‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 164 sur 218 · NÉCROLOGIE. — SANO · texte numérisé non relu

NÉCROLOGIE. — SANO

quatre figures allégoriques en bronze (1872); 5. M. l'Impératrice du Brésil, en bronze argenté; enfin> Charlemagner dont le plâtre figura à PExposition universelle de 1867. Cette belle et grande création a occupé, pendant les dernières années qui précédèrent sa mort, toute la pensée de Tartiste. La difficulté principale de cette sculpture héroïque consistait dans la représentation en façade du groupe équestre. Louis Rochet pensa la taincre ingénieusement en plaçant des deux côtés du grand empereur, tenant les rênes de son cheval, ses plus chers et ses plus vaillants lieutenants, Roland et Olivier. Le résultat répondit à Tattente de Fartiste, et son groupe monumental, placé par les soins de son frère dans la galerie d'honneur de l'Exposition universelle de 1878, au Champ de Mars, produisit un effet grandiose et saisissant. La noblesse des figures, le soin consciencieux qui avait présidé au choix des costumes minutieusement exacts, Texpression vigoureuse et martiale des têtes, conservée malgré les proportions colossales du bronze, attestaient le talent autant que la science de Fartiste, qui ne put malheureusement pas jouir de son triomphe. Miné par une maladie dont' il souffrait depuis quelque temps, Louis Rochet succomba aux fatigues produites par Fexécution finale de cette œuvre gigantesque. Il avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur à la suite de FExposition de 1855. La vente des tableaux, dessins, objets d'art, qui se trouvaient dans son atelier, a eu lieu à Fhôtel Drouot, le 4 juin 1878.

SANO (Emmanuel), peintre belge, d'origine italienne^ mort le 28 avril 1878, à Paris. Il naquit à Anvers, étudia la peinture en Belgique et devint un peintre de marine

fort goûté. Il obtint aux diverses expositions de la Belgique de légitimes succès, mais le goût des voyages, un certain besoin de changer sans cesse de place, qui ne lui permettait pas le repos, interrompirent une carrière bien commencée. Il passa sans cesse d'un pays à Tautre ne peignant plus qu'en amateur, c'est-à-dire produisant à de très rares intervalles. En effet, sa principale affaire fut de s'occuper des travaux des autres, |)lutôt que de pousser les siens davantage pour obtenir un rang dans l'art. Il gagna du resté en influence ce qu'il perdit en réputation, et à ce titre de connaisseur, s'entrenût dans les achats et dans la formation des galeries. 1^ prince Napoléon, entre autres, le chargea de rasseini)!^^ sa collection d'oeuvres d'art du Palais-Royal. Sano était bon connaisseur en tableaux. Ses conseils et son ^^^' cours furent d'une grande utilité au directeur d© 1^ Galerie nationale de Londres et valut à cette coUc^*^^^ l'acquisition d'un bon nombre de peintures itali^^^^^ enviables.

SCHULER (Théophile), dessinateur alsacien, i»ortà Strasbourg, en février 1878. Il était né en ^^^^'

à Strasbourg, et vint de bonne heure à Paris f^^^^

' au son éducation d'artiste. Dès son premier envoi

Salon, en 1845, un dessin à la plume, la Comtructiot^

la cathédrale de Strasbourg, attira sur lui l'attention ^*

mérita les plus vifs éloges de Théophile Gautier •

1848, il retourna dans son pays natal et ne le cj*^^

plus qu'après l'annexion. Il ne pouvait pas croire ^*

qu'il cessait d'être Français. Il alla à Neufchâtel ^

Suisse; mais le souvenir de la patrie absente était ***

cniel; il revint à Strasbourg, où il ne put adouci r

incurables regrets. C'est là quil est mort, dans rétablissement des Diaconesses, à Tâge de cinquante-six ans.

Toute l'activité de Schûler et tout son talent ont été consacrés à reproduire les types et les mœurs de sa patrie. L'Alsace entière se retrouve dans les nombreux et charmants dessins qui nous restent de sa main. On a de lui un certain nombre de tableaux, notamment une grande toile allégorique intitulée : le Char de la mort, qui se voit au musée de Colmar. Mais depuis quelques années il avait abandonné la peinture pour les illustrations de livres. Il a donné, dans les dessins à la plume et dans les bois qui ont été gravés pour le Magasin pittoresque, et pour les œuvres illustrées d'Erckmann-Chatrian, la vraie note de son originalité. « On n'oubliera pas, a dit M. Ph. Burty *, dans la notice nécrologique qu'il lui a consacrée, on n'oubliera pas la suite de lithographies à la plume qu'il publia vers 1853, réunies en album sous ce titre : les Schlitteurs des Vosges, On sait que les schlitteurs sont des ouyriers qui chargent sur des traîneaux les bois qu'ont débités les bûcherons; ils se placent devant, .les mains appuyés sur les deux côtés saillants du traîneau, qui est très élevé; puis ils se lancent sur les pentes, retenant du talon la charge dont la rapidité de la course augmente considérablement la poussée. Pour une seconde d'arrêt, l'homme serait broyé. Schûler rendit admirablement ce type d'ouvriers qui réunit la force physique à l'agilité, à l'audace, à la prudence. Il s'établit parmi eux durant plusieurs saisons. Il les étudia dans toutes leurs fonctions. Le livre qu'il leur a consacré,

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