Moniteur universel
les teintes vives par des gammes savantes, an Tafifadit et OQ lui ôte ses méritesr particuliers sans lui donner les qualités de Part proprement dit, avec lequel elle ne pourra jamais rivaliser. C'est évidemment une folie de vouloir reproduire, avec des smalti d'un demi-centimètre, les finesses d'expression qu'un peintre a eu toutes les peines du monde â rendre avec un poil. » L'Académie des "beaux-arts de Venise a rendu ce témoignage à M. Salviati, que ses mosaïques égalent au moins les plus belles des anciens mosaïstes.
TAPIS ET TISSUS d'AMEUBLEMENT.
Membres du jury. — France : Darcel, Croué, Marceau, Sallandrouze de Lamornaix, Dupont. — Angleterre : V. Robinson. — Espagne : Don José de Etcheverria. — Pays- Bas : P. Van den Brock d'Obrenan. — Perse, Siam, Maroc, Tunisie et Annam : H. Herman.
Diplômes d'honneur, équivalents à une grande médaille : manufacture de Beauvais, manufacture des Gobelins, Sa Majesté impériale le shah de Perse.
Grande médaille : Braquenié et €•• (France et Belgique).
Médailles d'or. — France : Armand Gaidon et G'* (rappel), Berchoud, B. Boulla, Catteau, les héritiers Chocquerel (rappel), Cocheteux, Croc et Jorrahd, Duché, Duplan-Hamot et Cf\ Flaissier frères (rappel), Flipo, Bouchart et fils (rappel). Gravier, Harincouck, Leborgne, Lorthiois frères, Mazure-Lorthiois, Mazure-Mazure (rappel). Moulin Pipart, G. Pillet, Sallandrouze frères, Saurel frères, Tresca, Vanoutryve et G*', Vayson, Walmez. — Angleterre : Brinton et G'® (rappel), les Indes anglaises
(rappel), manufacture royale de tapis de Windsor, H. et M. Southwell, Templeton et C'* (rappel), Thom et Lawson. — États-Unis : Bigelow (Carpet C'*). — Hollarids : manufacture royale de Deventer.
L'exposition de la manufacture des Gobelins était vraiment remarquable. On admirait les copies de la Visitation, d'après Ghirlandajo, et de Saint Jérôrm, d'après le Corrège. Mais ces laborieuses copies de tableaux, si parfaites qu'elles soient, sont toujours imparfaites, et les figures sur teinte plate sont plus décoratives, conviennent mieux à la tapisserie. Telles étaient les figures exécutées pour le buffet de l'Opéra, d'après les dessins de M. MazeroUe, et représentant d'une manière allégorique le Sucre, le Café, le Chocolat, etc., sous la forme de femmes deminues qui s'enlèvent, comme encadrées par les plantes qu'elles personnifient, sur une teinte plate bleu vert d'une grande douceur. Le tapis destiné au palais de Fontainebleau avait dans ses ramages de rinceaux des rouges et des jaunes, des bleus et des roses, des verts et des blancs, très hardiment distribués, mais de tons un peu crus, qui toutefois s'atténueront et se fondront avec le temps. La manufacture de Beauvais n'est pas loin de rivaliser avec celle des Gobelins pour la finesse du point et l'harmonie des couleurs ; elle avait exposé, entre autres pièces, un vase rempli de raisins dont les teintes, dans la gamme sombre, avaient une grande vigueur, des panneaux à motifs pompéiens, des sièges et des dossiers de canapés à guirlandes de fleurs sur fond rose, d'un ton exquis.
Après les Gobelins et Beauvais, on ne trouve plus
guère en France que des tapis assez médiocres. La manufacture d'Aubusson, quand elle veut tenter de lutter avec les Gobelins pour la reproduction des tableaux, manque de finesse, d'exactitude et d'harmonie. Aux tapis médiocres, le bon goût préfère, comme tissus d'ameublement, les riches étoffes des fabriques de Lyon. Ces étoffes égalent en éclat et en magnificence les soieries chinoises et japonaises ; mais on reproche aux fabricants lyonnais de ne pas réaliser l'accord d'es tons avec autant d'habileté qu'on le fait dans l'extrême Orient, de ne pas savoir, par exemple, marier sans dissonance le rouge et le vert, le vert et le bleu, tandis que les Japonais se jouent de cette juxtaposition hardie.
Nous avons enfin pour tendre les murs, à défaut des tapis et des soieries, les papiers peints, dont la fabrication depuis une dizaine d!années a fait de très grands progrès et qui imitent merveilleusement les cuirs do Cordoue et des Flandres, les velours frappés ou brochés, les lampas, les brocarts d'or, les revêtements de marbre, etc.
Dans les tapis, comme dans les papiers peints, c'est la couleur qui joue le rôle important. Les fabricants anglais paraissent convaincus de leur impuissance à atteindre à l'éclat de la couleur ; ils ne s'efforcent plus que d'en trouver l'harmonie ; ils n'emploient guère que les tons sur tons ou les nuances de gamme sombre. L'Autriche-Hongrie avait exposé des tapis d'un ton sobre et harmonieux, d'un beau décor, et en outre des soies brochées, des velours frappés, des cuirs peints et repoussés ; la Belgique, de superbes tapis imitant ceux des anciennes fabriques des Flandres ; la Hollande, des tapis de genre
turc, fort remarquables ; la Suisse, de belles tentures de cuir gaufré et mordoré.