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CHAPITRE IV

EXPOSITIONS DIVERSES. — Sociétés et cercles artistiquea. — Exposition du Musée des arts décoratifs, de VUnion centrale des beaux-arts appliqués à rindustrie, du Cercle de la place Vendôme, du Cercle de la rue Saint-Arnaud, des Impressionnistes, etc. — Fondation de la Société des aquarellistes. — Expositions du journal VArt et de la Vie moderne. — Exposition des dessins de maîtres anciens à TÉcole des beaux-arts. -;- Exposition d'artistes italiens, russes, etc. — Le concours des vitraux de Jeanne-d'Arc, etc.

L'institution du musée des arts décoratifs, qui date seulement de 1878, s'est affirmée avec assez d'éclat pour qu'il soit inutile d'en raconter de nouveau le début et de revenir sur la démonstration déjà faite de son impérieuse nécessité et des services qu'elle peut rendre à nos artistes. Le groupe d'amateurs, de savants, de riches industriels, qui compose le comité directeur, n'a pas rencontré jusqu'ici malheureusement tout l'appui désirable pour sa généreuse initiative, et l'on ne peut s'empêcher de comparer l'accueil qui a été fait en France à la création de ce musée avec celui que, dans des. conditions analogues, on a accordé à Londres au South Kensington Muséum, et à Berlin au musée d'art industriel. Aujourd'hui ces établissements, soutenus par le gou-

vernement anglais et par le gouverDement allemand, jouissent de subventions annuelles considérables. Ed France, au contraire, où cependant Ton semble commencer à comprendre l'importance d'un établissement de ce genre, le musée des arts décoratifs ne doit de vivre qu'aux efforts énergiques et désintéressés de quelques hommes dévoués. Rien ne manque cependant dans notre pays pour constituer de toutes pièces et en peu de temps un musée industriel sans rival. Tandis que nos voisins ont dû acheter à prix d'or les objets d'art nécessaires, nous n'avons qu'à puiser dans l'arsenal séculaire du mobilier national, dans les châteaux de l'État pour composer des galeries de modèles extrêmement complètes, avec des objets dont on ne se sert pas. Ainsi, il est de toute évidence qu'il existe soit dans les ministères, soit dans les châteaux de Versailles, de Fontainebleau, de Compiègne, etc., des meubles, des tapisseries, des bronzes, des porcelaines qui, remarquables par la forme et d'un enseignement certain pour des artistes, si on les exposait dans un musée, passent inaperçus dans les endroits où ils se trouvent. Quant au Garde-Meuble , situé quai d'Orsay, il contient des richesses sans nombre et qu'il serait facile de diviser en deux catégories : 1^ les objets qui sont indispensables pour le service des palais, pour les décorations de fêtes publiques; 2° les objets dont l'étude serait intéressante pour les artistes, qu'on pourrait choisir de préférence parmi les doubles exemplaires ou parmi ceux qui sont hors d'usage. On garderait les premiers et l'on enverrait les seconds au musée des arts décoratifs. C'est ce qu'on s'est déterminé à faire à Berlin, pays monarchique cependant, où l'on devait craindre de dégarnir les châteaux royaux. On l'a fait pourtant, et grâce à ces premiers fonds d'objets d'art, le musée industriel a été fondé. En France, pays de

république, l'administratiou qui est conseryatrice de sa nature, résiste et craint d'être dépouillée de ce qu'elle considère comme son propre bien. L'administration du Garde- Meuble prétend qu'elle a besoin de tous les objets qu'elle possède en magasin. Nous osons opposer un démenti formel à pareille déclaration, car nous avons vu, de nos yeux vu, dans les magasins, des objets qui n'ont certainement pas été employés depuis plus de cinquante ans à la décoration des palais, et qui seraient d'une étude profitable dans un musée public.

Pour aller au-devant du reproche qu'on peut lui adresser, d'enfouir les trésors de l'ancien mobilier de la couronne, l'administration a organisé, cette année, des salles d'étude au Garde-Meuble, dans lesquelles on se propose de faire défiler les spécimens les plus intéressants de l'art ancien. Sans doute, ce projet est excellent, et nous en avons fait hautement l'éloge en en parlant dans un précédent chapitre. Mais cette mesure est-elle suffisante, répond-elle aux nécessités actuelles ? Bien certainement non. Outre que les objets exposés à tour de rôle sont choisis beaucoup plus pour l'amusement du public que pour l'enseignement véritable des artistes, outre que le conservateur du mobilier national n'a pas qualité pour discerner quels sont les objets profitables pour le goût et pour l'étude, quel fruit peut-on attendre d'une exhibition intermittente, sans logique et sans méthode, faite selon que les hasards du service de décoration dans les palais permettent de présenter tel ou tel meuble, telle ou telle tapisserie? Les richesses du Garde- Meuble ne seront vraiment d'un enseignement utile que le jour où un ministre intelligent et pratique, après les avoir divisées comme nous l'avons dit, en déposera une partie dans un musée spécial où on les exposera d'une façon per-

manente et en les accompagnant de tous les renseignements techniques nécessaires aux artistes qui les étudieront. Ce jour-là, le musée des arts décoratifs, dont la création est de plus en plus urgente, sera définitivement fondé.

Malheureusement Theure n'est pas encore arrivée d'une aussi prévoyante décision. Le musée des arts décoratifs a eu, au contraire, à supporter le contre-coup de divers événements qui ont arrêté son essor. En 1879, l'installation de la préfecture de la Seine dans le palais des Tuileries Ta obligé d'interrompre son organisation. C'est dans ce local, comme on sait, au pavillon de Flore que le musée avait fixé son siège, avec l'autorisation du gouvernement. C'est Jà qu'il avait ouvert, le 6 janvier 1879, une fort remarquable exposition d'art contemporain qui jusqu'au mois d'août fut Tun des événements parisiens les plus dignes d'attention. Tout ce que l'exposition universelle de 1878 avait pu rëanlr de chefs-d'œuvre dans tous les pays, se retrouvait au pavillon de Flore, dans un classement rigoureux et méthodique. Huit grandes salles étaient occupées au rez-de-chaussée et au premier étage par les meubles, la céramique, la verrerie, l'orfèvrerie, la reliure, le tissu, la dentelle, la bijouterie, etc. Les bronzes se trouvaient dans les vestibules et dans son grand escalier monumental. Trente-deux vitrines renfermaient les objets de petite dimension qui avaient été pour la plupart prêtés par les fabricants ou par les collectionneurs, sur l'indication d'une commission d'examen. Au mois d'août, le musée dut brusquement fermer ses portes pour laisser la place au préfet de la Seine et au conseil municipal. Il reçut une indemnité de 30,000 francs, somme bien modique pour couvrir ses dépenses d'installation faites au pavillon de Flore, et alla abriter ses collections naissantes au Palais de Tlndustrie,

dans la partie qu'occupaient précédemment les artistes décorateurs du théâtre de TOpéra. C'est là que le musée, après des frais assez considérables d'aménagement, fera sa réouverture ; c'est là qu'il obtiendra, il faut l'espérer, avec les sympathies puissantes du public, le concours actif du gouvernement.

Le comité directeur du musée des arts décoratifs, aûn de donner plus d'efficacité à son action, a cru devoir resserrer les liens qui unissent la Société avec celle de l'Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie. On sait que cette dernière a eu depuis vingt ans une influence considérable silr le développement de l'éducation artistique de notre pays, et que, dès le premier jour, elle prêta un appui énergique à la création du musée des arts décoratifs. Il était donc naturel que les deux associations, au lieu de paraître vivre en concurrence, se réunissent sous une seule direction. C'est ce qui a été fait. Un comité mixte, choisi parmi les membres directeurs de chaque Société, décidera à l'avenir les questions d'intérêt général, et une revue publiée à frais communs constituera le bulletin officiel de leurs actes. Cette revue qui doit paraître au mois d'avril 1880, sous le titre les Arts décoratifs, sera rédigée d'une part, au nom de la Société de l'Union centrale, par M. A. Louvrier de Lajolais, d'autre part, au nom de la Société du musée des arts décoratifs, par l'auteur de ce livre.

L'Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie, dont nous avons sommairement, l'an dernier, rappelé la glorieuse histoire, ne s'endort pas sur ses lauriers. Elle va organiser en 1880, au palais des Champs-Elysées, une exposition nouvelle qui, par son importance et son caractère, prometd'égaler,sinon de surpasser les précédentes. En effet, jusqu'à présent, les expositions de l'Union centrale avaient

été trop largement ouvertes; toutes les industries qui relèvent de l'art y avaient été appelées en même temps. La leçon était par conséquent disséminée. Dorénavant TUnion centrale, afin de préciser l'enseignement qui se dégage de chacune des industries, y ajoutera l'histoire complète d'une industrie spéciale. Celle qui a été choisie pour 1880 est le métal.

Voici le programme détaillé de cette grande exposition. Elle comprendra : !<" l'exposition libre des industries d'art; 2'' l'exposition technologique du métal, divisée en treize sections à chacune desquelles sera attribuée une récompense ; Texposition rétrospective des industries du métal, composée des plus belles œuvres des collections privées ; musée historique du moyen âge et de la Renaissance, retraçant la physionomie de la vie civile de cette époque par la restitution de l'intérieur des habitations et au moyen de salles-types ; d"» concours entre les diverses écoles de dessin de Paris pour l'obtention d'un grand prix de voyage de la valeur de 800 francs et de quelques prix de 120, 100, 60, 50, &0 et 30 francs.

Le plan est grandiose, comme on le voit, et on peut être certain que l'exécution ne laissera rien à désirer. L'exposition technologique du métal, outre l'intérêt qu'elle offrira, sera principalement féconde, grâce à l'émulation qu'elle excitera parmi les exposants des treize sections auxquelles l'Union centrale propose au concours les sujets suivants:

. 1'* section (Orfèvrerie). Cafetières en or, argent, cuivre ou autre matière. — 2* (Bijouterie vraie). Bracelet d*or. — 3" (Bijouterie d'imitation). Ornement pour la coiffure. — 4" (Joaillerie). Pendant de col amé de pierreries. — 5* (Horlogerie). Régulateur avec sa gaine. — 6« (Bronze d'art). Un Porte-/umtèrc. — 7« (Fonte de fer). Vase de jardin. — 8' (Serrurerie d'art). Grille de balcon en fer forgé et repoussé. — 9' (Armes). Pistolet

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d€ tir. — 10* (Plomb, zinc). Un Cartouche orné. — 11* (Cuivre). Un bassin en cuivre repoussé au marteau. — 12« (Étain). Un plat orné. — 13« (Fonte, gravure, ciselure, émaux sur métal). Figure fondue à noyau, coupe en repoussé, en gravure ou en damasquinerie ; Panneau, sujet historique ou allégorique.

Pour offrir aux lauréats une récompense dont la forme paisse se distinguer du type banal des médailles ordinaires et avoir une valeur morale plus grande, l'Union centrale a adopté une plaquette analogue à celle dont la Renaissance italienne et française nous a légué de si admirables spécimens. Cette plaquette reproduira la figure d'un orfèvre célèbre, comme saint Éloi, Germain, Gouthières, François Briot, etc. Le modèle de cette plaquette est mis au concours, et une somme de 1,500 francs est offerte aux concurrents.

Outre les deux Sociétés dont nous venons d'analyser rapidement les actes durant le cours de Tannée, on compte diverses associations d'artistes dont l'habitude est d'organiser chaque hiver des expositions formées avec les œuvres de leurs membres. Telles sont les expositions du cercle de la place Vendôme, du cercle de la rue Saint-Arnaud, celle du groupe d'artistes qui s'intitule « impressionnistes »; il faut ajouter celle de la Société des aquarellistes qui s'est fondée cette année et s'est installée rue Laffitte.

Les expositions des cercles de la place Vendôme et de la rue Saint-Arnaud obtiennent d'année en année un succès plus vif. Les amateurs, que rebutent un peu les fatigues du Salon devenues véritablement excessives avec les milliers de toiles qu'on y accumule, préfèrent ces exhibitions intimes qui paraissent improvisées et où l'on ne sent point surtout la morgue officielle. Les artistes y envoient librement le morceau qu'ils ont sous la main : une esquisse bien venue, une pochade curieuse, une indication de

paysage, aussi bien qu'un tableau poussé à la perfection. Un paysagiste s'y montre parfois avec un portrait; un portraitiste y expose un essai de marine. C'est à rayir, et tout se passe sans façon. On aime ces aimables boutades, ces traits de libre humeur par lesquels un artiste se fait voir tel qu'il est. L'exposition du cercle de la place Vendôme (qu'on appelle aussi familièrement le cercle des mirlitons) a été ouverte pendant cinq semaines, à partir du 15 février. Elle ne renfermait pas moins de cent vingt tableaux et une douzaine de sculptures. On y remarquait, parmi les portraits, celui de M. Hetzel, par M. Meissonier, qu'on a trouvé généralement un peu dur et assombri, celui de M. deLesseps, par M. Bonnat, celui du Baron X., par M. Carolus Duran, etc. Il faut encore signaler les œuvres suivantes comme les plus dignes d'attention : Départ du bataillon, de M. Neuville; l'École des trompettes, de M. Berne-fiellecour; un Poste de Chouam^ de M. Julien Le Blant; Marchandes de fleurs sur un pont de Londres, par H. Gust. Doré; Seule au rendez-vous, de M. Duez ; la Vue de Chartres, de H. Segé; le Pont de P étang en Bretagne^ de M. Camille Bernier; la Vue de Moscou, de M. Bogolubos; les Oranges singulièrement savoureuses de M. Ph. Rousseau; les souriantes fantaisies espagnoles de H. J. Worms, et, parmi les sculptures, un Buste d'Italienne, de M. Saint-Marceaux;un buste de Gounod, en cire, par M. Franceschi; enfin le portrait en pied de la princesse de Galles, en costume du XVI* siècle, sculpté en marbre blanc, par M. d'Épinay. Au cercle de la rue artistique et littéraire de la rue Saint- Arnaud, l'exposition annuelle, ouverte également au mois de février, a été plus abondante, mais peut-être aussi moins choisie. Le catalogue comprenait 297 numéros. Nous nous bornerons à citer, de M. Henner, la Femme au capulet et le portrait de M. Ketten; de M. Bastien-Lepage, un panneau

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grand comme deux fois la main, représentant le frère de l'artiste et qui est tout simplement une merveille de vérité, de naturel et de délicatesse; de M. Roll, le Père Delarûe, portrait de vieux paysan d'une exécution très large; de M. Carolus Duran, une esquisse superbe du portrait de M. Albert Wolf; de M. Stevens, le portrait de M. Valadon. M. Paul Baudry était représenté par une Diane au bain et une Marchande d!eau du Nil, œuvres fort discutées. Citons enfin les excellents paysages de MM. Damoye, Jean Desbrosses, Lavieille, Busson, Vuillefroy, Van Marke, etc. Le cercle a prêté en outre son beau local au mois d'avril pour une exhibition générale de rœuv/e posthume du regretté Guillaume Régamey. Les frères de cet artiste éminent et trop peu connu, Félix et Frédéric, n'ont rien épargné pour présenter au public, dans tous leurs avantages, cette touchante et intéressante série de croquis, de dessins, de pastels, d'études dessinées ou peintes d'après la nature, de projets, d'ébauches et de tableaux achevés. Guillaume Régamey a peu exposé aux salons annuels, assez cependant pour être remarqué et cité par la haute critique, mais pas assez pour être acclamé par la foule. Son œuvre reste néanmoins pour préserver sa mémoire de l'oubli ; l'exhibition qui en a été faite et qui a précédé la vente à l'hôtel Drouot a montré de vrais chefs-d'œuvre, comme les Sapeurs, tête de colonne du 2^ cuirassiers de la garde, ou le Peloton de cavalerie mixte de Varmke de la Loire. Dans une très intéressante et très complète étude que M. Ghesneau^ a publiée sur ce peintre; nous lisons les lignes suivantes : u Quand la mort sUencieuse emporta le jeune artiste, déjà depuis longtemps il avait dans sa pensée mesuré le terme de ses jours. C'est avec la perspective constamment présente à ses yeux d'une

1« Notice mr G. Régamey, 1879, in-8^ de 53 pa^es avec nombreux croquis dans le texte. *- Librairie de VArt.

fin prochaine, inévitable, c'est au milieu des plus cruelles souffrances, pendant les relais espacés de maladies se succédant Tune à l'autre, se greffant les unes sur les autres, que cette âme stoîque sut produire les choses rares, un œuvre : un œuvre absolument original et considérable, presque inconnu. En quelques salons pourtant, il avait forcé rattentive admiration des artistes et conquis la notoriété auprès du grand public des expositions; quelques pas encore, et il allait toucher le seuil de la célébrité, quand il succomba, n'ayant pas trente-huit ans, le 3 janvier 1875. »

Enfin le même cercle de la rue Saint-Arnaud a exposé, au mois de novembre, la collection des œuvres de M. Eugène Feyen, le peintre renommé des pêcheurs et des pêcheuses de la cite bretonne : en tout 265 toiles remplissant deux salons. Une vingtaine environ de ces peintures étaient des compositions du genre de celles que Fauteur des Régates, de la Foire de Guérande, et des Retours de Pèche envoie chaque année au Salon; le reste était des esquisses, études, ébauches de scènes diverses prises au bord de la mer, emplies de personnages et de bruit, traitées avec la conscience et le savoir qui distinguent M. Feyen. On ne sentait pas dans tout cela, il faut Tavouer, un pinceau énergique ni un tempérament original. Le dessin manquait souvent de justesse et de mouvement. N'était-ce pas aussi une tentative un peu téméraire et bien périlleuse pour l'artiste que de ne pas reculer devant la monotonie inévitable de ces 265 toiles?

Le groupe des artistes pour lesquels un spirituel critique, M. Louis Leroy, a trouvé la fine épithète « d'impressionnistes » a ouvert au mois d'avril sa quatrième exposition dans une maison de l'avenue de l'Opéra, n"" 28. €ette fois, les affiches ne portaient plus le titre d'impressionnistes, mais celui <( d'artistes indépendants». On. comptait deux

cent cinquaDte peintures, pastels, aquarelles et dessins à la plume. Voici les noms des exposants : M. et M"® Bracquemond, MM. Gaillebotte, Gais, M"* Cassât, MM. Degas, Forain, Lebourg, Monnet, Pissarro, Rouart, H. Somm, Tillot etZandomeneghi. Voici en quels termes s*est exprimé M. Ph. Burty, dans un article* sur cette exhibition, très sympathique aux exposants : a A vrai dire, elle n'offre pas le même attrait de curiosité qu'aux années précédentes. On n'y verra ni M"* Berthe Morizot ni MM. Sisley et Renoir. Les excentricités qui faisaient s'esclaffer la foule et bondir la critique se sont fait justice. On y chercherait en vain des portraits en flammes de punch et des paysages acides comme des plats d'oseille. Nous n'en sommes pas attristés. Nous avons loyalement prêté notre concours à ce groupe, à ses débuts, parce que nous jugions utile de savoir ce qu'il arriverait à produire lorsqu'il aurait jeté ses gourmes, et parce que, dans ce qu'il donnait même d'extravagant, il y avait une réaction utile et légitime contre la peinture niaise et pédante, qui a trop longtemps conduit aux honneurs publics et aux commandes fructueuses. Aujourd'hui l'expérience est close, et l'on peut juger avec plus de sévérité.» Le résultat de ce jugement, c'est que ce groupe des quatorze ^c indépendants » ne sont en réalité que des retardataires i;solés, enfonceurs de portes ouvertes, plaideurs de. causes gagnées. Ils ne sont les seuls, ainsi que l'a remarqué - M. Georges Lafenestre*, ni à savoir faire l'analyse subtile des phénomènes lumineux, ni à vouloir placer les choses dans leurs vrais milieux, ni même à subir le charme honnête et délicat de l'art anglais ou à saisir la poésie vive et capricieuse de l'art japonais.

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