MUSÉE DU LOUVRE
Les travaux projetés depuis plusieurs années pour faire passer des conduites d'eau dans les salles ont été menés avec une assez grande activité, cette année; la galerie d'Apollon, le salon carré, la grande galerie en sont pourvus; les autres salles du musée ne tarderont pas à en avoir également. Pour préserver les tableaux, à mesure que Je travail des maçons et des charpentiers avance, on les enveloppe ou on les transporte dans d'autres salles. C'est ainsi qu'un certain nombre des toiles les plus précieuses ont été provisoirement exposées à diverses reprises sur des panneaux transversaux, soit dans la salle Lacazc, soit dans la salle des Luini.
L'administration des musées nationaux n'a fait, en 1879, qu'un très petit nombre d'acquisitions, ayant réservé une partie de ses crédits pour Tachât de deux tableaux dont nous aurons à parler seulement dans notre prochain volume. Voici la liste des objets acquis ou donnés qui sont entrés dans les galeries durant l'année :
Déparlement de la peinture ^ des dessins et de la chalcogra-
i, Voy. le chapitre intitulé VArt à Vétranger. Ce capital de réserve, qui serait si facile à créer avec les reliquats des crédits annuels, peut seul permettre les acquisitions importantes qui se présentent à Timproviste.
phie. — Aucan achat; simplement les dons suivants : Langlois : Portrait de Louis David, donné par ]a famille du célèbre peintre. — Baron Gérard : Portrait de la comtesse Regnauld de Saint-Jean-d^ Angèly , vue à mi-corps, légué par M"' de Sampayo. -— Luis Tristan : Saint François d^ Assise en extase.yn à mi-corps, paysage au fond, donnépar M. J. Péreire. — Pieter ClaeyssenS: Tête de Fîer^c, signée du monogramme, donnée par M. Foucard, de Valenciennes.
Le conservateur de ce département, M. le vicomte fioth de Tau2ia, a publié au mois d'avril la Notice supplémentaire des dessins, cartons, pastels et miniatures des diverses écoles exposés depuis 1869 dans les salles du premier étage du musée. Ce catalogue était absolument nécessaire pour suppléer aux deux volumes précédemment publiés de M. Reiset, devenus nécessairement incomplets. Il comprend la description succincte de khli dessins, du numéro 1514 au numéro 195S, appartenant aux écoles italienne, flamande et française. M. de Tauzia a apporté à ce travail la précision, le soin et la science qui lui sont habituels.
C'est ici le lieu peut-être de rappeler le conseil ou plutôt le vœu qu'exprimait au mois de juin, dans le XIX' Sieole, JU. Joseph Reinach, à propos des dessins de maîtres anciens exposés à l^cole des beaux-arts. Il y a au Louvre trente-cinq mille dessins, disait M. Reinach. Qui les a vus? Le plus grand Dombre se trouvent dans les cartons d'où ils ne sortent pas, faute déplace, prétend-on. Eh bien I c'est précisément le manque de place que je conteste, et si MM. les conservateurs veulent m'écouter, ils reconnaîtront que Ton peut, sans sacrifier une des salles actuellement occupées, faire connaître au public 1,500 ou 2,000 nouveaux dessins parmi les 35,000 qui soupirent après la lumière. Voici le moyeu ingénieux indiqué par M. Joseph Reinach :
Ifi L'ANNÉE ARTISTIQOE.
« 11 y a quelques mois, au musée de Modène, j'observais une iaàtallation très simple et très ingénieuse, que Texiguïté de son local a suggérée au custode de la galerie. Au-dessous des tableaux des maîtres, entre le mur et la rampe, sont établis des pupitres horizontaux où l'on a exposé, sous verre, les dessins des artistes dont les tableaux ^ ' figurent au-dessus. A l'instant, ma pensée se reporta vers notre im-
mense galerie italienne, vers nos deux grandes galeries françaises, ces kilomètres carrés sans emploi où il serait facile, d'après une évaluation très modérée, de placer, comme je viens de le dire, 2,000 dessins de moyenne grandeur. L'innovation que je conseille à messieurs du Louvre, c'est tout simplement d'imiter leurs collègues de Modène. 11 serait extrêmement facile et très peu coûteux d'installer sur tout le parcours des galeries, entre le mur et la rampe de sûreté, d'éléganls pupitres vitrés en acajou, avec un rideau vert que les gardiens auraient soin de tirer, lorsque le soleil donnerait sur les dessins. Dans ces pupitres, on pourrait exposer non-seulement les dessins des maîtres, mais certaines gravures d'un prix inestimable qui peuvent seules los faire bien comprendre, par exemple les plus belles pièces d'Albert Durer, dont les doubles sont enterrés au cabinet des Estampes. Bien entendu, on aurait soin d'exposer les dessins tle Raphaël sous les tableaux de Raphaël, ceux de Prudhon sous les tableaux de Prudhon. Quel plaisir de pouvoir examiner, au-dessous d'une merveille de Lesueur, les dessins à la plume où la pensée du maître s'est cherchée I »
Département de la sculpture antique. — Il faut signaler surtout les objets achetés à la vente Paravey, dont nous citons les prix dans le chapitre de VHôtel Drouot. En voici la nomenclature avec celle des autres acquisitions :