MEMBRES
MM. BALLU, architecte, membre de Tlnstitut. BARRIAS (FiLix), artiste-peintre.
BERGER (Geobges), directeur des sections étrangères i TExpo-
sition universelle.
BIENGOURT (le marquis de).
BOGHER (Emmaniibl}.
BOUGHERON, Joaillier.
BOUILHET, manufacturier.
DALLOZ (Paul), directeur du Moniteur universel. DE SAUX, ancien ministre plénipotentiaire. DUG, architecte, membre de Tlnstitut.
DUPLAN, manufacturier à Paris.
DUPONT-AUBERVnXE.
FOURBINOIS, manufacturier.
. GÉRARD (le baron).
GÉROME, membre de llnstitut.
GREjP'FULHE (le comte Henri de), sénateur. GUILLAUME, membre de llnstitut, directeur des Beaux-Arts. LÂFENESTRE (Georges), chef du bureau des Beaux-Arts au
ministère de l'instruction publique et des Beaux-Arts. LONGPÉRIER (Adrien de), membre de Tlnstitut. LOUYRIER DE LAJOLAIS, directeur de TÉcole nationale des
Arts décoratifs.
MANNHEIM, expert.
MANTZ (Paol), publiciste.
ODIOT (Ernest). '
ROTHSGHILD (le baron Adolphe de).
SENSIER, secréUire général de VUnion centrale des BeaWhArti
appliqués à Vindustrie. SOURDE VAL (de).
Ce comité, aussitôt constitué, forma TAssociation du Musée des arts décoratifs par acte passé devant MM*« Segond et Aumont-Thiéville, notaires à Paris, le 27 avril 1877. L'association déclara n'avoir aucun caractère commercial et renoncer à tout bénéfice ; d'après l'article 3 des statuts, dans le cas où elle cesserait d'exister, tous les objets d'art qu'elle aurait réunis /«raient re^ur à l'État et deviendraient propriété nationale. On fit appel à la société de l'Union centrale, qui accorda aussitôt son concours, et l'on résolut de mener en commun l'œuvre nouvelle. L'association, assurée de cette façon de son existence légale, se composa : l'^d'un comité de patronage, réunissant tous les plus grands noms de France ; 2^ d'un comité directeur, dont les membres, au nombre de trente, seront renouvelés après cinq ans d'exercice, c'est à dire en 1882 ; 3« des membres co fondateurs^ qui, réunis en assemblée générale, nommeront tous les cinq ans les membres du comité directeur.
Constituée de cette sorte, l'œuvre présentait des chances de succès et d'avenir. Les souscriptions arrivèrent, et l'on réunit en peu de temps près de 200,000 fr. Le comité directeur se mit avec ardeur au travail; on composa douze commissions chargées de préparer l'organisation du musée et le classement des objets qu'on pourrait recueillir ; on acheta à l'Exposition universelle les plus belles œuvres que les ressources de la Société permettaient d'acquérir ; on se pourvut de vitrines ; des fabricants proposèrent des dons en nature tels que meu-
1. Le titre de membre co fondateur peut s^acquérir par une souscription de 500 francs, payable en une seule fois ou par annuités de cinq ou dix ans.
bles, faïences, bijoux, dessins industriels, modèles moulages, etc. Pour se donner le temps de procède] l'installation du musée, autant qu'il était possible ai les premiers éléments dont on disposait, on organisa exposition de tableaux de maîtres. Celle-ci fut ouvert 19 août et dura jusqu'au 20 octobre. Elle obtint un grand succès, malgré la multiplicité d'attractions qui licitaient alors à Paris la curiosité ; elle servit à vulgai le nom du musée et à conquérir des adhésions. Eni comité, immédiatement après la clôture de l'Expo universelle, se mit en devoir d'installer dans h du premier et du second étage du pavillon de FJ chefs-d'œuvre d'art contemporain, acquis ou pi de montrer nettement le but de l'institution et^ miner son point de départ. Ces salles furent j| le 6 janvier de cette année 1879 ; nous n'avon^Hc p( à en parler pour cette fois ; en réservant n^Vexai pour l'année prochaine, nous espérons ^Vôir étendre plus longuement sur les avantag^Hae no| 4ustries d'art peuvent attendre d'une œui^V longtj désirée. Tel qu'il s'annonce, le Musée dc^Hs dé< est destiné à exercer sur l'éducation art^Hue dej pays une action féconde : il appartient au^^T^^^ de le soutenir, sans l'absorber, par des si nrorables, et au public de répondre avec une tentative qui n'a d'autre but que son propre intérêt.
l'union centrale des beaux-arts»
On connaît le but de cette société, et l'oiî sait les progrès que, depuis quinze années, elle a fait faire à Tin-
dustrie. Ses expositions, qui ont lieu tous les deux ans au Palais des Champs-Elysées, ont popularisé ses efforts et consacré ses succès. En 1878, FUnion centrale a obtenu un définitif triomphe, nous l'avons constaté au premier chapitre de ce volume, dans la question de l'enseignement obligatoire du dessin. Ce sont, en effet, les doctrines soutenues par ses fondateurs les plus éminents qui ont été admises dans les programmes officiels ; ce sont ses enseignements qui' ont eu gain de cause et ses méthodes qui vont être suivies.
Les ressources de la société de l'Union centrale se composentdu produitdes actions souscrites par les fondateurs et des dons en nature, — livres ou modèles, — qui sont généreusement offerts par les amateurs. Dans le dernier rapport présenté par M. Christofle sur la situation financière, il était constaté que l'actif se montait à la somme de 252,939 fr. 91 c. Le rapporteur disait : « Quoique privés pour quelques temps encore de la source la plus importante de nos revenus, c'est-à-dire de la possibilité de faire une Exposition, notre situation est cependant relativement bonne. L'intégralité de notre capital en est la preuve la plus concluante. » Chaque année, la société organise des concours avec des prix de 150, 200 ou 300 fr. ; elle met à la disposition des ouvriers, dans son local de la place deis Vosges, une bibliothèque spéciale ; elle provoque des conférences, publie un Bulletin, eic . Les frais* nécessités par cette action incessante se montent annuellement à la somme de 32,000 fr. Voici le tableau des principales dépenses de l'année 1878 :
Bibliothèque et musée 4,000 ir.
Conférences 4,000
Personnel . U,000
Lover 9,000
Bulletin (impression et rédaction) . . . 3,500
Prix et concours 8t600
Exposition universelle (frais d'installation). 6,000
La bibliothèque de l'Union centrale comprend tous les ouvrages qui peuvent être utiles aux ouvriers de Findustrie et dans lesquels ceux'Ksi trouvent des modèles de l'art décoratif ou l'histoire des métiers. Le nombre des lecteurs s'accroît progressivement. En 1876, il n'était que de 3,163; en 1877, le chiffre s'en est élevé à 4,431; en 1878, il a dépassé 5,000. Quant aux conférences, au nombre de 19, elles ont été faites par MM. Egger, Levasseur, VioUet-le-Duc, de Montaiglon, Cernesson, Narjoux, René Menard, Corroyer, Bartholdi, Fabre, Henriot, Chabrîer, Bourgoin, Focillon, Didron, Rauberet Lepage.
Trois concours ont été organisés parmi les élèves des écoles de dessins, et ont obtenu un succès extraordinaire. Le premier a eu lieu entre les élèves de l'École des arts décoratifs, de l'École des Gobelins et des écoles subventionnées de la Ville de Paris ; le sujet était : la décoration (Tune porte pour un musée des arts décoratifs. D a réuni 28 élèves. Le second a eu lieu entre les élèves des écoles spéciales de la bijouterie et autres écoles professionnelles; il a réuni 44 élèves. Le sujet était un Marteau de porte. Le troisième concours, réservé aux jeunes filles des diverses écoles subventionnées et professionnelles, a réuni 69 élèves. Le sujet était la Décoration d'un écran.
En outre, l'Union centrale, pour stimuler les artistes
des dîyerses industries, a ouvert un concours s'adressant indifféremment aux dessinateurs et aux sculpteurs, sur ce sujet : Aiguière avec son plateau, devant être traité de grandeur d'exécution. Les compositions pouvaient êtres destinées à Torfèvrerie, à la céramique, au bronze, etc. Cinquante-deux compositions furent présentées. Le jury, réuni le 18 avril sous la présidence de M. Eug. Guillaume, a décerné le !«' prix (de la valeur de 800 fr.), à M. Pomba, dessinateur, et le 2* prix (de la valeur de 200 fr.), à M. A. George. Les œuvres privées de ce concours ont figuré à l'Exposition universelle, où elles ont obtenu les brillants suffrages des juges compétents.
SOCIÉTÉ DE l'histoire DE l'aRT FRANÇAIS.
Cette société a été fondée en 1870 par un groupe d'amateurs et d'érudits, sous la présidence de M. le marquis de Chennevières, pour rechercher et publier ' les documents inédits relatifs aux artistes français, tels que peintres, sculpteurs, architectes et graveurs, ou aux artisans orfèvres, tapissiers, bronziers, faïenciers, etc., qui par leur mérite exceptionnel méritent d'être cités avec honneur dans l'histoire ce notre art national.
Les travaux de la société, suspendus par la guerre de 1870, furent repris immédiatement après. Le premier volume de Documents inédits, publié par elle, parut en 1872 sous le titre de Nouvelles archives de l'art français. On sait que les Archives de l'Art français, naguère dirigées par MM. de Chennevières et de Montaiglon, avaient commencé dès 1850 l'œuvre que la Société tentait de reprendre et de continuer. Depuis 1872 jusqu'à ce jour, •
elle a publié six volumes de Mélanges ou de Documents inédits sous le titre que nous venons d'indiquer. De plus, elle a fait paraître un important manuscrit de Félibien, résumant en quelques pages les renseignements précis que Thistoriographe des bâtiments du roi avait pu jadis se procurer sur les châteaux des bords de la Loire.
Il y a trois ans, la société entreprenait une œuvre considérable, devant laquelle tous les éditeurs avaient reculé jusqu'ici : la publication des procès verbaux des séances de TAcadémie royale de peinture et de sculpture. Gomme tous les artistes de marque faisaient alor^artie de la compagnie, car le nombre de ses membre^ n'était pas limité ainsi qu'aujourd'hui, ces procès-verbaux contiennent, pour ainsi dire, jour par jour l'histoire de l'art français dans sa plus haute manifestation, pendant le règne de Louis XIV et ceux de ses successeurs. Ces •procès-verbaux vont de 1648 à 1792 et ne forment pas moins de dix manuscrits in-folio ; la société en a déjà publié trois en deux volumes dont le texte a été soigneusement coUationné sur l'original; elle est arrivée à l'année 1700 et tout fait espérer qu'elle atteindra, d'ici à cinq ou six ans, le terme de cette tâche immense que l'Académie des Beaux-Arts, dans son Dictionnaire, signalait comme un des travaux les plus urgents et les plus utiles à entreprendre. En même temps qu'elle commençait et menait à bien ces diverses publications, la société mettait au jour un ouvrage presque terminé, mais encore inédit, de M. le marquis Léon de Laborde, contenant le texte des seuls documents qu'on possède sur la construction des châteaux royaux au xvi* siècle. Ce livre capital»
CHRONIQUE DE L'ANNÉE. 3i9
commencé il y a vingt ans et abandonné par son auteur, était repris, complété, terminé par MM. A. de Montaiglon et J. Guiflfrey ; il ne forme pas moins de deux gros volumes ; le second paraîtra prochainement avec une table alphabétique détaillée.
Nous passerons rapidement sur le Bulletin que la société fait paraître depuis quatre ans, et où elle a imprimé, outre ses actes administratifs, procès-verbaux des assemblées générales, comptes rendus des séances du comité, etc., un nombre considérable d'actes d'état civil ^V de billets d'enterrement d'artistes modernes. Nous douions arriver à une collection formée par les membres ^^ ^^ société, sous son patronage, et qui contient ^^ceJients travaux de la nature la plus diverse. En ^^dant son attache et, pour ainsi dire, sa sanction 3i\lX Ouvrages proposés pour cette collection, la société ^jent à n'y admettre que des livres d'une véritable valeur scientifique. Elle en exclut rigoureusement foutes les dissertations esthétiques comme bavardages inutiles et toutes les études sur des artistes vivants ou trop modernes pour ne pas s'exposer à tomber dans la polémique. Nous citerons parmi les livres qui font partie de cette collection le Recueil des actes d'état civil d'artistes français publié par M. Herluison, le livre de M. Leturcq, illustré de nombreuses reproductions, sur le graveur en pierres fines, Jacques Guay, le maître de M"« de Pompadour, la monographie sur la Vie et Vosuvre de Le Mire, par M. Jules Hédon, l'excellent travail de M. Meaume sur l'habile graveur Sébastien Leclerc, enfin un tirage à part de la savante étude de M. de Montaiglon sur la Famille des Juste, publiée d'abord dans la Gazette des Beaux-Arts. Je ne dois
pas oublier plusieurs ouvrages de M. Jules Guiffrey, le secrétaire de la Société et un de ses membres les plus actifs ^ C'est une heureuse idée d'avoir admis dans la collection dont nous parlons les tirages à part des journaux spéciaux sur Part. Quand on les cherche, on ignore où ils se trouvent et on peut difficilement se les procurer. Si la société parvenait à grouper ces monographies éparses, elle rendrait un service signalé aui travailleurs.
Par les lignes qui précèdent on peut juger des travaux de cette vaillante phalange de travailleurs et d'érudits, et des services rendus par la Société de rhistoire de l'art français à la cause que nous servons. On retrouve d'ailleurs dans la liste de ses membres tous les écrivains qui se sont fait un nom par des travaux sérieux, tous les amateurs qui savent trouver dans l'étude de l'art français une distraction intelligente, une occupation pleine de charmes.