‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 81 sur 218 · Le Temps, août · texte numérisé non relu

Le Temps, août

cependant qu'elle est éminemment française, car la France Ta faite sienne tant par le chiffre de sa production que par les études auxquelles elle Ta soumise et les perfectionnements qu'elle y a apportés. La Manufacture de Sèvres y a contribué pour une part importante. » M. Henry Houssaye ajoute * : « Seule des anciennes fabriques de porcelaine, la manufacture de Sèvres est restée digne de son passé. Elle a subi, il est vrai, pendant plus d'un demi-siècle, une fâcheuse influence qui lui imposait des formes pompeuses et guindées, et qui lui faisait multiplier les vases et les services de mauvais goût... Mais aujourd'hui la manufacture de Sèvres est revenue à un sentiment plus juste de l'art décoratif. Les formes, sans perdre les lignes du grand style, se sont assouplies, les émaux brillenti de tons superbes et variés, les décors pleins de grâce, de goût et d'imprévu, s'approprient bien à leur destination. »

M. Adrien Dubouché confirme ce jugement: « Sous Louis-Philippe et sous l'Empire, dit-il *, la manufacture de Sèvres avait oublié de vivre ; elle était malade et les remèdes lui faisaient défaut. Il lui manquait le goût, le goût surtout et l'esprit de suite. Le goût, parce que la copie textuelle des tableaux, le triomphe de M™" Jacotot, menait à une mort fatale, et à époque fixe, le décor de la porcelaine ;'et pour conduire le deuil et pour couronner dignement la mort, il y avait les fleurs très correctement imitées de la mode précieuse de Redouté ; il y avait des paysages richement étalés sur des fonds d'assiettes dans la galerie de Fontainebleau, qui prétendaient

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