ÉCOLE NATIONALE DES ARTS DÉCORATIFS
L'École de dessin et de mathématiques, ancienne école royale gratuite de dessin, fondée en 1767, a été, de son côté, Tobjet des préoccupations de mon administration et j*ai du proposer plusieurs mesures destinées à relever cet important établiseemebt et à le ramener dans sa voie d'origine. Les règlements n'y étaient plus observés et déjà Tun de mes prédécesseurs, M. Arago, avait résolu de confier à une commission spéciale l'examen de toutes les questions concemaut Técole. Les événements de 1870 interrompirent les travaux de cette commission ' et, . lorsque je fus appelé à la direction des Beaux- Arts, l'Écolç attendait encore le résultat de l'enquête de 1870. C'est alors que j'adressai à M. le ministre de l'instruction publique le rapport suivant :
Suit le rapport demandant qu'une Commission spéciale étudie les réformes à introduire dans l'organisation de l'École.
La commission chargée de l'enquête sur l'école termina son Apport par un projet de règlement général comprenant le progrwnme des •études, l'organisation de l'administration de l'École et la reconstitution des comités de protection et de contrdUe supérieur. Le ministre,. M. de Gumont, fixa par un arrêté du !«' octobre 1874 le nouveau règlement de l'École et successivement parurent les dispositions ministérielles qui complétèrent ou reconstituèrent les différents, conseils de l'école. Déjà, dès le mois de février 1874, j'avais proposé la. nomination au Conseil de protection des membres ci-après :
Le directeur des Beaux-Arts, président,
Le préfet de la Seine, président d'honneur,
Le président de la Chambre de commerce,
Le directeur dej'école,
MM.Barbedienne,Bouilhet, Boulanger, Brftquenié, Chabert, Dufosséi Durenne, Du Sommerard, Duvelleroy, Gatteaux, Gérôme, Louvet, Poussielgue-Rusand, Masson, Parfonry, Rossigneux, Roudillon, Verdi- Delisle.
Par des arrêtés successifs, cet important comité, destiné à patronner les jeunes gens à leur entrée dans les ateliers de l'industrie, fut •complété, et furent appelés à en faire partie : "
MM. E. Guillaume (août 1874), MuUe, Aumont-Thiéville, Dubief, Levasseur, Dubouché, Lebègue, Reynart, Ghatel, Hacbe, Delagrave, Hacinet, Sauvageot, Biais, Fourdinois, Lefebure, Turquetil, Paillard, Boucicault, Leharivel-Durocher, Garnier (12 octobre 1877), Fontan'a, Louvet fils, en remplacement de son père, décédé, vice-amiral Cloité (23 octobre 1877), Ed. André et vicomte H. Delâborde (mai 1878).
Le 15 octobre de la même année 1874, le comité consultatif, dit de récole, est reconstitué par arrêté ministériel ainsi qu*il suit :
Le directeur des Beaux-Arts, président, MM. Eugène Guillaume, Gérôme, Gatteaux, Labrouste, le directeur de l'école, .et M. Gruyer, secrétaire, et le 26 novembre suivant, un autre arrêté consacre le bureau de l'assemblée des professeurs.
La solennité de la distribution des prix m'avait fourni, dès le 9 août 1874, Toccasion de m'expliquer sur les dispositioAs nouvelles .qui allaient régir Fécole; je prononçai eu conséquence l'allocution suivante.
Suivent les discours prononcés par M. de Ghennevières à la distribution des prix de 4874, '1875, 4876, 4877, discours remarquables, remphs d'énergie, de chaleur, de vues élevées et patriotiques sur l'enseignement du dessin à introduire en France pour relever nos industries d'art, remplis aussi d'idées pratiques, et que nous ne pouvons reproduire à cause de leur longueur. Dans l'allocution de 4877, M. de Ghennevières en annonçant aux élèves la mort de leur directeur, M. Laurent Jan, leur présenta son successeur, M. Louvrier de Lajolais, que sa compétence bien connue dans toutes les questions relatives à l'enseignement des arts décoratifs avait désigné à son choix, et qui ne tarda pas àjnontrer ce dont il' était capable en apportant en ses nouvelles fonctions si grande intelligence, son activité, son impétuosité dans la poursuite des progrès.
Enfin} sur le rapport qui me. fut adressé par le nouveau direc-
leur de l'écolei je proposai à M. Brunet, ministre de l'instruction publique, de couronner les réformes de l'école en r^ippelant la destination spéciale de cette institution par un titre qui ne permît plus d'équivoque' sur son but, plus de confusion avec d'autres établissements, et Parrêté ministériel du 9 octobi'e 1877 donna à l'école le nom d'École nationale des arts décoratifs. Le conseil d'encouragement et ide
protection de Técole fut reconstitué, les membres décèles furent remplacés et plusieurs membres nouveaux nommés, dans le but de former un patronage Uctif et sérieux pour les jeunes élèves destinés aux industries d*ai>t. (Arrêtés du 12 et du 25 octobre 1877 et du 11 janvier 1878. V. Bulletin des Beaux-Arts, octobre 1877.)
Votre sollicitude s'est portée sur l'école, monsieur le ministre, et •vous avez voulu témoigner à cet établissement^ si populaire et fréquenté par un si grand nombre d'élèves, l'intérêt que vous attachiez à le voir progresser. La longue visite que vous avez faite à rlÉcole des arts décoratifs vous a convaincu qu'il était urgent de répondre ^ des exigences nouvelles que n'avaient pu prévoir même les plus récentes améliorations et par divers arrêtas vous avez régularisé le cours d'anatomie, créé celui de -perspective pratique, et vous avez soulagé le service véritablement trop chargé de certains professeurs, en nommant M. Foulongne professeur adjoint de dessin, -en créant trois places de répétiteurs et en attachant à Tatelier un artiste industriel chargé, sous la surveillance du professeur titulaire, d'enseigner les pratiques spé- - 'ciales de la peinture décorative. Le même jour, vous avez bien véulu, -sur ma proposition, augmenter provisoirement le traitement des deux ^ professeurs adjoints de mathématiques, qui remplissaient leurs fonc- . tiens depuis plus de vingt-cinq ans à l'École pour une rétribution de moins de 1,200 francs, et votre atteniion s'est portée sur l'insuffisance bien prouvée des ressourcesT de l'École ; vous avez bien voulu vous charger de demander aux Chambres un crédit suffisant pour rétribuer honorablement les professeurs et pourvoir aux besoins sans cesse croissants d'un enseignement qui s'adresse à une institution qui inscrit chaque année neuf cents élèves nouveaux à ses cours. ■ - ^ Enflh, monsieur le ministre, je me suis préoccupé surtout de reméidier à un des graves inconvénients de l'écolet qui manque absolument de place et cpii est, de plus, menacée par des expropriations probable ^qui la rendront Inhabitable. Dans la visite que vous avez bien voulu faire à cet établissement au mois de février, vous avez constaté vous^ même qu'il n'y avait pas de place pour la Bibliothèque, pas de pla^ pour l'installation de collections commencées par le nouveau directeur, pas de place à ramj)hithéâtre et dans certaines classes,' entre autres celles de l'architecture, qui ne. peut pas installer une seule table de lavis. Des études ont été faites avec persévérance, et j'ai pu confier à M. de Ronchaud le soin de présenter à l'approbation de la commission de réorganisation des beaux-arts le projet de plan de reconstruction de l'école sur l'emplacement des derniers bâtiments de l'Hôtel-Dieu (nre
APPENDICE. : ' . mZ
gauche}, plan que j'avais communiqué à M. le préfet de la Seine, qui rayait, de son côté, fort approuvé ; la^commission Ta approuvé de son jcdté, et j'ai transmis l'ordre à M. Lpuvrier de Lajolais de poursuivre l'étude d'un projet dont la réalisation à bref délai est une chose des .plus désirables.
Les succès de l'école dans les divers concours publics où elle s'est préeentée sur l'ordre que je lui en ai donné) sa brillante exposition au Champ de Mars, où elle soutient avec honneur la placQ de la France dans un enseignement spécial qui a été si puissamment développé, et encouragé à l'étranger, m'autorisent à penser que les mesures qui ont été puises depuis 1S74 et qui ont été appliquées, du reste, avec un zèle dont je dois féliciter l'assemblée des professeurs, ont été de quelque utilité pour l'établissement destiné à former l'élite de la population de i)os ateliers.