BUDGET DES BEAUX-ARTS POUR
Personnel de l'administration centrale 210,600 fr.
Personnel des inspections diverses 44 4,000
Matériel de l'administration centrale 40,600
Établissement des beaux-arts 982,440
Travaux d'art et décoration d'édifices publics 769,640
Exposition des œuvres des artistes vivants . 502,300
Théâtres nationaux, conservatoire de musique, etc 4 ,096,700
Subventions aux concerts populaires et aux
A reporter 4,345,950 fr.
Report 4,315,950 fr.
matinées littéraires 50,000
Souscription aux ouvrages d'art 436,000
.,..,. l Beaux-arts 440,000
Indemnités et secours { „. '
(Théâtres 430,000
Monuments historiques 4 ,550,000
3Iusées nationaux 783,780
Palais du Luxembourg 82,000
Manufactures nationales 887,800
Total 8,078,930 fr.
Comme on le voit, le budget de cette année s'est sensiblement augmenté, puisqu'il n'était que de 7,500,000 fr. pour 1879. Cette augmentation, en dehors de la somme de 350,000 fr. dont nous venons de parler, porte principalement sur le crédit relatif aux souscriptions des ouvrages d'art qui a été rétabli au chiffre normal de 136,000 fr. et sur celui des monuments historiques élevé de 200,000 fr.
£n terminant, nous devons regretter que le recueil fondé par iM. de Chennevières, le Bulletin des beaux-arts, dans lequel on pouvait examiner et contrôler les actes de l'administration et qui a été supprimé par M. Guillaume, n'ait point paru en 1879, bien que son rétablissement ait été officiellement et fort heureusement décidé.
LES MUSÉES : La réorganisation des musées nationaux. — Le Louvre et le Luxembourg. — Le musée de Versailles, et le musée de Saint-Germain. — Le musée de Cluny. — Le musée d'artillerie. — Les musées de sculpture comparée et des moulages.
Une excellente réforme en ce qui concerne l'organisation des musées a signalé le début de l'administration de
MM. Jules Ferry et Turquet, réforme qui a témoigné, il est juste de le reconnaître, d'un esprit logique et méthodique, en même temps que du sentiment de la responsabilité et de l'autorité. En effet, comme quiconque peut s'en convaincre en y mettant quelque attention, ce qui manque le plus à la direction des beaux-arts, c'est la cohésion, la discipline, l'entente dans les divers services. En ce qui touche les musées nationaux particulièrement, la direction spéciale qui existait semblait indépendante, et cet état de choses a été souvent une source d'indécision et de sourdes querelles à tous égards extrêmement nuisibles. Malgré le décret du k aoAt 1872i, obtenu par le marquis de Ghennevières, malgré la réforme opérée le 9' septembre 1878 par M. Eug. Guillaume, les musées restaient sous l'autorité quasi omnipotente d'un fonctionnaire qui jouissait du même titre que son supérieur hiérarchique, le directeur des beaux-arts.
Les points principaux delà réorganisation dont nous parlons, et qui fit Pobjet d'un arrêté qu'on trouvera à la fin de ce volume, sont les suivants : 1"" Le titre de directeur des musées nationaux a été changé en celui d'administrateur, plus conforme à ses fonctions; 2"* création d'un comité consultatif, nommé « Gonservatoire », analogue à celui de la Bibliothèque nationale et chargé de donner son avis sur toutes les questions d'intérêt général, et notamment sur les propositions d'achats; S"" obligation pour l'administration des musées de se soumettre, relativement à ce qui concerne la comptabilité, la tenue des écritures et les rapports avec la direction centrale des arts u aux règlements généraux qui régissent les autres services publics ». Le même arrêté qui enregistrait ces réformes, consacrait diverses nominations dans le personnel des musées. Le directeur, M. Beiset,
admis à faire valoir ses droits à la retraite, était remplacé par M. Barbet de Jouy, appelé aux fonctions d'administrateur, titre bien dû au conservateur de la sculpture moderne, à cet homme éminent qui, durant la Commune de 1871, a vingt fois joué doucement sa vie pour défendre le Louvre. En même temps M. Saglio, l'auteur si érudit du Dictionnaire des antiquités, reprenait le poste de M, Barbet de Jouy comme conservateur de la sculpture moderne et des objets d'art du moyen âge et de la Renaissance. D'un autre côté, M. Gourajod, attaché à la conservation de ce même département, obtenait la place vacante de M, Saglio comme conservateur adjoint. Enfin, pour clore la série de ces nominations, M. Etienne Arago, ancien représentant du peuple, ancien maire de Paris, était désigné à l'emploi de conservateur du musée du Luxembourg, occupé auparavant par M. Paul Dubois, lequel, depuis 1878, est directeur de l'École des beaux-arts. M. Arago, qui avait essayé vainement de constituer des archives à cette école, afin de justifier la création de l'emploi d'archiviste faite pour lui en 1877^
put reporter dans son nouveau rôle l'ardeur toute juvénile et l'activité dont il est heureusement doué en dépit de son grand âge.
Telle qu'elle est, cette réorganisation des musées nationaux n'est pas définitive, il serait puéril de l'affirmer. Maisil estcertain qu'elle donne satisfaction, dans une certaine mesure, aux réclamations qu'ont fait entendre depuis plusieurs années les rapporteurs du budget et la plupart des hommes compétents. Elle indique nettement, pour nous, le courant qui entraîne à une centralisation nécessaire des services trop éparpillés, et qui aboutira prochainement, nous l'espérons, à la formation d'un ministère des beauxarts. Beaucoup d'autres réformes restent à accomplir dans
l'administration des musées. Nous souhaitons par-dessus tout que les Chambres comprennent bientôt combien est insuffisant le crédit annuel des acquisitions, et qu'en outre on se décide à autoriser un capital de réserve comme il eu existe dans les pays voisins, notamment en Allemagne, ainsi qu'on le verra plus loin ^