‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 180 sur 218 · SECTION DES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

SECTION DES BEAUX-ARTS

Tai cru devoir, dès mon entrée en fonctions, étudier à la fois les besoins de la section des Beaux-Arts pour le présent, pour le passé et pour l'avenir. Les intérêts du présent ont été constatés et assurés par des commandes considérables aux artistes les plus importants de notre École, toutes commandes faites dans le but de relever le grand art historique et monumental et par l'institution du prix du Salon, — les intérêts du passé par la formation d'une commission chargée de dresser et de publier VInventaire des richesses d^art de la France, par les relations établies avec Us Sociétés d^art (et d'archéologie) de nos départements, et par la préparation d'une loi pour la préservation de nos monuments et des œuvres d^art qui les décorent; — enfin le souci des intérêts de l'avenir nous a engagé à poursuivre la réorganisation de toutes nos Écoles nationales et à préparer, avec l'aide du conseil supérieur des Beaux-Arts, un programme complet de VEnseignement du dessin dans les établissements d'instriuition publique primaire et secondaire.

S 1^. — COMMANDES n'ODVRAGES D'ART

Dans les dernières années de l'Empire, tous les ministres qui présidaient la distribution des récompenses à la suite des Salons se plaignaient, à Juste titre, du délaissement de la grande peinture d'histoire

au profit de la peinture de genre et constataient rabaissement des études par lesquelles seules notre École pouvait soutenir son ancien renom et fournir des modèles dignes d'elle à l'industrie nationale. Il importait donc de relever tout d'abord l'art supérieur d'où découlent tous les autres, et quel plus sûr moyen de remettre en honneur cette noble peinture monumentale, qui est toujours et partout le parangon suprême des grandes écoles d'art, que d'appliquer à un vaste ensemble de décorations les artistes les plus éminents de notre pays?

Suivent les rapports insérés dans le Journal officiel du 7 mars et du 17 mai 1874, par lesquels, M. de Chennevières dqmande que le Panthéon soit décoré de peintures murales, et détermine la part des différeàts artistes choisis pour cette vaste entreprise. Suit également l'énumération des principales commandes faites depuis 1874 pour la décoration picturale ou sculpturale du palais de la Légion d'honneur, du palais du Luxembourg, du Palais de Justice, de TEcole de pharmacie, etc., etc. Nous croyons devoir passer cette fastidieuse nomenclature.

M. de Chennevières continue ainsi :

Mais c'est surtout dans les monuments de la province que la direc^ lion des Beaux-Arts a cherché de grands travaux pour y exercer les* talents de nos artistes et y réveiller le goût des belles choses, jadis favorisé par l'activité des écoles provinciales.

Nous nous efforcions ainsi de prendre les devants sur la proposition que j*ai formulée dans le rapport suivant, en date du 30 janvier dernier (1878), rapport que vous avec bien voulu approuver et confirmer par une circulaire aux préfets.

Monsieur le ministre, votre collègue, M. le ministre des travaux publics^, dans les attributions duquel se trouvent les bâtiments civils, prépare de vastes entreprises à Pactivité nationale. Ne jugerez-vous point qu'il conviendrait d'associer à ce mouvement votre direction des Beaux-Arts, en recherchant quelle part pourrait être faite, dans les travaux futurs, à l'admirable armée de peintres et de sculpteurs dont la France peut disposer aujourd'hui?

Notre école montre chaque année, dans ses expositions publiques, combien elle est prête, par la solidité de ses études et l'habitude des

1. Nous avons parlé de ce rapport dans le chapitre de l'administration. Voy. pages 9 et soiv. . .

grandes ordonnances, à un ensemble de décorations monumentales qui feraient l'orgueil de notre pays tout entier. Que si ces fortes études, qu*ont pour but de stimuler et d'entretenir non seulement les expositions annuelles, mais le grand prix [de Rome et Je prix du Salon, demeuraient inemployées et partant inutiles, il n'est que trop certain qu'à bref délai, Técole en perdrait le respect et l'usage, qu'elle s'acheminerait rapidement vers une décadence inévitable.

C'est à ce maintien salutaire de la grande peinture d'histoire qu'ayaient visé les commandes approuvées par vos prédécesseurs de la décoration du Panthéon, du palais de la Légion d'honneur, des plafonds du Luxembourg et des quelques monuments de la province qui s'étaient offerts à nous à Rouen, à Bordeaux, à Montpellier, à Amiens, au Havre, etc.

Je vous proposerai aujourd'hui, monsieur le ministre, d'étendre et de régulariser le principe de tels travaux en l'appliquant aux H6tels de ville, aux Palais de Justice, aux Facultés de droit et de médecine, de sciences et de lettres, aux Bibliothèques et aux Musées, aux Chambres de commerce de la province; à tous les édifices, en un mot, qui relèvent, soit de l'État, soit des municipalités. Ce ne serait, d'ailleurs, que reprendre une tradition fort usitée en France à nos grandes époques d'art et particulièrement au xvn* siècle, et dont témoignent l'Hôtel de ville de Lyon, les Palais de Justice de Rennes et de Montpellier, et l'histoire de tant d'autres monuments de province à Rouen, à Aix, i Dijon, à Toulouse, partout!

. Pour les édifices municipaux et départementaux, peut-être trouverez-vous dans votre administration des Monuments historiques un précédent utile : là, villes et départements participent pour une somme convenue aux dépenses qui sont résolues et dont eux seuls profitent. Quant aux bâtiments de l'État, il va sans dire que l'État seul devrait y supporter les frais des décorations projetées.

Pour conduire sagement et avec ordre une œuvre où toute la France serait intéressée, vous jugerez qu'il serait bon, monsieur le ministre, d'ouvrir une enquête sur les monuments publics qui seraient dignes d'être classés dans la répartition successive des travaux de nos artistes. Et c'est pourquoi J'ai l'honneur de vous proposer d'adresser à MM. le» préfets une circulaire les invitant à étudier avec soin quels édifices de leur ressort appelleraient utilement la main de nos peintres et de nos sculpteurs, lesquels pourraient être choisis de préférence entre ceux que leur ville ou leur département a envoyés ou pensionnés dans nos grandes écoles d'art parisiennes et qui y ont acquis science et honneur.

Je suis profondément conyaincu, monsieur le ministre, que nos Assemblées législatives, héritières des prérogatives et des ressources de nos anciennes assemblées provinciales, des États de Bourgogne, de Bretagne, de Provence et de Languedoc, ne se montreraient pas moins empressées qu'elles à voter les fonds nécessaires pour la décoration des monuments publics de leurs villes. Elles ne seraient pas moins soucieuses d'élever Fesprit et le goût de leurs populations par le speC" tacle des plus belles inventions de leurs artistes et des plus nobles souvenirs de leur histoire; nos Chambres, enfin, auraient certainement k cœur d'entretenir, en les répandant sur toute la surface du pays, la sève et la vie de cet art français, source de notre plus vraie richesse, qui par elles seules peut durer et qui, sans leur appui, peut tout à coup s'étioler et mourir. J'ai l'honneur d'être, etc.

A Montpellier, dans une salle du Palais de justice, deux vastes compositions murales ont été confiées à M. Em. Michel, ancien grand prix de Rome, conservateur du Musée et directeur de TÉcole de dessin de cette ville.

A Bordeaux, la décoration de la Chambre de commerce a été partagée entre MM. Dupain et Priou et complétée par la reproduction des quatre portraits de Valin, Colbert, Montesquieu et Turgot, dont ont été chargés MM. Daniel Casey, L. Roux, Durangel et Al. Lafond. En môme temps, le tableau de M. Romain Cazes, VAssomption de la Vierge, était placé dans l'église Notre-Dame, et tout récemment les deux statues de Montesquieu et de Cujas étaient commandées pour Bordeaux à MM. Dumilâtre et J. Félon.

A la Rochelle, M. Matout a eu à peindre une chapelle de la cathédrale, de môme que M. Salmson avait à composer le modèle d'une statue de Henri IV pour le beffroi de l'hôtel de ville, statue exécutée en terre cuite émaillée par M. Deck.

A Rouen, un plafond très important, pour le Palais de Justice, a été attribué à M. Laugée et le Musée a reçu, en dehors de la distribution générale et régulière d'objets d'art faite aux collections départementales, le buste en marbre de Brevière, par M. Louis Auvray.

A Angers, concurremment avec M. Dauban, M. Lenepveu a eu à exécuter des peintures décoratives pour l'hôpital civil et militaire de sa ville natale, tandis qu'un vitrail, par M. Oudinot, était placé dans la chapelle des sœurs de Saint-François et le tableau de M. Laugée, Louis IX et ses trois intimes, dans une des salles du grand séminaire.

A Amiens, M. Delangle, chargé antérieurement de travaux considérables pour le Musée européen, a accepté d'exécuter, en échange, la

décoration intérieure de la cour d'honneur du Musée, tandis que M. de ForceTille-Duyette recevait les marbres nécessaires à l'exécatioD de son groupe lês Hommes célèbres de la Picardie et que N. Sanson scnlptait, pour le Palais de justice, les quatre statues en pierre de Démosthéne et Cicéron, de la Force et du Droit.

A Lille, la décoration de l'église Saint-Michel a été confiée à M. A. Colas.

Au Havre, MM. Villeminot, Alb. Lenoir, Foulongne et Edouard ont été employés à la décoration du Palais de justice.

A Bourges a été attribuée la statue en marbre de Jacques Cœur, par M. Préault.

Pour Gahors, un tableau représentant un fait glorieux d'histoire locale Jean Chandos à Cahors, a été commandé à M. Jac Léman.

Pour l'église de Saint-Gilles, dans le Gard, une peinture a été commandée à M. Doze, de Nîmes.

Pour le cimetière de la Rivière, à Belfort, le Iraste du général Beuret a été fondu d'après le marbre du musée de Versailles.

A Falaise, la fonte des figurines des premiers ducs de Normandie s complété le monument de Guillaume le Conquérant, par M. Rochet.

Pour la cathédrale de Coutances ont été refaites les statues en pierre de Tancrède de Hauteville et de ses fils, détruites en 1793, et dont l'exécution a été confiée à MM. Leveel, Captier, Goinchon, Mathieu Meunier, Lequien, Letellier et Vilain.

Dans la cathédrale d'Angoulême a été érigée la statue colossale en pierre du comte Jean, dit le Bon, par M. Gaudran.

Pour Clermont-Ferrand, la statue en marbre de Biaise Pascal a été commandée à M. Guillaume."

Pour Boulogne, celle de Sauvage, l'inventeur de l'hélice, commandée à M. Lafrance, et le buste de Monsigny, commandée à M. L. Meusnier.

A Caen, a été attribuée la statue d'Auber, dont M. Delaplanche a reçu la commande.

L'École des sourds-muets de Bordeaux a reçu le groupe en bronze de Vahbé de VEpée^ par M. Auvray.

L'église de Péronne, la Mise en croix, tableau par M. Charles-Henri Michel, et le tribunal civil de la même ville un Christ en croix, ptf le même artiste;

La ville de Gluny (Saône-et-Loire), le buste en marbre de Prud'hon, commandé à M. Truffot;

Le Prytanée militaire de La Flèche, le buste en marbre de Louis XVI, par M. Henri Brun, et un portrait de Henri IV, par M. Duraagel.

Le tribunal de commerce de Toulouse, le tableau de M. Tournachon, Installation des juges consuls diaprés Robert-Fleury.

Le musée de Douai, le buste en marbre de Solon, par M. L. Auvray, et celui de Henri Berthould, par M. Houssin.

La Cour d'appel d'Orléans, le portrait de d'Aguesseau, par M. Goutel.

L'église de Longwy (Meurthe-et-Moselle), le tableau de M. Dupain, le Bon Samaritain, exposé au Salon de 1876.

Les bas-reliefs de l'église Notre-Dame-de-la-Place à Séez (Orne) ont été restaurés par M. Larue, et M. Falguière a reçu la commande de sept bas-reliefs pour l'église Sainte-Anne d'Auray (Morbihan).

Ehfin il n*est pas de monument civique ou patriotique auquel nous n^ayons participé par des dons de marbres ou par la fonte des modèles, ou par subventions en argent : le monument de M. de Caumont à Bayeux, par M. Leharivel-Durocher; celui de Pabbé Cochet, à Rouen, par M. Iselin; celui d'Élie de Beaumont, à Gaen, par M. Hochet; celui de La Quintinie, à Versailles, par M. Cougny ; celui de Philippe de Girard, à Avignon, par M. Guillaume; celui de Watteau, à Valenciennes, par Garpeaux; celui de MB' Affre, à Rodez, celui des Gardes mobiles du Cher morts à Juranville; celui qui a été érigé à la Mémoire des victimes de la guerre, à Lunéville; celui de Suger, & Saint-Omer ; celui de Piwre d'Ailly, dans l'église Saint-Antoine, à Gompiègne; le Monument de Mars-la-Tour, par M. Bogino; celui de l'intendant d'Etigny par M. Crauk, à Luchon ; celui de Jean de Grouchy, à Harfleur; celui de Rameau, à Dijon, par M. Guillaume; celui de M6' Landriot, par M. Thomas, dans la cathédrale de la Rochelle; celui de Claude Bourgelat, par M. Crauk, à Alfort.

Au gouverneur de TAlgérie nous avons envoyé les moulages faits à Versailles des bustes de ses prédécesseurs. J'ai même obtenu que, pour représenter Tart de la France aussi loin que s'étendait l'influence de son nom glorieux, une statue d^ange en bronze fût exécutée par M. Vital-Dubray et envoyée à Canton qour y couronner le Monument de nos soldats morts durant la guerre de Chine. Une tapisserie des Gobelins, d'après le Christ mort, de Philippe de Champaigne, a été offerte au couvent de Sainte-Anne, à Jérusalem, pour les cérémonies du Saint-Sépulcre.

Ainsi que vous le voyez, monsieur le ministre, je me suis appliqué à constamment assurer aux commandes de TÉtat un but et une place déterminés à l'avance. C'est que l'État et l'artiste ont un égal avantage à ne point produire dans le vague. Le pays tire un vrai profit de l'œuvre sagement combinée pour la décoration de l*un de ses monuments;

Tartiste qai sait pour quelle muraille ou pour quelle place publique il traTaiUe, s'évertue, dans Tintérôt de sa propre gloire, à être digne de cette muraille ou de cette place publique. H semble que le directeur des Beaux-Arts, qui agirait autrement, trahirait sa fonction et se réduirait au r61e de distributeur de tristes aumônes.

Pour en finir ayec les commandes de ces quatre années, j'ajouterai' que la gravure au burin et à Teau-forte et la gravure en médailles n'ont pas été oubliées. Bien résolu à grossir tôt ou tard le trésor national de la chalcographie du Louvre par l'adjonction des planches gravées que possède dans son propre fonds la direction des Beaux-Arts, je me suis souvenu que, parmi les planches les plus intéressantes de de cette chalcographie, étaient celles qui, au xvii* et au xvin* siècle, avaient traduit les œuvres peintes ou sculptées de leurs contemporains, et, dans le règlement du Salon de 1874, j'ai proposé d^insérer un article qui prévoyait la commande d'une planche gravée d'après les œuvres qui auraient obtenu la médaille d'honneur au Salon de chaque

année. Ce principe nous a déjà valu la planche de M. Morse d'après la

CollaborfUiony de Gérôme; celles de MM. Jacquet et Bellay d'après la Jeunesse, de Chapu; le Gloria victis, de Mercié, la Charité et le Courage militaire, de Paul Dubois; celle de M. Levasseur d'après la Pensée, de Chapu. M. Laguilhermie est occupé à graver à l'eau-forte la Mort de Marceau, de J.-P. Laurens, et M. Alphonse Masson reproduit par le même procédé les compositions de M. Puvis de Ghavannes qui décorent Sainte-Geneviève.

Le désir de reprendre pour la chalcographie nationale la série des planches de fêtes qui illustrèrent, au xvin* siècle, les noms de Gochin et de Moreau le jeune, a inspiré les commandes : à M. Détaille, d'un dessin représentant Vlnauguration du nouvel Opéra, qui sera gravé par M. J. Jacquemart; à M. Gaucherel, le dessin et l'eau-forte de Vlnauguration de la Manufacture nationale de Sèvres; enfin, dans ces derniers jours, à M. Edmond Hédouin le dessin et Peau^forte de Vlnauguration de l'Exposition universelle de 1878.

Vous venez, par un arrêté récent, conformément au rapport suivant, que j'ai eu l'honneur de vous adresser, d'approuver une série de commandes aux plus habiles lithographes qui nous restent, dans le but d'honorer et d'encourager un art qui a produit des chefs-d'œuvre pendant la meilleure période de notre siècle.

Monsieur le ministre, la lithographie, après avoir été en France, durant quarante ans, un instrument d'art admirable entre les mains

des grands maîtres : Géricault, les Vemet, Charlet, Bonington, Delacroix, de Lemud, Raffet, Gavami, Daumier, etc., etc., et de traducteurs tels que Cél. Nanteuil, Français, Mouilleron, Eug. Leroux, Soulange- Tessier, Sudre, Aubry-Lecomte, etc., s'est vue tout à coup abandonnée par la faveur publique, qui tout d'abord Pavait poussée si haut, et elle menace de disparaître si rapidement et si complètement que bientôt on ne trouvera plus, dans notre pays, un artiste qui Texerce avec respect et avec honneur.

C'est pourquoi, monsieur le ministre, j*ai cru que, pendant quMl en était temps encore, il serait bcm d'utiliser les derniers lithographes survivants en leur demandant de nous traduire sur pierre un certain nombre des plus excellentes peintures de la génération qui finit, de ces œuvres dont leur art fut le contemporain et l'interprète incomparable.

n sera intéressant de posséder dans les dépôts de la direction des Beaux-Arts, et bientôt aptes dans ceux de la chalcographie nationale, quelques pierres lithographiques à côté des planches gravées au burin et à l'eau-forte et d'avoir ainsi les échantillons des divers procédés de l'art, sans en excepter celui qui a jeté un grand lustre sur la première moitié de notre siècle.

Nous sommes certains, en outre, que les peintres de notre temps n'eussent point désiré un mode de traduction plus approprié à leurs œuvres et qui en expliquât mieux au public les effets solides et brillants, et les transparences délicates, puisque ces peintres ont presque tous usé de la lithographie pour exprimer leurs propres pensées, et qu'ainsi les lithographes peuvent appliquer à chaque maître sa propre manière indiquée par lui-même.

J'ai donc l'honneur de vous proposer, monsieur le ministre, de vouloir bien approuver en principe la commande successive de quelques pierres lithographiques qui seraient exécutées, d'après des œuvres notables de nos meilleurs artistes contemporains : Ingres, Eug. Delacroix, Decamps, Corot, Th. Rousseau, J.-F. Millet, Troyon, Flandrin, Meissonier, Cabanel, Fromentin, Gustave Moreau, etc., soit que ces peintures fassent partie de nos Musées ou de la décoration de nos monuments, soit qu'elles soient conservées dans les plus importants cabinets de nos amateurs.

Par arrêtés en date du 22 février, étaient en effet chargés de reproduire par la lithographie :

M. Mouilleron, le tableau de Decamps : la Bataille des Cimbres;

M. Chauvel, le tableau de Fromentin : un Campement arabe;

M. Vernier, le tableau de J.-F. Millet : V Angélus;

M. J. Laurens, le tableau de M.Gabanel : Scùnt Louis;

M. Paul Flandrin, le tableau d*Hippolyte Flandrin : Jésus et ks Enfants;

M. Français, le tableau de Th. Rousseau : Sortie de forêt à Fontainebleau;

M. Gilbert, le tableau de M. Robert-Fleury : Jane Shore:

M. Sirouy, le Plafond de la galerie d* Apollon, par Eugène Delacroix.

Peut-être y aura-t-il lieu quelque jour d'honorer et d'encourager de même la gravure sur bois par la commande de grandes pièces reproduisant les plus merveilleux chefs-d'œuvre de nos décorations théâtrales. Il se dépense en ce genre, hélas! périssable et soumis aux chances de succès du musicien et du librettiste, une somme prodigieuse de talent et de science dont il serait absolument juste de conserver et de consacrer le souvenir.

La sculpture en pierres fines n'a pas été oubliée; témoin leâ deux bustes en onyx d'Ingres et de David (d'Angers), commandés i M. Ad. David.

Enfin, pour que la gravure en médailles eût la part d'encouragement à laquelle elle avait droit, M. Lagrange a été chargé d'exécuter la médaille du Nouvel Opéra; M. Degeorge, la médaille commémorative des Élèves de'V École des Beaux- Arts tués pendant la grtierra ; M. Chaplain, la médaille de récoffipense pour les Élèves des écoles nationales de dessin à Paris; M. Valentin Borel, celle du Frère Philippe, supérieur des Frères de la Doctrine chrétienne, comme celle de Claude Bernard vient d'être commandée à M. A. Borrel.

S 2. — LE PRIX DU SALON. — LES EXPOSITIONS. LB CONSEIL SUPERIEUR DES BEAUX-ARTS. — ACQUISITIONS

Page 1