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i28 L'ANiNÉE AHTISTIQtE.

6,100 fr. seulement; sa place était au Louvre, absolument comme le beau Buste de Pajou, par Rolland (n^" 2) adjugé à 6,500 fr. Ni Fun ni l'autre n'a été acquis par leHusée, dont Je maigre budget, hélas I était épuisé. M. Barbet de Jouy a dû se borner à assister à la vente en simple spectateur, et en a cruellement souffert, car, mieux que personne, il comprenait que la collection nationale était aux yeux de tous l'acquéreur-né de ces deux portraits d'un si vif intérêt pour l'histoire de l'art français et pour l'instruction des artistes. Que n'a-t-ileul'heureuse inspiration de s'adresser à M. MannbeimIAvcc un expert tel que lui, nous savons quelle eût été la réponse. Il eût immédiatement acheté les deux bustes pour le Louvre et eût avancé les fonds, sans consentir à recevoir la moindre rémunération pour ce patriotique service, jusqu'à ce que le iMusée eût été en situation de le rembourser. )) Aucun amateur n'a eu la bonne pensée de se donner ces deux œuvres magistrales; elles ont été adjugées à des marchands. Le n*" 3 delà vente portait ce titre : « Statuette de Psyché, par Pajou. Terre cuite signée par le citoyen Pajou : l'an V de la Répubhque française, l'an 1796, vieux style »; adjugé à 365 francs.

VENTE JULES DUCLOS 23 décembre 1878.

Les quelques tableaux, épaves de la collection de feu M. Duclos, se sont assez bien vendus. Il y en avait quarante, mais le morceau principal manquait, ayant été saisi par voie judiciaire au palais du Trocadéro, où il avait figuré à l'Exposition universelle. Nous voulons parler du très beau portrait de M. de Julienne, attribué à Watteau, mais que quelques amateurs donnaient avec plus de raison, semble-

t-il, à Lancret. Les deux volets de triptyque attribués à Memling et sur la vente desquels on comptait beaucoup, n'ont produit que 3,950 fr. Deux jolies compositions d'Eisen, la Toilette et la Conversation, ont donné, Tune 1,000 fr., l'autre 1,340 fr. Parmi les autres œuvres, nous citerons : M"* Vigée- Le Brun, Portrait de Madame Royale, en costume de laitière, avant figuré à l'Exposition dès portraits historiques, au Trocadéro, 2,^20 fr. ; — Lancret, Réunion dans un parc, panneau décoratif, 1,500 fr. ; — Desportes, Fruits et gibiers, deux tableaux faisant pendant, l'un 1,730 fr. ; l'autre 1,010 fr. ;— J.-B. Pater, le Concert dans le parc, esquisse, 960 fr. ;— Pierre Longbi, un Bal masqué a Venise, belle peinture, 1,200 fr.;— P. Wouwerman, la Halte devant Vauherge, 1,290 fr.;— etc.

VENTE LENGLART 6 février 1879.

La collection de feu M. Lenglart, de Lille, était composée de quelques tableaux des écoles flamande et hollandaise, d'une qualité médiocre. Elle avait été commencée vers 1756 par M. Lenglart van Nuffle, amateur en même temps que magistrat et échevin de Lille, cultivant lui-même la peinture; puis elle était devenue la propriété de son fils, lequel mourut en 1863. La veuve conserva pieusement ces tableaux, dont la valeur fort contestable est apparue au grand jour des enchères. Les 48 numéros des catalogues produisirent néanmoins 54,131 fr., mais ce résultat est dû à la présence d'un charmant Paulus Potter, le Coup de vent, signé en toutes lettres, à gauche, dans le haut, et daté 1646. Les œuvres de ce maître sont, comme on le sait, extrêmement rares; celle-ci est tout à fait exquise. Cepetitpanneau (hauteur, 0™,30 ; largeur, 0",24) a été adjugé 33,000 fr., à

H. Hénard, et est entré depuis dans la collection du prince Demidoff. Parmi les autres peintures, nous citerons seulement, comme la plus curieuse, l'Intérieur d'ime vUle de Hollande, de Van der Heyden, 2,560 fr.

VENTE D£ MM. HERMANM ET L... (dE NEW-YORK)

10 février 1879.

Cette collection, composée avec goût, présentait principalement des œuvres modernes dont quelques-unes de première valeur. Elle était, en partie, la propriété de H. Hermann, violoniste de grand talent et amateur distingué.

Voici les prix atteints par les meilleurs tableaux : Forêt de chênes-lièges, par Ackenbach, 1,520 fr., à M. Sedelmeyer ; ^Loup défendant sa proie, par Brascassat, un des plus beaux que Ton connaisse, 15,000 fr., à M. Defœr-Bey ; — le Passeur, par Corot, 16,205 fr., à M. Goupil ; — VÉtanç de Yille-d'Avray, par le même, 5,200 fr., à M. Brame; — te Bateau, par le même, 2,600 fr., à M. Laurent-Pratan ; — Jeune Fille assise sur un tertre, par le même, 3,100 fr. ; — Un Conventionnel, étude pour le tableau des enrôlements volontaires, par Coulure, 2,000 fr., à M. Denayrouse; — Tigre et Serpent, par Eugène Delacroix, 7,000 fr., à M. Leroy; — Femme d* Alger, par le même, 1,650 fr.; — Paganini jouant du violon, par le même, 1,600 fr.; — Jardin d^amour, par Diaz, 2,900 fr., à M. Charlet ; — Clainere en forêt, par le même, 3,200 fr., à M. Rigaud; — Lisière de bois, par le même, 2,825 fr.; — Troupeau de moutons sous bois, par Jules Duprë» 6,650 fr., à M. Deutsch ; — Une Bnrque en pleine mer, par le même, 2,900 fr., à M. Brame ; — Troupeau de moutons sur la lisière d'un bois, par Jacque, 5,100 fr., à M. Deutsch ; —

Un Canal en Hollande, effet de lune, par JoDgkind, 1,120 fr. ; — le Prêche, par Leys, 9,000 fr., à M. G. Petit; — Un Lansquenet, par Meissonier, tableau bien conna, daté de 1865, 25,000 fr., à M. Defœr-Bey ; — Jeune Paysanne tricotant, par Ribot, 910 fr. ; — En forêt, effet d'orage, par Théodore Rousseau, 4,300 fr.; — rincendie, par Schreyer, 13,600 fr., à H. G. Petit ; — Bœufs au labour, par Troyon, d'une superbe qualité, 17,800 fr., à M. Galimard ; — Va4:hes au repos dans un pâturage, par le môme, 19,000 fr., à M. 6. Petit ; — Yue de Constantinople, soleil couchant, par Ziem, 1,000 fr.

Le total de cette vente, qui ne comprenait que ?ingt-six toiles, s'est élevé à 171,330 fr.

VENTE J. SIEURIN 10-14 février 1879.

Jacques Sieurin était une figure des plus originales. Né à Rouen en 1809, il rechercha de bonne heure les livres et les gravures, se faisant calligraphe, d'abord, pour gagner sa vie, et plus tard marchand d'estampes. Dans sa vieillesse il écrivit \e Manuel de V Amateur ^illustrations, publié en 1875, par A. Labitte. Il est mort le 2k avril 1878. « On le rencontrait partout, — dit M. Aug. Dalligny, dans le Journal des Arts, — sur les quais, devant les marchands d'estampes, chez les libraires des passages, on le coudoyait aux ventes de l'hôtel Drouot. De petite taille, il avait les cheveux grisonnants, et ses traits, légèrement grossis par l'âge, révélaient une grande finesse. Son nez, un peu courbé, supportait une paire de lunettes sous lesquelles brillaient des yeux clairs et singulièrement vifs. Lorsqu'il examinait une vignette ou un portrait, sa bouche, par un mouvement imperceptible, indiquait les moindres défauts de l'épreuve ; mais.

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quand celle-ci était parfaite, pas un muscle du visage ne bougeait et la physionomie restait grave. Marchand, il achetait pour les besoins de son commerce : toutefois on sentait que, collectionneur convaincu, il était travaillé par la fougue qui s'empare de tout véritable amateur. »

Passons maintenant aux enchères :

Douze dessins à Pencre de Chine pour le Gil-Blas de Le Sage, par Marillier, [|,900 fr.; les mêmes, par Huot, 1,400 fr. — Épreuves avant la lettre, cinq pièces d'après les dessins de Saint-Quentin, pour la Folle Journée de Beaumarchais, 2,560 fr. — Superbe suite d'eaux-fortes de Moreau pour les Lettres à Emilie avec portrait de Dumoustier, 1,005 fr. — Suite de 71 vignettes, d'après Duplessis-Befthault, pour les Contes de La Fontaiiu, édition Cazin, très rares et superbes épreuves avant la lettre, 1,210 fr. — Figures des Contes de La Fontaine in-i*», d'après les dessins de H. Fragonard, par différents graveurs, destinées à orner l'édition des Contes en 2 volumes in-4* imprimée par P. Didot i'aîné (n« 421 du cat.), 20,000 fr. — Suite complète de 34 gravures in-8' de Moreau pour l'édition des œuvres de Molière par de Bret, 1773, dont un beau portrait par Mignard, gravé par Cathelin, avant la lettre, 4,095 fr. — Quinze pièces de la suite précédente, rares épreuves à l'état d'eau-forte, 2,000 fr. — 42 vignettes pour les Métamorphoses d'Ovide, traduction de l'abbé Banier, rares épreuves avant la lettre avec marges, 1,130 fr. — Les Baisers, précédés du Mois de Mai, poème par Dorât (n® 101 du cat.), 4,500 fr. — Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé, dessins de Gérard et * de Prud'hon (n^ 218), 3,000 francs.

Bien d'autres pièces, notamment la suite des vignettes de Moreau, pour les œuvres de Voltaire, se sont vendues 5, 6, 7, 8 ou 900 fr. Il serait trop long d'en donner ici le

L'HOTEL DRODOT. 133

détail. La vente Sieurin laissera certaioemoDt un soayeDir dans la mémoire des bibliophiles.

VENTE ALFRED SAUCÈDE 14 février 1879.

Amateur distingué, ami et volontiers camarade des artistes, M. Alfred Saucède avait réuni dans son hôtel de la rue La Bruyère une belle collection de tableaux modernes qu'il montrait généreusement durant ses aimables réceptions bi-hebdomadaires. Un changement de domicile et le manque de place l'ont obligé de vendre la plus grande partie de ses tableaux, parmi lesquels on remarquait un certain nombre d'oeuvres devenues célèbres aux récents salons : la Garde du drapeau, de Protais ; — François de Borgia devant le cercueil d^ Isabelle de Portugal, de J.-P. Laurens; — des Chats, croquis d'Eugène Lambert ; — de très belles compositions d'Eugène Isabey, comme nue Scène de la Saint- Barthélémy et le Lunch dans la forêt ; — La Chasseresse, de Jules Lefebvre;— La Musette, de Philippe Rousseau, etc. Parmi les œuvres d'artistes anciens, on peut citer : un Intérieur de parc, par Hubert-Robert ; Un Portrait d'homme, attribué à Bronzino; l'Enlèvement dHippodamie, par Rubens; et enfin un excellent portrait de la Camargo, par Quentin de La Tour.

Voici les prix principaux de l'adjudication : TaJbkaux modernes : — Bernier (Camille), une Ferme en BannaUc {Finistère), 2,500 fr., à M. Pinart. — Brown (J.-Lewis), les Espions, 800 fr., à M. Massin. — Chenu (Fleury), l'Enfant du routier (effet de neige), 980 fr., à M. Guillon. — Corot (J.-B.-Camille), le Matin, 3,620 fr., àM. Lutz. — Daumier (Henri), l'Amateur de gravures, 610 fr., à M. Dechaume.

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— Daamier (Henri), Don Quichotte, 225 fr., à H. Van der Hoven. — Daumier {Henri), le Chiffonnier, 330 fr., à M. Dollfus.

— Daumier (Heori), Effet de dair delune, 150 fr., à M. May. — Diaz (Narcisse) , Forit de Fontainebleau, 3,220 fr.,à M. BrowD. —Guillemet (J.-B.-Anloîne),tePfci^«ck FtWern/fe (Calvados), 1,580 fr., à M. Cbauffert. — Isabey (Eugène), une Saint- Bartfiélemy, 6,250 fr., à M. Brame. — Isabey (Eugène), le Lunch dans la forêt, 4,300 fr., à Defœr-Bey. — Jacquet (G.)r Jeune fille en toilette de bal, 2,040 fr., à M. Scbiff . — Lambert (Eugène), le Panier de chats, 4,450 fr., à M. Horeau-Chaslon.

— Laurens (J.-Paul), François de Borgia devant le cercueil d Isabelle de Portugal, 9,100 fr., à M. A. de Saucède. — Laurens (J.-Paul), la Mort du duc dEnghien (esquisse), 615 fr., à M. le duc d'Aumale. — Lefebvre (Jules), uneChas^ seresse, 2,000 fr., à M. Ferai. — Leioir (Maurice), RoUnson Orusoè, 585 fr., à M. Binant. — Le Roux (Eugène), la Lettre de recommandation, 2,550 fr., à M"» Marécbal. — Le Roux (Eugène), le Dimanche a V église, 510 fr., à M. Defœr-Bey. — Lobricbon (T.), le Volontaire dun an, 1,300 fr., à M. Ferai.

— Millet (Jean-François), le Veau porte à retable (esquisse), 1,575 fr., à M. Brame. — Moucbot (Louis), Job et ses amis, 930 fr., à M. May. — Protais (P.-M.), la Garde du drapeau, 5,800 fr., au baron Gérard. — Protais (P.-M.^ une Étape, 610 fr., à M. Guereau. — Robert-Fleury (Tony), la Supérieure, 1,200 fr., à M. Ferai. — Rousseau (Philippe), la Cornemuse, 2,300 fr., à M. Ferai. — Rousseau (Philippe), les Asperges, 1,100 fr., à M. Brown. — Roybet (F.), le Marchand de gibier, 2,700 fr., à M. Brame. — Roybet (F.), le Chanteur vénitien, 1,780 fr., à M. Brown. — Roybet (F.), le Fou, 1,000 fr., à M. Boulanger. — Roybet (F.), Jeune Florentin, 1,820 fr., à M. Is. Pereire. — Thoren (Olhon de), les Fermiers, 800 fr., à M. Moreau-Chaslon. — Vollon (A.), UsUn-

siles de cuisine, 550 fr., à M. Goapil. — Worms, le Départ pour la revue, 4,000 fr., à M. BrowD.

Tableaux anciens : — Bronzino (attribué à), Portrait d'homme, 550 fr., à M. Sedelmeycr. — Hubert-Robert, Intérieur de parc, 3,000 fr., à M. Malinet. — Rubens (Pierre- Paul), rEnlévement d^Hippodamie, 1,220 fr., à M. Kums. — Tintoret, la Reine de Saba au pied du trône de Salomon, 1,550 fr., à M Is. Pereire. -— La Tour (Maurice-Quentin ôé). Portrait de la Camargo,i,kOOtr., à M. Parisot. — Marilhat (Prosper), Marché de Nubiens montés sur des chameaux (très beau dessin au crayon noir), 1,620 fr., à M. Mercier. — Pannini (J.-P.)» Intérieur du cabinet de M, de Polignac (dessin à l'encre de Chine), 255 fr., à M. Gharlet. — Prud'hon (P.-P.), VAmour, 350 fr., à M. Ferté.

Total : 95,92A.fr., pour 91 numéros.

VENTE LAPERLIER 17-18 février 1879.

Amateur très fin et de race, Laurent Laperlier, qui est mort en 1878, était né en 1805. Il avait été d'abord employé au ministère de la guerre, puis à partir de 1848 s'était abandonné tout entier à sa passion pour les objets d'art, recherchant de préférence les œuvres du xvm* siècle, collectionnant les maîtres encore discutés à cette époque et dont il s'éprenait successivement. En 1867, la vente de sa galerie, faite par les soins de M. Francis Petit, produisit la somme de 1^3,026 fr., somme considérable pour l'époque ; on y remarqua des œuvres de premier ordre de Chardin, Greuze, Prud'hon, et le Louvre y put faire de précieuses acquisitions. Laurent Laperlier, après s'être séparé de ses « chers amis », comme il disait en parlant de ses tableaux.

m LM NÉE ARTISTIQUE.

n'eat d'autre souci qu'à sa mort que des'entourer de nouvelles œuvres. Dars une étude très intéressante que M. Ph. Burty a publiée da as F Art ^ sur cet homme de goût, si parisien et d'une intelligence si vive, il cite parmi les morceaux les plus remarquables de la vente, des Fragonard délicieux, un chef-d'œurre de Prud'hon, l'étude de la tête de VImpératrice Joséphine, des portraits de toute beauté de La Tour, et le portrait de Louis Tocqnè, par Nattier, son beau-frère. « Jamais son pinceau, d'ailleurs trop peu prisé encore, dit M. Burty, en parlant de l'œuvre de Nattier, n'eut des passages aussi moelleux et des réveillons aussi nerveux. »

Voici les enchères de cette vente qui sont les plus dignes de mention : Chardin, le Lièvre, signé à droite, 3,500 fr., à M. le baron de Beurnonville. — Du même, les Aliments de la convalescence, esquisse du tableau de la galerie de Lichtenstein, à Vienne, 1,120 fr., à M. de Beurnonville. — Du même, un Déjeuner, signé, 3,360 fr., à M. Ch. Pillet. — Du même, la Corbeille de raisins, signée et datée, 1,250 fr., à M. de Beurnonville. — Fragonard, la Petite Fille aux chiens, 2,260 fr., à M. de Beurnonville. — Du même, la Rèsisiancej 3,500 fr. — Fr. Guardi, la Place Saint-Marc, à Venise, 3,250 fr., à M. Hubert. — J. Perroneau, portrait de Gillequin, peintre, 3,200 fr., à xM . de Beurnonville (ce très bon tableau aurait dû aller au Louvre, où Perroneau ne figure que comme pastelliste. — P.-P. Prudhon, le Christ en croix, esquisse pour le tableau du Louvre, 5,000 fr., à M. de Beurnonville. — Du même, Portrait d'homme, 2,000 fr., à M. Edouard André, etc.

Les pastels et dessins, réservés pour la seconde vacation, ont atteint des prix plus élevés que les peintures. Voici

1. Voy. VArt, t. XVI, p. 149. M. Burty avait rédigé en 1867, le catalogue de vente de la galerie Laperlier.

qaelques-anes des enchères : De M"* G. Capet, Portrait de Marie-Joseph Chénier, œuvre excellente d'une artiste trop peu connue, 25.0 fr. seulement, c'est-à-dire pour rien. — De Chardin, Portrait du peintre Bachelier, fondateur de l'École des arts décoratifs, pour laquelle on aurait dû enlever ce portrait à H. de Beurnoifville, l'intelligent amateur qui l'a payé 1,210 fr. seulement. — De La Tour, Portrait du graveur Schmidt, 4,160 fr. ; œuvre de premier ordre, composée avec une force de dessin et de modelé que n'a dépassée aucune école ; nos Musées du Louvre n'auraient pas dû laisser passer ce morceau, qui fait tant d'honneur à notre xvm« siècle; Portrait de La Tour, à l'âge de cinquante ans, en costume de ville, 1,305 fr. — léte de jeune femme, simple préparation sur papier bleu, pleine de vie et d'intelligence, 380 fr. — De P. Prud'hon, Étude pour un portrait de Joséphine, chef-d'œuvre de grâce naturelle et de sensibilité ; Joséphine est coiffée â l'antique ; sa physionomie respire la douceur et la ûuesse ; adjugée 8,100 fr. au duc de Trévise qui la disputa victorieusement à M. Edouard André. — De la Rosalba, un Portrait de jeune femme, pastel très clair, rappelant la duchesse de Bouillon jouant avec un singe, au Louvre, 4,700 fr., à M. de Beurnonville. — - De Greuze, deux lavis à l'encre de Chine : une Villageoise et Deux petites paysannes assises, 270 et 205 fr. — De Isabey, une Soirée àFrascati, scène de mœurs du Directoire, 210 fr. à M. de Montauzan. "^

Enfin, citons les terres cuites modelées par Cafûeri : un Pascal Borie, docteur en médecine, 650 fr., â M. Mercier ; un Jf. Taitbout, consul de France à Naples en 1762, 1,000 fr. seulement, à M. Febvre; une Jeune Femme, 3,000 fr., â M. Ch. Mannheim. — De Houdon, un Portrait de La Fontaine, véritable merveille, a été adjugé pour la plus que

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modiqae somme de 1,000- francs à M. Febyre. Cette vente a été ane vraie sarprise ponr les véritables connaisseurs, car elle a témoigné d'ane incompréhensible indifférence pour les plus belles œuvres de sculpture que le hasard amène à Thôtel Drouot et qui ne sont point appréciées comme il le faudrait. En outre, elle a mis en évidence cette triste vérité, à savoir, que des artistes excellents, mais non encore connus ou cotés à Drouot, sont inexorablement et ridiculement dédaignés. On n'achète que ce qui fait prime. Ce n'est point une question de goût, mais une affaire d'argent.

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