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QUATRIÈME PARTIE

L'ARCHEOLOGIE A L'ÉTRANGER.

Belgique.

28-29 avril. Solennité du centenaire de la Société d'émulation de Liège, fondée le 29 avril 1779, sous les auspices de Pévêque-comte Welbruck, mais qui s'est jusqu'ici fort peu occupée d'archéologie.

23-27 septembre. 3« Congrès des Américanistes, à Bruxelles, sous la présidence honoraire de S. M. le roi des Belges, et la présidence effective de M. le général Goethals. * Parmi les principaux mémoires lus ou analysés dans les séances du Congrès, nous devons citer : dans la Section d'histoire : les Capullis et l'organisation de la frihu mexicaine, par M. Bandelier; la Tradition d'un déluge en Amérique^ par M. Tabbé Schmidts ; les Documents préhistoriques du Mexique, par M. de Bellecombe. — Dans la Section d'archéologie : la Céramique précolombienne, par M. Jules Renaud et par M. de la Espada; la Forme des Mounds, par le docteur Phené; la Tradition de l'homme blanc et le signe de la croix ^ par MM. Fabbé Schmidts, de la Espada, Peterken, de Helwald et L. Adam; les Antiquités américaines des musées de Leyde et de Copenhague, par MM. Leemans et W. Schmidt; les Antiquités de l'ancien royaume de QuitOy par M. de Ville; — dans la Section d'anthropologie : l'Homme préhistorique au Pérou, par M. Armeghino. — Les membres du Congrès

ont examiné, à la porte de Haï, la collection d'antiquités de rÉquateur, formée par M. de Ville, et le musée archéologique donné, il y a quelques années, au gouvernement, par M. de Meester de Ravestein. [Polybiblion,)

L'Académie d'archéologie a eu à lutter cette année contre le conseil municipal d'Anvers, au sujet de la tour Bleue, précieux reste des fortifications élevées autour de cette ville au commencement du x\f siècle, et type fort intéressant de la transition entre l'art militaire du moyen âge et celui des temps modernes. Viollet-le-Duc lui-même avait été saisi de l'affaire, et avait répondu, le 15 mai, par une lettre absolument favorable au projet de conservation, insérée dans le Bulletin de l'Académie d'archéologie. La Commission des monuments historiques et le Ministre de l'intérieur ont à leur tour protesté. La municipalité, croyant satisfaire à l'archéologie, a offert de relever, en compensation, l'Arc d'Alençon, ajouté à la porte de Kipdorp, à la fin du xvf siècle. Ce mauvais marché n'a pas été accepté. Les archéologues, en effet, ne croient pas à la résurrection des monuments : la reproduction qu'on peut mettre à la place d'un monument détruit, si fidèle qu'elle soit, n'est jamais, en quelque manière, que la statue de ce monument : c'est une image sans vie et sans souvenir. Malheureusement, l'obstination des édiles a triomphé des plus louables résistances. La démolition a commencé en décembre, et s'est poursuivie au grand désappointement de l'adjudicataire, qui s'était engagé à fournir 2,000 francs à la ville, comptant sur la vente des matériaux. Or, ces beaux matériaux, on n'a pu les retirer intacts, il a fallu mettre en pièces les pierres de taille, fortement agrégées par un ciment indestructible. De là, frais énormes d'un côté (les travaux, exécutés par une quinzaine d'ouvriers, ont duré six semaines), et matériaux

gâtés de Tautre. On ne pouvait faire* une plus mauvaise spéculation.

En revanche, le conseil municipal d'Anvers a voté Tacquisition d'une collection d'antiquités égyptiennes comprenant 156 statuettes ou figures d'animaux en bronze se rapportant au culte, 131 statuettes ou figures d'animaux en terre cuite, et un grand nombre d'autres objets, notamment une statue de basalte noir haute d'un mètre.

Mort du numismate Louis Goster, un des principaux rédacteurs de la Revue belge de numismatique,

Royaume-Uni.

Découverte d'une grotte préhistorique, de l'âge de la pierre .polie, à Cappoquin (Irlande).

Découverte d'un sépulcre voûté à Éling, près Newbury; — à Lincoln, d'une^ borne milliaire dédiée à l'empereur Marcus Victorinus Piavonius, un des trente tyrans des Gaules; — à Bayford, comté de Kent (6 nov.), d'un tombeau romain renfermant, entre axitres objets d'art, un vase en l)ronze orné de sculptures.

Découverte des restes d'une ville romaine, avec mosaïques, à Itchen-Abbas, dans le Hampshire,

Fouilles à la nécropole saxonne d'Aldbourne, comté de Wilts ; découverte de tombeaux et de nombreux ornements en bronze.

A Irchester, comté de Northampton, sur l'emplacement d'un camp romain, découverte de substructions et de monnaies. Les fouilles seront reprises dans Tété de 1880.

Découverte de fresques du moyen âge dans l'église de Friskney, comté de Lincoln.

« Un des plus remarquables objets d'antiquités découverts en Asie depuis les sculptures assyriennes, l'inscrip-

tion d'Hamastrite, vient d*être placé dans la galerie orientale du British Muséum. Elle est sur basalte noir d'environ k pieds anglais de hauteur; elle faisait probablement partie d'un vestibule. Elle se compose de cinq lignes horizontales dont les caractères sont encore inconnus. Ils offrent une ressemblance incontestable en quelques points avec les caractères égyptiens, mais encore trop peu rapprochée pour qu'on ait pu les déchiffrer. Le texte est visiblement boustrophedon, c'est-à-dire qu'il doit être lu de droite à gauche. Ses caractères consistent en têtes d'animaux, mains humaines, pieds, oiseaux, arbres, etc. D'après certains groupes répétés avec variantes, il paraît probable que ces caractères sont arrangés selon un certain système grammatical. Le docteur Dunbar Heath, dont les travaux sur la langue égyptienne sont bien connus, s'occupe à étudier avec le plus grand soin cette inscription. (Athenœum.) Le British Muséum, déjà si riche, s'augmente tous les jours avec une rapidité qui en fera, si elle ne l'est déjà, pour l'antiquité, une collection sans rivale dans le monde. Outre les objets découverts en Asie, il a reçu, au commencement de 1879, la collection de feu John Anderson, qui comprenait, parmi une multitude d'armes orientales et d'objets d'art modernes, des poignards d'acier damasquiné de Mossoul et de la Perse, du xii* au xiv* siècle, des productions de l'ancienne céramique asiatique, italienne et espagnole, et une magnifique collection de verres irisés trouvés soit dans l'île de Chypre, soit dans le lit de la Tamise.

Portugal.

Dans un faubourg de Lisbonne, à Tapada d'Ajuda, découverte d'une tombe préhistorique dans une cellule composée de huit pierres brutes.

Dans la province d'Alemtejo, trois dolmens ont été signalés pour la première fois; l'un d'eux est clos, au fond de la chambre sépulcrale, par une pierre percée d'un trou quadrangulaire, analogue par sa situation, sinon par sa forme, à ceux qui ont été signalés dans quelques dolmens français, notamment dans celui de Gon^erfontaine, près Ïrye-Château (Oise).

Dans la province de Beira Alta, découverte d'un dépôt de 19 haches en bronze, d'un type spécial et de grandes dimensions, avec deux anses.

Nous devons tous ces renseignements à Pobligeance de M. le chevalier da Silva, qui en même temps nous a raconté la catastrophe de Bélem, au sujet de laquelle nous lui avions écrit. La tour écroulée le 18 décembre 1878, et que presque toute la presse française avait désignée comme la fameuse merveille de la Renaissance bâtie en 1498 par le roi Emmanuel, n'est, heureusement pour les artistes, qu'une tour moderne construite à grands frais par un architecte maladroit, étranger au pays. La vieille tour reste absolument intacte.

ItaUe.

21 avril. Fêtes, à Rome, de l'anniversaire de la fondation de cette ville, et du cinquantenaire de l'Institut de Correspondance archéologique.

25 septembre. Fêtes dul8« centenaire de l'ensevelissement de Pompéî. — Un des meilleurs comptes-rendus de cette solennité a été donné par le Journal de Genève du 2 octobre. Nous le reproduisons presque en entier.

Il y a dix-huit siècles, sur les bords de ce golfe de Naples que les anciens appelaient la Coupe d'Or,Baïes, Eerculanum, Pompéi^ Stables étaient la villégiature de la société romaine.

Cicéron écrivit sod livre De officiis et reçut Auguste dans sa villa de Pompéi ; Salluste avait une habitation dans cette dernière ville ; Sénèque y passa la plus grande partie de son enfance. Herculanum était l'élégante retraite des gens riches, fatigués de la grande ville.

Alors le Vésuve était, comme aujourd'hui, une montagne conique, mais son sommet était large : c'était un vaste plateau, la végétation y était vigoureuse, on y voyait des prairies, des bois de pins. Cent ans avant le cataclysme qui détruisit Pompéi, Herculanum, Oplonte et Slabies, Spartacus y avait campé avec ses dix mille gladiateurs. L*an 79 de l'ère chrétienne, le volcan éteint se ralluma ; alors se produisit le terrible événement qui nous est raconté d'une manière si saisissante dans le VI* livre de Pline le Jeune et qui coàta la vie à Pline TAncien. Nous y renvoyons le lecteur pour ne pas perdre de temps. — C'est la commémoration dix-huit fois séculaire de cet événement que la Direction des fouilles de Pompéi désirait faire célébrer avec solennité. Pline le Jeune indique comme le jour précis de la catastrophe le 9 des calendes de septembre. Pour les uns, c'est le 23 août, pour les autres, le 23 novembre. Dans l'hésitation où Ton était de la date positive, vu l'incertitude d'avoir une belle journée en novembre et la certitude d'être rôti en août, la Direction des fouilles a choisi pour la commémoration une date neutre, le 25 septembre. Elle a fixé cette époque afin de permettre à plusieurs congrès qui se réunissaient à Naples à ce moment d'assister à la solennité. Les Sociétés d'histoire nationale, des Ingénieurs italiens et l'Association des médecins communaux s'étaient, en effet, donné rendezvous à Naples du 20 au 30 septembre. La tessera d'entrée, d'abord distribuée à Naples avec une certaine mesure, finit par être donnée sans aucune difficulté; aussi la fôte, quoiqu'on ait voulu lui donner un caractère scientifique, a été essentiellement une fête populaire, un pèlerinage à Pompéi, où, comme dans tous les pèlerinages, le vulgaire dominait. Des trains spéciaux ont transporté beaucoup d'invités; 2,600 personnes sont allées à Pompéi de cette manière; presque autant se sont fait conduire en calèche, eu corricolo, en calessoi L'animation bruyante et joyeuse de cette foule amusait un moment, mais elle fut bien fatigante à supporter pendant tout le temps que dura la solennité ; on se serait cru à la période la plus animée d'une fête de village.

A l'entrée de Pompéi, la Direction technique des fouilles avait fait une exposition très remarquable. Là étaient le plan de la ville romaine, relevé par l'ingénieur Tascone, de belles peintures dans le genre pompéien de Discano et de Toppî, de remarquables imitations des fresques découvertes dans la ville exhumée. Dans la basilique, vers onze heures, M. Michèle Ruggiero, directeur actuel des fouilles, lit le discours d'ouverture ; sa voix est faible, la chaleur est intense, on se fatigue à voir un orateur qu'on n'entend pas. Une partie de l'auditoire s'énerve et se fâche ; des jeunes gens hissent sur leurs épaules, jusque sur une colonne brisée, un poète populaire, Stefano Marsico. Ce dernier se met à improviser, il a une voix tonnante ; la foule abandonne M. Ruggiero et entoure l'improvisateur, qui, à ce qu'il assure, voit et entend parler les ombres des Pompéiens morts; les applaudissements, les cris admiratifs de la foule rendent encore plus difficile à ceux qui ont persévéré l'audition du discours officiel. En vain les agents de police cherchent à s'emparer du poétique perturbateur, ses admirateurs le défendent avec beaucoup d'énergie ; la publica sicurezza n'est pas vaillante, elle renonce à la lutte et lisse ses moustaches.

Fort heureusement, la presse a reproduit le lendemain dans ses points essentiels le discours de M. Ruggiero. Il est aussi intéressant à lire qu'il a été difficile à entendre. Tout d'abord, le savant homme rappelle le souvenir des rives charmantes qui couraient de Castellamare à Herculanum, la catastrophe qui détruisit les quatre cités, l'oubli profond où, pendant des siècles, tombèrent les villes ensevelies ; puis il dit ce que les Bourbons ont fait pour les fouilles, la couronne de lauriers qu'il leur décerne est assez maigre; ensuite il constate l'immense progrès que le travail a fait depuis 4860. On doit en remercier le nouveau régime qui a augmenté l'allocation de M. Fiorelli, l'ancien directeur, actuellement inspecteur générai des fouilles du royaume, qui a mis à rendre Pompéi à la lumière tant d'activité, de science et d'honnêteté. Tandis que, de 4748 à 4860, on avait découvert 483,52)6 mètres carrés de la ville ensevelie, en dix-huit ans, depuis 4860 jusqu'à maintenant, on en a mis au jour 79,898

M. Fiorelli, en faisant verser du gypse dans les vides laissés par certains objets dont les parties les moins résistantes ont été détruites, nous rend tout ce qui a vécu dans l'attitude même oîî la mort l'a surpris. Il retrouve la forme, la structure des portes et

des meubles. Il découvre le mécanisme des serrures et des gonds, il reconstitue les lits, les corbeilles, les armoires, les roues de chars, les tambourins.

M. Fiorelli a restauré plusieurs édifices importants : en particulier le Panthéon et la maison de THermaphrodite; il a protégé les peintures murales par des enduits de cire et des toits de cristal. Pompéi doit à M. Fiorelli sa résurrection.

L'orateur, qui a longtemps travaillé avec ce grand maître et qui lui a succédé, finit en disant, comme Winkelmann, a que des nombreuses années de sa vie, il ne croit avoir vraiment vécu que dans celles qu'il a consacrées à la connaissance et à Tétude de Tart antique. »

Après le discours de M. Ruggiero, deux célébrités en fait de prosodie latine, monsignbr Mirabelli et le comte Guanciali, lisent deux poésies commémoratives ; quelques latinistes fanatiques qui sont tout près et qui ont déjà lu ce qu'on lit applaudissent avec enthousiasme ; le bruit est sympathique à la foule, elle s'associe aux applaudissements, sans avoir compris uu mot; disons en passant que M. Mirabelli a fait représenter l'an dernier des comédies de Plante avec costumes et masques antiques: c'étaient de vraies fêtes littéraires auxquelles j'eus grand plaisir à assister.

On sort de la basilique pour aller visiter les monuments ; une quantité d'illustrations sont noyées dans le flot immense, j'en reconnais plusieurs ; tout d'abord ces gens à lunettes, c'est l'Institut archéologique allemand de Rome ayant à sa tète son secrétaire, le savant Guillaume Henzen. Puis voici M. Renan, entouré d'un groupe d'admirateurs. Sa voix me parvient fréquemment, nette, claire, admirable de nuances. Un peu plus loin, je vois M. Garapanos d'Athènes,. bien connu par les fouilles de Dodone ; près de lui marche le sénateur Fiorelli, le vrai héros de la -fête; sa magnifique tète romaine attire tous les regards.

Les différents Congrès sont bien représentés: voici MM.Bonghi, Pasquale Villari, Carducci ; puis je rencontre les membres des Académies royale et Pontaniana de Naples, le célèbre archéologue Capasso, qui sait sa ville natale sur le bout du doigt, et M. Volpicella, le bibliothécaire des Studii qui écrivit l'an dernier un mémoire bien intéressant sur un protestant napolitain du xvi* siècle, Mario Galeotto, seigneur de Monesterace ; les membres de l'Institut des Beaux-Arts, de l'École archéologique italienne, de la

Commission municipale des monuments napolitains, sont aussi là en grand nombre.

Tout ce monde va assister aux fouilles qui sont le grand événement du jour ; les lieux qu'on va fouiller sont un peu distants les uns des autres, on en attaque plusieurs à la fois, de manière que la multitude tout entière puisse jouir du spectacle. A chaque point désigné, on fouille trois ou quatre chambres. Trente ont été découvertes pendant la journée. Cela n'était pas difficile, car un premier travail de déblayement avait réduit à deux pieds environ les décombres qui couvraient le sol ; les ouvriers travaillaient avec la pioche, la bêche, le marteau et la truelle, sous la direction d'un contre-mattre. Ils procédaient lentement, montraient aux assis-^ tants les objets qu'ils avaient découverts, mais empêchaient les indiscrets d'y porter les mains.

Voici les principaux résultats de ces fouilles :

Un pilastre de marbre avec une tête de Silène en haut-relief, qui supporte un chapiteau corinthien ;

Un mortier en travertin et des poids de grandeur différente ; des peignes à carder en fer.

En bronze :

Un grand miroir rond bien conservé ; un petit aigle ; un candélabre ; deux bracelets ; des vases couverts d'une belle patine ; un jeune cheval sellé qui porte un lion en croupe ;

Deux bouteilles en verre.

En terre cuite :

Sept amphores, dont une avec inscription ; de petits vases faits sur le tour.

Sept squelettes, trois dans une maison, quatre dans une autre.

Une grande quantité de fèves et de graines de chanvre.

En somme, rien de bien important, tout ce qu'il fallait seulement pour donner aux spectateurs une idée des fouilles de Pompéi.

La Direction fera publier en un volume, à l'occasion de la solennité, de doctes mémoires écrits par ses membres et par quelques autres savants. Voici les titres des plus importants :

Le discours d'ouverture de la fête ; — Du Vésuve au temps de Strabon et deSpartacus, et des changements qui lui survinrent l'an 79 après Jésus-Christ, étude géologique du professeur Palmieri; — Des plantes employées par les Pompéiens dans la peinture murale décorative ; — Des coquilles trouvées à Pompéi ; —

les Boulangeries; — les Tablettes de cire ; — le Pan et les Nymphes de la maison Cornelia ; — le Territoire et les Monuments d'HercuIanum ; — la Villa de Pison à Herculanum et sa Bibliothèque; — les Fouilles de Pompéi, 4873-4878 ; — Des peintures murales extérieures, découvertes de 4867 à 4879 ^.

Ces travaux écrits donneront de la solennité à la célébration du centenaire ; la fête elle-même n'en avait aucune, la plupart de ceux qui y ont pris part avaient un goût fort médiocre pour les antiquités et s'en cachaient peu. Ils pensaient à s'amuser et sont revenus de Pompéi fatigués d'avoir ri et crié.

Il est bien regrettable que la direction des fouilles ait manqué d'argent pour réaliser ce qu'elle avait projeté. Elle voulait primitivement faire peu d'invitations, les adresser autant que possible à des gens cultivés, et leur donner une vraie fête artistique et archéologique.

Découverte, entre Sant' Antimo et Montorso, d'une tombe étrusque, dans un point où les fouilles se continuent depuis lors (mai), aux frais du Ministère italien de Pinstruction publique.

Une autre tombe étrusque, renfermant des vases et des figurines de grand prix, a été trouvée le 21 juillet, à une profondeur de 5 mètres, dans Pintérieur même de la ville de Vice Equense, entre Sorrente et Castellamare.

Découverte des restes d'un temple de Diane et d'une vaste nécropole, restes présumés de l'antique Sipontum. Les fouilles sont continuées aux frais du gouvernement italien, et les produits envoyés au musée de Naples.

Le gouvernement fait également poursuivre les fouilles du lac de Garda, sous la direction du chevalier Stefani, pour trouver des habitations lacustres. Les objets. découverts sont envoyés au professeur Pigorini, qui les classe dans le musée préhistorique de Rome.

1. Voici le titre du volume: Pompéi et la Région souterraine du ^ Vésuve en Van 79; vingt mémoires y seront réunis sous la direction de

M. Ruggiero.

Découverte, h Rome : près de la route de Florence, d'un hermaphrodite que Ton suppose être la copie, faite par un sculpteur romain, d'un ouvrage bien connu de Polyclète; des statues brisées, sur TEsquilin.

Trouvaille de monnaies d'or grecques, à Crotone. M. Fr. Lenormant a pris connaissance de cette collection.

Découverte d'un temple d'Apollon dans Tencieinte du couvent du Mont-Cassin.

On poursuit activement à Rome le déblayement du Forum. Ces travaux ont pour but principal de mettre à nu la Voie Sacrée, c'est-à-dire l'entrée nord du Forum, où s'élevaient un arc triomphal et le temple d'Antonin et Faustine. La surintendance des fouilles a obtenu Texpropriation de l'église Saint-Côme-et-Saint-Damien et de la chapelle située presque en face du temple antique.

Les travaux d'élargissement du lit tlu Tibre ont mis à découvert, dans le jardin de la Farnesina, une chambre ayant fait partie d'une riche habitation. Le plafond en stuc est orné de figures en relief ; sur les murs, sont des peintures assez bien conservées, rappelant par leur style celles de Pompéi et sans doute de la même époque. Les trouvailles sont du reste si nombreuses qu'il vient d'être formé un « musée Tibérin », destiné à recueillir tous les objets exhumé du lit et des rives du fleuve.

Suisse.

Au Petit- Cortaillod, sur le lac de Neuchâtel, découverte d'un pilotis lacustre, mesurant l^jôô de hauteur, « et dont la forme est des plus remarquables. C'est une colonne en bois de pin, surmontée d'un chapiteau; sous la saillie de ce chapiteau se trouvent cinq ouvertures parfaitement taillées, assez grandes, qui correspondent avec d'autres ouvertures placées sur le rebord du piédestal de

la colonne. Le chapiteau est de forme conique, la partie intermédiaire est parfaitement arrondie à la hache; le socle cylindrique est posé d'aplomb: on dirait une idole. » {Chronique des Arts.) « Ce pilotis, dit le Journal de Genève, a fait travailler l'imagination des archéologues ; les uns veulent y voir un instrument destiné à attacher les bestiaux; d'autres, une machine à courber les arcs. Cette dernière supposition est assez naturelle lorsque le visiteur examine ces ouvertures correspondantes, placées à une distance suffisante pour de grands arcs et creusées en inflexion recourbée dans l'intérieur. »

Découverte d'un canot préhistorique dans le lac de Neuchâtel; d'objets de l'âge de la pierre polie, notamment d'un grattoir en jaspe, à la Coulouvrenière, faubourg de Genève.

A Serw, canton de Zurich, en avril, découverte d'une collection de pièces romaines du if siècle.

Août. Mort de Louis Vuillemin,. de Lausanne, historien suisse, qui a publié notamment une Étude historique sur Chillon (1863). 11 avait longtemps présidé la Société d'histoire suisse-française.

Hollande.

A Backersboschdel, dans les environs de Maëstricht, . fouilles dégageant les restes importants d'une villa romaine (marbres, objets d'art, monnaies).

Allemagne.

On espère terminer Tan prochain la cathédrale de Cologne, qui sera le plus vaste et le plus pompeux des monuments gothiques, mais non le plus parfait selon les lois du goût. Les tours seront les édifices les plus élevés

du monde; à l'opposé de la flèche de Rouen, qui est trop élancée, elles seront encore trop basses pouç le monument, ou plutôt les tours seront un peu trop courtes pour les flèches. Les projets du moyen âge leur donnaient 600 pieds ; elles auront 157 mètres au-dessus du pavé, soit 9 mètres de plus que Paiguille de Rouen et 15 de plus que la flèche de Strasbourg.

12 août. Réunion des anthropologistes allemands, à Strasbourg.

Fin de septembre. A Tegernsée, au bord du lac de ce nom, en Bavière, célébration du huitième centenaire de rinvention des vitraux peints, que Ton assure avoir été fabriqués pour la première fois dans Tabbaye de ce lieu, peu après 980. (F. les Mélanges,)

16 octobre. Mort de Louis-Adolphe Spach, ancien président (1855-1873) de la Société pour la conservation des monuments historiques de l'Alsace, né à Strasbourg le 27 septembre 1800. Il a publié d'intéressants travaux sur les archives et sur l'histoire d'Alsace ; ses ouvrages purement archéologiques se bornent à peu près aux monographies des abbayes de Wissembourg (1857) et de Marmoutier (1861). Ses Œuvres choisies ont été éditées en 5 vol., de 1866 à 1871, par Berger-Levrault, à Strasbourg.

20 février. Mort de Dagobert Fischer, né à Saverne, le 6 janvier 1808. Ses principaux travaux sont : r Abbaye de Saint-Jean-des-Choux, in-12, 1867; le Château de Haut- Barr, 1871 ; les Anciennes archives de Pèvêchè de Strasbourg, 1872 ; le Château de Hunebourg, 1873 ; Geschitchte dos Stadt Zabem (Histoire de la ville de Saverne), 1874. Il laisse en outre des travaux manuscrits.

C'est le gouvernement allemand qui dirige les fouilles de Pergame et d'Olympie, les premières à son compte, les secondes pour le gouvernement hellénique.

Autrlohe-Hongrie.

Congrès anthropologique autrichien, à Laybach.

Sur la colline de Kotousch, près de Stramberg, en Morai, découverte de grottes préhistoriques, avec instruments : pierre et de bronze. Les fouilles doivent être continuées.

Fouilles dans la presqu'île de Taman, entre la mer )ire et la mer d'Azov, sur l'emplacement de l'antique 'lonie grecque de Phanagoria. On a trouvé principaleent un tombeau de jeune fille, du m* siècle environ ant l'ère chrétienne, renfermant : un collier d'or, orné ! têtes de lion; une couronne d'or, ornée de pierres Qnes

ayant au centre un cygne qui porte l'Amour sur ses les ! une broche ronde en or avec une épingle représennt Vénus qui tient l'Amour dans ses bras; un collier de tries ; un lacrymatoire en argent ; des boucles d'oreilles ; !s chaînes, des bracelets, des bagues en or; des vases I argent.

En Crimée, près de l'ancienne ville de Cherson, découirte d'un piédestal qui supportait jadis une statue d'aiin, et sur lequel on lit une très ancienne inscription ecque à deux colonnes dont chacune contient 56 lignes, inscription appartient au n" s. av. I.-C. et se rapporte I règne du célèbre Mithridate Eupator, roi de Pont, qui gna de 123 à 63. Elle contient des détails relatifs aux rerres que les Chersoniens avaient faites contre les Scyes nomades du voisinage. Déjà avaient été découverts au ôme endroit les restes de deux basiliques et d'une église int le pavé Est en mosaïque. C'est dans l'ancienne Cherson le Vladimir a reçu le baptême en 988, année avec laquelle •ramence l'existence légale du christianisme en Russie.

D'avril à septembre. Exposition d'anthropologie préhistorique à Moscou, et réunion de savants.

7-14 août. Congrès anthropologique, à Moscou. Ce congrès n'a pas été exclusivement russe. Les savants Scandinaves et beaucoup d'anthropologistes français y ont assisté. {V, la Revue scientifique^ 1" et 22 nov.)

Un musée préhistorique est en formation à Saint- Pétersbourg.

Un savant russe, M. Praglowski, prépare un grand travail sur la mort de Cyrus, d'après la découverte récente, sur les bords du Dniester, d'une couronne d'or et d'autres insignes précieux, d'une valeur totale de 250,000 fr., qui seraient les insignes du roi de Perse, enfouis par ses serviteurs après la victoire des Massagètes.

Grèce.

Les fouilles d'Olympie se continuent aux frais du gouvernement prussien , qui recueille à son compte les doubles des objets trouvés ou en prend des moulages. La dernier^ campagne, terminée le 12 juin, a fourni des fragments de colonnes et de statues portant des traces de décoration polychrome, un grand nombre d'objets en bronze et notamment deux statuettes, Tune de Jupiter, l'autre d'Apollon. Un crédit de 700,000 marks (770,000 fr.) avait été voté pour ces fouilles ; 565,000 marcks ont été dépensé en cinq ans; il n'en reste plus que 130,000, somme qu'il est question de porter à 220,000 marks.

L'Institut archéologique allemand fait fouiller les environs d'Acharnés.

Les fouilles de Mycènes, commencées par M. Schliemann, sont continuées par le gouvernement grec, sous la surveillance de la Société archéologique d'Athènes.

M. Schliemann, sans quitter l'emplacement de Troie,

a entrepris, à Théaki (Ithaque), de nouvelles explorations.

La Société archéologique d'Athènes restaure enfin le célèbre lion de Chéronée, monument de la défaite des Béotiens et des Athéniens par Philippe de Macédoine, en 338 av. J.-C. Cette sculpture colossale gisait, partagée en morceaux, depuis la guerre de l'Indépendance, époque à laquelle le tombeau fut brisé par un chef nommé Ulysse, qui comptait y trouver un trésor.

La Société d'Athènes se dispose, en outre, à explorer complètement l'emplacement d'Eleusis; plusieurs maisons ont* déjà été expropriées.

Fouilles à Tégée.

Algérie.

Mission de M. Gh. Tissot, dans la vallée de la Medjerda (Bagradas). Résultat : 30 inscriptions romaines iné^dites, dont quatre ou cinq fort intéressantes ; une inscription bilingue, en caractères puniques et libyens; fragment d'une inscription punique. « Les belles ruines romaines, dit M. Tissot, sont devenues de véritables carrières où les entrepreneurs de chemins de fer puisent, ont déjà puisé et puiseront les quelque 100,000 mètres cubes de pierres qu'absorbent les travaux de la voie. Les ingénieurs se déclarent impuissants à arrêter cette besogne de Vandales. » Nous avons vu constater ailleurs l'état de délaissement et de dépérissement où se trouvent les magnifiques restes de l'amphithéâtre d'El-Djem.

Pour les restaurations de monuments historiques, F. ci-dessus, p. 107.

Égjrpte.

Les fouilles d'Egypte, commencées depuis vingt ans, avaient été interrompues en 1878 par les événements poli-

tiques. Sur la proposition de M. Mariette, rAcadémie des. inscriptions a envoyé, en octobre, trois de ses membres, MM, de Rozière, Le Blant et Wallon, auprès des ministres MM. Waddington et Jules Ferry, afin d'engager le gouvernement français à intervenir et à obtenir du gouvernement égyptien la reprise des travaux. Le mémoire lu par M^ Mariette, à ce sujet, dans la séance du 1 octobre, est extrêmement important et indique ce qu'il reste à faire pour acquérir sur ^antiquité égyptienne, sur la chronologie spécialement, des notions plus précises et plus sûres que celles que l'on possède actuellement. Les autorisations nécessaires ayant été accordées, M. Mariette est reparti aussitôt pour le Caire.

Asie occidentale.

En Assyrie, fouilles entreprises en 1878 et 1879 par M. Ormuzd Rassam, qui a rapporté à Londres une grande quantité d'objets et de morceaux de sculpture monumentale tirés des emplacements de Ninive et de Babylone. Après son départ, un de ses agents, poursuivant les recherches, a mis au jour un cylindre de Cyrus, que le Journal officiel^ d'après une communication venue d'Angleterre, signale comme le plus important document historique en caractères cunéiformes connu jusqu'à ce moment.

Ce cylindre porte récriture babylonienne, comme on pouvait s'y attendre, puisqu'il a été trouvé dans les ruines de Birs Nimroud, emplacement reconnu de l'ancienne Borsippa. Cependant, comme sir Henri Rawlinson l'a fait remarquer, il est singulier qu'il ne fasse aucune mention de cette ville. Le cylindre a 9 pouces de loua sur 3 pouces i/i de diamètre ; il doit avoir été couvert primitivement de 45 longues lignes de texte. L'écriture est extrêmement fine et l'on a calculé que l'inscription formerait environ 430 lignes d'une écriture ordinaire.

Malheureusement, ce précieux monument a été très détérioré; le commencement est complètement perdu, à l'exception de quelques signes épars. Quand il commence à devenir lisible, on reconnaît qu'il se rapporte au moment môme de ce grand événement historique, la prise de Babylone, par le fondateur de la monarchie universelle des Perses.

Nabonides a abandonné sa capitale, qui est tombée entre les mains de Cyrus, quoiqu'il continue dans la Babylonie à lutter contre sa destinée. Mais les prêtres adorateurs du soleil levant déclarent que les dieux Tout rejeté à cause de son impiété et parce qu'il a scandaleusement négligé leurs temples. Ils exaltent au contPiire la piété, la grandeur et la gloire de Cyrus, que les puissances divines ont suscité pour veiiger leur cause.

Les Guti, dont la chute, suivant l'opinion de sir Henry Rawlinson, b'est confondue dans celle des Mèdes, et un peuple dont le nom parait être l'équivalent de « Têtes noires », ce qui nous fait penser aux nègres, sont désignés comme ses sujets, et le; dieu Merodach a remis le roi Nabonides entre ses mains. De Belshazzar on n'a découvert aucune mention, mais on conçoit que cela peut être attribué aux nombreuses lacunes de l'inscription.

Une longue introduction est suivie par ce qui paraît être une - proclamation publiée par Cyrus après la prise de la ville ; proclamation dans laquelle il répète à la première personne les principales allégations du préambule. Elle est en partie mutilée, mais le commencement : « Je suis Cyrus, » avec sa généalogie, est complet, et l'on peut reconnaître clairement la désignation qu'il donne de lui-môme comme « roi de Gyndia, » etc.

Sir Henry Rawlinson a donné une traduction de tout ce qui est lisible. Cyrus y parle de sa réparation des temples de Babylone, des faveurs qui lui ont été accordées par Merodach, Bel et Nebo, en récompense des prières qu'il leur a faites, de l'hommage qui lui a été adressé par des nations éloignées, et des rassemblements du pQuple de Babylone pour l'acclamer comme roi. Les dix dernières lignes sont illisibles.

Sir H. Rawlinson dit que ce nouveau texte décide d'une manière définitive en faveur d'Hérodote, contre Ctésias (dans Diodore). la généalogie de Cyrus. Il était le cinquième descendant d'Achimenès, après qui venait immédiatement Teipses, puis Cyrus^ le grand-père, puis Cambyse, le père de Cyrus le Grand.

De p.us, celte desceadance est en ligae directe et non pas îqdirecte, comme oq Ta soutenu.

L'inscription donne au pays d'origine des Perses le nom d* « Assan », que sir Henry Rawlinson se croit autorisé à placer dans les plaines, entre le moderne Shuster et le Persis des écrivains classiques. Sir Henry a dôoné ensuite une description intéressante des grands temples de Babyloae. Il a rattaché un centre religieux important, . nommé a Galana » dans l'inscription, au « Calneh » de la Genèse et au a Calno » dlsaïe. La grande difGculté dans l'inscription, a-t-il dit, est de transformer le royal sectateur d'Auruma^da en un adorateur des dieux babyloniens. (Journal officiely 6 janvier 1880.)

Fouilles sur les bords de TEuphrate, par M. Henderson, consul à Alep, qui a retrouvé les ruines de l'antique Europus et celles d'une ville plus ancienne encore qu'on croit être la Karchemisch des Écritures et la Gargamis des textes assyriens. Les objets (sculptures et inscriptions) trouvés enrichiront le British Muséum.

Un autre Anglais, M. Boscaven, a exploré la Syrie, et particulièrement les bords de l'ancien Lycus.

Fouilles à Pergame, aux frais du gouvernement prussien. Le firman de concession octroyé par le sultan expirait le 31 décembre 1879. On espère qu'il sera renouvelé. Un grand nombre d'objets d'origine grecque ont été dirigés sur Berlin.

Découverte, près de Gaza, d'une statue colossale de Jupiter assis, haute de 2",50. Le gouvernement turc a aussitôt revendiqué pour lui ce précieux monument et se dispose, dit-on, à le vendre à TAUemagne. (Nous n'avons pas pu contrôler ces renseignements, qui sont fournis par un journal français du mois de décembre 1879.)

Les Anglais, qui possèdent l'île de Chypre, se disposent à sauver de la ruine les monuments les plus intéressants laissés par le moyen âge dans cet ancien royaume français.

Déjà les travaux sont sur le point de commencer pour Saint-Nicolas de Nicosie, église curieuse par l'alliance qui s'y trouve faite du style ogival du xiv* siècle avec les coupoles à pendentifs de TOrient.

Dans rvémen, découverte de monnaies arabes antérieures à rhégire. {V. les séances de l'Académie des Inscriptions, 13 août.)

Asie méridionale et orientale.

Dans l'île de Ceylan, explorations archéologiques parmi les ruines d'Anuradapoura, ancienne capitale des rois singalais. Un important ouvrage va être publié sur ces monuments, dont quelques-uns remontent à plus de deux mille ans,

Bien que le Japon soit doté, depuis 1878, d'une Société archéologique, les nouvelles qui nous en proviennent sont assez rares pour que nous empruntions au Journal officiel (8 janvier 1879) une note concernant les antiquités préhistoriques de ce lointain pays.

Il y a deux ans, M. Edward Morse, professeur aux États-Unis, fut appelé au Japon pour occuper pendant un temps limité, à rUniversité impériale de Tokio, une chaire de géologie. Dès qu'il fut arrivé dans le pays, il occupa ses loisirs à faire des recherches relatives aux amas artificiels de coquilles que l'on rencontre en si grand nombre en Danemark et dans d'autres parties de l'Europe, en Australie et aux États-Unis.

Ses efforts furent bientôt récompensés par la découverte d'un grand monticule de coquilles sur la ligne du chemin de fer, à quelques milles de la ville de Tokio; il en découvrit ensuite d'autres de la môme nature à Otarunai, sur la côte occidentale de Yézo, à Hakodadi, à Tokio, et un autre enfin d*une étendue considérable dans la province de Higo, dans l'Ile de Kiusiu.

Une exploration de ces dépôts révéla l'existence de grandes quantités de vases de terre entiers, de fragments de poterie,

d'os et d'instruments en pierre. Ces découvertes ont une importance considérable, car ces objets d'art sont certainement d'une date antérieure aux temps historiques du Japon, qui remontent à 4,500 ou 2,000 ans.

Le professeur Morse a réuni le résultat de ses explorations dans un rapport qui a été publié à la fols en japonais et en anglais, et qui forme une intéressante addition aux travaux récents sur l'anthropologie. L'édition anglaise publiée au Japon fait le^ plus grand honneur à ce pays; les gravures et les lithographies qui en font partie sont l'œuvre exclusive d'artistes indigènes, et la composition du texte est due à des imprimeurs qui ne savaient pas ub mot d'anglais. Le papier môme sur lequel le livre est imprimé provient des manufactures japonaises, de sorte que de la composition jusqu'à la reliure, ce livre qui, sauf quelques erreurs typographiques sans importance, serait digne des presses anglaises, est entièrement japonais.

Le rapport qui forme la première partie du P' volume contient une série de mémoires sur les amas de coquilles au Japon, et dix-huit belles planches lithographiées représentant des vases de terre entiers et des fragments d'outils en corne de cerf, en os ou en pierre. La poterie est extrêmement ornée, et, comme elle est faite à la main, elle présente un intérêt particulier à quiconque étudie la céramique orientale, parce qu'elle lui ofifre des spécimens de beaucoup antérieurs aux plus anciennes porcelaines.

Ce qui fait la principale particularité de cette poterie, c'est la présence de protubérances et de convexités d'une infinité de formes faisant saillie sur les rebords des vases. L'ornementation consiste surtout dans des lignes marquées en creux. La plus grande partie de ces poteries ont une base plate sur laquelle elles peuvent se tenir, d'autres sont complètement arrondies à leur extrémité inférieure. Dans quelques-unes, Tornementation a été produite par l'impression de tissus de paille ou d'autres textiles.

Une très curieuse catégorie d'objets consiste en tablettes de terre qui peuvent être considérées comme sans exemple dans les produits céramiques des peuples préhistoriques. Ces tablettes ont la forme d'un quadrilatère dont les angles sont arrondis aux extrémités ; il n'existe aucun trou et aucun appendice pour leur suspension et l'on ignore quel pouvait être leur usage ; du reste,

elles sont ornées de deux côtés et sur les angles. Quant à leur dimension, elle varie de 2 pouces 4 /S en longueur et 4 pouce 4 /S en largeur jusqu'à 3 ou 4 pouces carrés. Leur épaisseur moyenne est de 0*,048. Les dessins de leurs surfaces ont été gravés sur la terre séchée, comme Tornementation de quelques-unes des poteries.

Une des découvertes les plus intéressantes du monticule qui se trouve à Omori est celle qui donne la preuve du cannibalisme de ces antiques peuplades; c'est la première indication d'une race d'anihi^opophages au Japon.

Le professeur Morse se propose de publier un mémoire sur le monticule qu'il a découvert dans la province de Higo, ainsi que sur les objets contenus dans cet amas et qu'il a examinés.

AxaériquB.

25 mai. Consécration, par le cardinal Mac-Closkey, de la cathédrale Saint-Patrick de New-York, comparable, diton, à celles d'Amiens et de Cologne (?), et qui est, dans tous les cas, le plus vaste édiûce construit en Amérique dans le style religieux du moyen âge. Elle rappelle, avec maintes défaillances, Tart ogival de la fin du xiii* siècle, qui se prête aux pompons et aux pinacles, si chers aujourd'hui à la race anglaise, et, malheureusement, aussi à la nôtre. Sa longueur et la hauteur des deux flèches sont de 101 mètres ; la dépense s'est élevée à 23 millions.

Dans la même ville de New-York, le musée, fondé en 1870, s'est enrichi de l'importante collection chypriote du général de Cesnola, qui a été nommé directeur.

Découverte et exploration d'un cimetière de l'âge de la pierre, près de Madisonville, dans la vallée du Little-Miami (ÉtatdePOhio).

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