‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 162 sur 218 · Numéro du 16 juin · texte numérisé non relu

Numéro du 16 juin

qua ses débuts; sa Lèda (1861), son Érigom (1864), qui a fait époque dans son talent, à tel point qu'on l'appelle souvent « le peintre de VÉrigone » ! C'est à propos de cette œuvre que W. Burger a écrit de Riesener un charmant éloge et que M. About a dit : « Cet ardent coloriste n'a pas son égal pour peindre le sang de la jeunesse circulant sous la peau d'une belle femme. » Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1873, l'artiste avait été médaillé au Salon de 1836, à l'Exposition universelle de 1855 et enfin au Salon de 1864. Riesener se livrait aussi parfois au plaisir des compositions littéraires et il a écrit pour le journal VArt quelques articles de critique publiés l'année dernière, sur les Cartons de M. Chenavard, Le vénérable artiste est mort le pinceau à la main, entouré de l'affection des siens et de l'estime de tous ceux qui l'ont connu.

ROBINET (Pierre), sculpteur français, mort à Paris le 18 avril 1878. Artiste laborieux et de mérite. Robinet avait obtenu quelque succès à l'École des Beaux-Arts sans parvenir pourtant au grand prix de Rome. Plusieurs statues de lui décorent nos monuments publics, entre autres les statues de Keller, de Jean Bullant, au Louvre, les statues du Baron Larrey et du Baron Desgenettes, à l'Académie de médecine, une Charmeuse, une Sapho, une Pandore, etc. Il a exécuté aussi divers travaux pour des cathédrales, et a restauré le grand portail^ de celle de Senlis. Robinet est mort dans la force de l'âge et on peut dire en plein combat ; il figurait encore cette année au nombre des concurrents pour la statue de Voltaire. Il avait obtenu une médaille au Salon de 1870.

Cet artiste a laissé une femme et trois enfants, qui,

malgré son travail et sa persévérance, se sont trouvés dans la misère. Plusieurs journaux ont demandé au ministre des beaux-arts d'accorder une pension à cette famille si digne d'intérêt. Le Figaro * a adressé aussi à la bienveillance publique la proposition suivante, que nous croyons devoir reproduire textuellement : <( Par une circonstance particulière, notre journal dispoée, dans un couvent des environs de Caen, d'une place à accorder à une orpheline de père ou de mère de quatre à six ans, qui serait élevée jusqu'à vingt et un ans. Nous offrons de rétrocéder nos droits en échange d'une situation qui permette à la veuve du sculpteur de vivre et d'élever honorablement sa petite famille. » Cet appel aura été entendu, nous l'espérons.

ROCHET (Louis), sculpteur français, mort à Paris, en mars 1878. Il était né dans cette ville en 1813. Porté dès sa jeunesse vers la sculpture, il entra à l'École des Beaux- Arts et suivit en même temps les leçons de David (d'Angers), pour lequel il éprouvait une profonde admiration. Mais, soit que son esprit fût trop indépendant pour se soumettre aux règles classiques, soit que la personnalité de son talent fût lente à se faire jour, il ne remporta point de succès dans les concours ni au Salon. Découragé, Louis Rochet quitta Part et se jeta dans la science. Il étudia avec une ardeur passionnée la géologie, la botanique, la zoologie. Il apprit le chinois et publia en 1816 un Manuel de la langue vulgaire chinoise; peu s'en fallut qu'il n'acceptât alors une mission dans le Céleste-Empire. Doué d'une mémoire prodigieuse, il parvint à parler les

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