L'Esthétique, par Eug. Véron. 1 vol. in
montre, avec la rigueur d'une équation algébrique, que les définitions sur le Beau attribuées à Platon et qui ont servi de base à tous les traités d'esthétique, ont été inventées après coup, est un chef-d'œuvre de précision.
La biographie des artistes, l'étude savante et minutieuse de leur œuvre, voilà ce qui stimule par-dessus tout aujourd'hui l'effort des écrivains. On fouille les archives, on rétablit les dates, on montre dans l'intimité de leur existenc"? privée, de leurs travaux, ou dans l'éclat de leur réputation les physionomies les plus diverses,, peintres, sculpteurs ou graveurs. Les ouvrages de ce genre publiés cette année sont nombreux. Nous citerons le livre de M. Charles Clément sur Gleyre, étude remarquable accompagnée de nombreuses lettres et de documents authei^tiques puisés aux sources les plus sûres par l'auteur, qui fut l'ami de l'artiste. Le David (d'Angers) de M. Henry Jouin est aussi un véritable mpnument élevé à la gloire du grand sculpteur. Ce sont deux beaux volumes de plus de 500 pages comprenant l'histoire détaillée de Ja vie de l'artiste, ainsi que les mémoires, lettres, etc. (le tout inédit), que David a laissés. Il est impossible de faire un livre plus complet, plus patiemment élaboré, d'une critique plus saine et plus sûre.
Dans les Caffien, M. J.-J. Guiffrey a accumulé des montagnes de documents, presque tous inconnus, qui jéclairent d'une vive lumière l'existence de cette famille de sculpteurs dont s'honore le xviii® siècle. Une physionomie qui ne cesse d'exciter les investigations savantes est celle d'Albert Durer. M. Ch. Éphrussy a consacré, dans la Gazette des Beaux-Arts de cette .année, une série d'articles à l'illustre artiste allemand. De son côté.
M. Gustave Gruyer a traduit en français le livre de M. Moriz Thausing, conservateur de PAlbertine, sur Albert Durer, sa vie et son ceuvre, et a rendu un véritable service aux gens de goût de notre pays en leur faisant connaîti'e ce livre remarquable.
La plupart de ces ouvrages biographiques sont édités avec luxe et ajoutent à la valeur du texte Téclat de leur parure. Mais la palme appartient au volume de M. Paul Mantz, intitulé Hans Holbein, qui est d'une richesse absolument sans rivale. « C'est un livre vraiment splendide », a dit un critique qui n'est jamais banal en ses éloges*. « Le papier en est très beau, très ferme et résistant, d'un grain fin et uni et d'une blancheur mate absolument uniforme. Le caractère est d'une netteté remarquable, hien proportionné au format, et d'une élégance sévère qui convient au sujet et qui donne au volume un aspect archaïque plein de saveur. Les fleurons, les lettres ornées et les culs-de-lampe sont gravés d'après Holbein. A cette illustration il faut ajouter 27 planches hors texte et 295 gravures dans le texte, ce qui fait 322 œuvres d'Holbein reproduites dans ce volume. On y retrouve les plus beaux dessins et les plus remarquables tableaux du maître. Outre ceux du Louvre, qui y sont très nombreux, on est allé en chercher à Bâie, au château de Windsor, à Darmstadt, à la Haye, à Berlin, à Dresde. On y a ajouté les Images de la Bible elles Simvr lachres de la mort, dont les anciennes éditions sont devenues introuvables, et les 83 dessins improvisés par Holbein surles marges d'un exemplaire de YÉloge de la folk