880 494.500
La nécessité d'augmenter les ressources affectées à la conseï'vation des monuments historiques s'accuse chaque année davantage, en raison du nombre toujours plus grand des restaurations urgentes qu'on est obligé d'ajourner.
A plusieurs reprises, des crédits extraordinaires et supplémennîmn. mnntant ensemble à 3,7fiO,000 francs, ont été accordés par qui a permis de mener à bonne fin quelques tantes dont rezécntion trop lente eût entraîné forte. C'est ainsi qu'en 1845 le crédit des moues, qui n'était que de 600,000 francs, s'est r76,000 francs par l'addition d'un crédit extraor- Bstaurations de l'amphithéâtre d'Aries, de l'église uen, et du chiteau de Blois. En 1860, le même ors de 1,400,000 francs.fnt élevé à 1.900,000 fr. crédit supplémentaire de 800,000 francs. D'anlordinaires furent également accordés en 18i9, n dernier lieu, en 1875 et 1876 pour la répae des désastres occasionnés par la guerre, itreprises, telles que Pachèvement des restauine cathédrale de Laon (3,S3i,!98 fr.), de l'aa- Saint-Deois (753,780 fr.), du Vont-Saint-Hichel des remparts d'Avignon (565,000 fr.), nécessimvertnre de crédits spéciaui, car les ressources re ne penneUent pas de donner k des travaux toute i'impalsioD nécessaire.
la demande de H. Waddiogton, alors ministre, M monuments historiques a fait dresser la liste |ui réclamaient des réparations urgentes ; l'eniDse à prévoir s'est élevé à 16,877,515 francs, ravaui de restauration de Laon, de t^aint-Denis l-Hichel, qui, à eui seuls, nécessiteraient une 564 francs. Une demande tendant à ce que le a m élevé de 1,100,000 fr. à 1,600,000 francs «1 et les Chambres, considérant qu'il y avait un r ordre il ne pas laisser dépérir les monuments différentes périodes de Tart français, ont bien en partie celte proposition, en inscrivant une itatiOD de 160,000 francs su budget de 1877.
I du TenchérissemeDl des [vix de la main-d'œuvre , qui, depuis vingt-cinq ans, se sont élevés de , ceUe augmeotation est tout i fait insuffisante, i d'ajourner l'exécution des travaux de conserurgence, an grand détriment d'édiGces dont les
dégradations s'aggravent chaque jour; la conservation d'un certain nombre de monuments remarquables se trouve ainsi mise en péril, faute par J'État de pouvoir venir, en temps utile, à Taide des communes prêtes à s'imposer des sacrifices dans la mesure de leurs ressources.
M. le rapporteur du budget des beaux-arts de l'exercice 4879 a déclaré que la situation des monuments historiques était digne du plus haut intérêt, et a fait espérer que « l'année prochaine, les ressources budgétaires permettraient de venir largement en aide au service des monuments historiques ». (Rapport de M. Antonin Proust, député, page 877.)
Or, pour faire face aux besoins constatés, dans un temps relativement court, il serait nécessaire que le crédit des monuments historiques atteignit au moins le chiffre de 1 ,500,000 francs à partir de 4 880, ce qui constituerait une augmentation de 4 44,500 fr. sur le montant des fonds alloués pour l'exercice 4879.
D'autre part, il y a lieu de remarquer que, depuis la conquête de TAlgérie, les monuments romains, encore nombreux dans cette contrée, et les remarquables édifices que l'art dit arabe nous a laissés sont restés dans^un complet abandon. Faute d^une surveillance organisée, beaucoup de ces monumei^ts ont été détruits, et l'on ne saurait tarder davantage à prendre des mesures de conservation pour préserver ce qui a échappé aux injures du temps ou aux actes de vandalisme.
Dans son rapport sur le budget de l'Algérie pour l'exercice 4879 (chapitre 3), M. Thompson, député, a exprimé le vœu que Tadministi-ation des beaux-arts accordât dans l'avenir ses soins à cette œuvre de conservation artistique, déclarant que <c l'on devait compter légalement sur le concours des conseils généraux de l'Algérie, qui continueront à s'associer d'une' manière efficace aux efforts de la Commission des nionuments historiques ».
Ces efforts n'ont pu se traduire jusqu'à présent d'une manière effective qu'à l'égard de deux monuments, la mosaïque de la M' Dersa Tachfinya, à Tlemcen, et le minaret de l'ancienne mosquée de Mansourah, remarquables spécimens de l'art arabe, dont l'un est placé actuellement au musée de Tlemcen, et dont Tautre, qui menaçait ruine, est aujourd'hui consolidé. La Commission des monuments historiques ne pourrait étendre son action conservatrice en Algérie sans l'ouverture d'un crédit spécial dont le
chiffre minimum devrait être de 50,000 francs, les ressources du budget ordinaire étant, ainsi que nous l'aTOOS eiposé ci-dessus,
absolument insuffisantes pour les 2,000 monuments classés eu France, Un inspecteur général, qui serait désigné au choix du ministre par ladite Commission, pourrait alors être chargé spécialement de la surveillance, des monuments remarquables de l'Algérie. Par lui, l'administration serait renseignée sur les lacunes que peut présenter la liste des édifices classés de cette contrée, sur l'état des monuments menaçant ruine, et sur le meilleur emploi à faire du crédit de 50,000 francs.
En résumé, la double demande dont l'exposé précède tend à une augmentation^de Ui,500 fr. pour les monuments français et à l'addition d'un crédit de 50,000 francs destiné aui monuments historiques de l'Algérie.
La répartition du crédit demandé pourl'exercicel 880 se trouve déterminée de la manière suivante, conformément aui propositions de la Commission des monuments historiques :
Entreprises en cours d'exécution et travaux à reprendre
après une inlerruption de plusieurs mots.
Aisne. — Ancienne calhédrale de Laon ' (00.000
Ardennes. — Ancienne église abbatiale de Slouzon". . iO.OOO
Aube. — Saint-Urbain, à Troyes» 80.000
— Église de Lhuitre' 13.000
Aude. — Itemparls de Carcassonne^ 40J00
Calvados. — Èg. de la Trinité et St-Gervais, à Falaise*. 4.!78
— Ancienne cathédrale de Lisiem 20.000
— La Trinité, à Caen . S4.600
Charente-Inférieure. — Hàtel de ville de la Rochelle. . 20.000
Corrèze. — Église Saint-Martin, à Brive ' 16.000
Côto-d'Or. — Église Notre-Dame, à Dijon 49.675
Creuse. — Église de la Souterraine' SO.OOO
Gard. — Amphithéâtre de Nîmes 1 20.000
Indre-et-Loire. — Église de Preuilly' 20.000