‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 27 sur 218 · Voy. à TAppendice page · texte numérisé non relu

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pris à la légère, car s'il est vrai que la lenteur de la fabrication des tapisseries de Beauvais est cause d'une faible production, il est incontestable aussi qu'elle produit des œuvres incomparables et dont on. pourrait re-

gretter quelque jour d'avoir perdu la tradition. »

VILLE DE PARIS. — Beaux-Arts et Travaux historiques.

Chaque année, le service des Beaux-Arts de la ville de Paris dispose, sur le budget municipal, d'un crédit de 300,000 francs destinés à des commandes de peinture, sculpture, vitraux, gravure en taille douce et en médaille, ainsi qu'à l'entretien des objets d'art qui ornent les édifices municipaux. Lors de la répartition du crédit, un état de situation est soumis au Conseil municipal en même temps que les propositions du service pour les commandes nouvelles. Cet état contient la liste des travaux en cours d'exécution, les prix alloués, les acomptes déjà payés, ceux prévus pour l'exercice courant et les sommes restant à répartir sur les années suivantes.

Un crédit annuel de 25,000 francs est inscrit en outre au budget départemental pour subvenir aux travaux d'art à exécuter dans les communes du département delà Seine. Ces commandes sont en général réservées pour les élèves de l'École des Beaux-Arts qui se sont distingués dans les concours de l'École.

A ces deux crédits annuels viennent s'ajouter les sommes prévues pour les travaux d'art destinés aux édifices en construction. Ces ressources sont naturellement

variables, mais parfois très importantes lorsqu'il s'agit, par exemple, de monumehts considérables, tels que THôtel de Ville et le Palais de Justice.

Le service des Beaux-Arts fait un emploi aussi méthodique que possible des fonds qui lui sont alloués. Le Conseil municipal ayant demandé que, dans la répartition du crédit, une part plus considérable fût faite désormais aux œuvres destinées à la décoration des édifices civils, l'Administration, se conformant à ce désir, .a confié à des artistes désignés par la Commission des Beaux- Arts des travaux importants pour les diverses mairies de Paris.

C'est ainsi que M. Cormon a été chargé de décorer la mairie du IV* arrondissement; que M. Emile Lévy a exécuté, pour la mairie du VIP arrondissement, quatre tableaux ; que M. Mathieu a composé un plafond pour la nouvelle mairie de Clichy et que, plus récemment encore, M. Gustave Boulanger a été choisi pour la décoration picturale de la nouvelle mairie du XIIP arrondissèment ^ D'autre part, depuis plusieurs années, l'Administration achète, à la suite de chaque Salon, un certain nombre de sculptures destinées à élre placées dans les monuments municipaux od dans les jardins publics. Le parc Monceau, lessquares Montholon, du Templey-Sdinte- Clotilde, des Petits-Ménages, etc., ont déjà reçu des sta* tues ou des groupes en marbre et eii bronze qui avaient' été remarqués aux dernières expositions:

Les ouvrages ainsi acquis pour le compte de la ville,

1. La plupart de ces œuvres ont figuré à TExpositLon unÎTersellp dans le pavillon de la ville de Paris, et sont mentionnées dans le catalogue spécial qui a été publié à cette occasion.

et ceux qui ont été commandés par ell^ pour la décoration des édifices municipaux, sont réunis chaque année dans une exposition spéciale à TÉcole des Beaux-Arts (saUeMelpomène).

La gravure en médaille donne lieu aussi chaque année à des commandes destinées à rappeler les événements importants accomplis à Paris, ou la construction des nouveaux édifices d'utilité publique. L'administration encourage également la gravure en taille-douce, à laquelle la photographie et les procédés qui en dérivent, font une concurrence fâcheuse. Elle a, dans ce but, entrepris la publication de travaux qui ont le double avantage de stimuler le talent des artistes et de conserver le souvenir des plus belles peintures exécutées dans les édifices municipaux.

Une commission spéciale, composée des artistes et des savants les plus distingués, la plupart membres de l'Institut, ainsi que les membres du Conseil municipal auxquels sont adjoints les fonctionnaires de l'administration les plus compétents en matière d'art, est appelée à donner son avis sur les projets de commandes, au point de vue de leur utilité et de leur convenance. Elle propose au choix du préfet les artistes qu'elle juge dignes de cet honneur ; elle suit l'exécution des travaux en examinant les esquisses de sculpture, de peinture, de vitraux et de modèles en terre; enfin, elle prononce l'acceptation définitive des œuvres d'art qu'elle va examiner sur place et dans les ateliers. •

Après l'achèvement de son travail, chaque artiste est

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tenu de rendre l'esquisse à la ville, qui en forme une collection à l'hôtel Carnavalet. Plusieurs de ces esquisses

ont été envoyées h, TExposition universelle à défaut des travaux eux-mêmes qui ont été exécutés sur mur, et qui ne peuvent être déplacés.

Voici comment ont été répartis, cette année, les

divers crédits dont dispose la division des Beaux-Arts de

^ la Ville de Paris : le crédit de 300,000 francs a été

\ employé en achats de sculpture au Salon (52,000 francs),

et pour les travaux en cours (248,000 francs). Les sculptures acquises sont les suivantes : les Premières Funérailles, groupe plâtre, par M. Bardas, qui doit livrer l'exécution en marbre; le Paradis perdu, groupe plâtre, par M. Gautherin, qui doit livrer l'exécution en marbre; Méditation, statue marbre, par M. Antony Noël; /es /Ttromfe/fes, statue marbre par M. Peifler. Sur le crédit de 25,000 francs, inscrit au budget départemental, on a commandé les œuvres suivantes :* M. Oscar Mathieu a été chargé de compléter, par l'exécution de sept dessus de porte, la décoration de la mairie de Clichy; M. Léon Perrey doit exécuter un buste en marbre de feu M. Belgrand, directeur des eaux et égouts; M. Truphème, un buste en marbre de Gondorcet, et M. Taluet, un buste en marbre de La Place. Enfin, outre le crédit de 70,000 francs, con- ' sacré aux dépenses nécessitées par les publications historiques et topographiques, celui de 8,000 francs, ouvert pour subvenir aux frais de garde et d'entretien du matériel du musée Carnavalet, le service des Beaux-Arts, dispose encore, comme nous l'avons dit, des sommes prises sur les crédits spéciaux d'architecture pour la décoration picturale et sculpturale de certains édifices. C'est sur cette somme que sont imputables, par exemple : les figures symboliques commandées, cette année, à

M. Élie Delaunay pour la première chambre du Tribunal civil, ainsi que les figures décoratives que M. Mathurin Moreau doit exécuter pour la porte de l'horloge de la salle des Pas perdus au Palais de Justice.

Comme on le voit, le budget consacré par la ville de Paris aux Beaux-Arts est considérable et égale presque, pour les acquisitions seulement, ia somme que consacre rÉtat au même objet pour toute la France. La comparaison est donc tout à l'avantage de la capitale, et l'on ne peut que souhaiter de voir une telle générosité imitée par l'État. Nous ferons pourtant une observation. Grâce A cette vague formule : travaux en cours, il est impossible de se rendre un compte exact et rapide de l'emploi des sommes dépensées. La ville, faisant chaque année des commandes pour une somme équivalente à son crédit, ne parvient jamais à liquider l'arriéré. Il est à désirer que Ton puisse promptement solder les dépenses antérieures afin de disposer chaque année du crédit total.

En terminant, disons qu'un don considérable a été fait au mois d'avril par M"' la duchesse de Galliera, à la ville de Paris. Il se compose d'un certain nombre de tableaux, statues, objets d'art et de curiosité qui seront placés après la mort de la donatrice dans un palais spécial qu'elle se propose de faire construire. On trouvera à la fin de ce volume S le rapport de M. Jobbé-Duval au Conseil municipal de Paris, tendant à l'acceptation de ce don généreux, ainsi que la note explicative de M""' la duchesse de Galliera.

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