‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 98 sur 218 · Gazette des Beaux- Arts, 1*' octobre · texte numérisé non relu

Gazette des Beaux- Arts, 1*' octobre

caractère de richesse et de perfection,.. Les petites boites, qui semblent faites d'or liquide solidifié, se recommandent par une même recherclje minutieuse. Quelle différence entre ces bijoux délicats et les pièces balourdes dont nous encombre l'importation ! C'est encore un délicieux bibelot que ces troncs de bambou naturels ' enjolivés, pour tout ornement, d'une simple feuille de bambou en or fin, ou d'une marguerite aiutour de laquelle voltige un passereau. Il faudrait en citer beaucoup du même genre. Les Japonais excellent à jeter sur le bois brut, avecxune sorte de désinvolture, leurs motifs habituels de décoration, et savent, tout en les répétant à sa-

tiété, leur donner toujours le charme de l'imprévu. On le verrq surtout par leurs petits plateaux incrustés d'animaux chimériques en écaille, exactement reproduits des anciens. » • .

Terminons par quelques lignes empruntées à M. Paul Dalloz^ : « Le Japonais est un raffiné, et je serais tenté de l'appeler l'Athénien. de l'extrême Orient, si je ne me souvenais de l'abîme qui sépare l'art grec, un art céleste et humain en même temps, de l'art japonais, cet art sensuel, domestique, purement décoratif..., cet art, dont la distinction, l'originalité, l'imprévu, le fini dans l'exécution et l'infini dans le caprice, étonnent, charment, émerveillent, mais n'émeuvent jamais. L'âme humaine n'habite pas ici. Les sentiments, les passions, les rêves supérieurs, tout ce qui chez nous est l'homme fait de joies et de douleurs, d'explosions d'allégresse ou de cris de souffrance, est absent de cette féerie qui se passé

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