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HAUTES-ALPES

Gap. — Le département des Hautes-Alpes est un des moins bien partagés de France au point de vue de l'ensei*

gnement artistique. Oq n'y compte pas une seule école pu* blique de dessin, partant pas de concours. Le Conseil gé^ néral envoie à Paris et y entretient tantôt un jeune peintre, tantôt un jeune sculpteur. Parmi ceux qui ont joui de cette faveur, un seul, M. Marcellin, élève de Rude, s'est élevé au-dessus du médiocre.

Il n'y a pas un seul musée de tableaux ou d'objets d'art dans tout le départeqient, et il n'y a même de bibliothèque publique que dans la ville de Gap.

Gap possède cependant un commencement de musée archéologique que M. J. Roman, membre de la Société des antiquaires de France,^ fondé en 1867. La ville ni le département n'ont jamais accordé la moindre subvention pour le développement de cette collection qui, pour le momei^t, tient tout entière dans un meuble et ne comprend guère que des monnaies et un vase de terre romain avec inscription.

Les Hautes-Alpes n'ont pas de société artistique ou scientifique. On a tenté d'en créer une, il y a quelques années déjà ; mais sans succès. Peut-être serait-on plus heureux aujourd'hui I

On construit à Gap une nouvelle cathédrale. Elle a été commencée en 1866, et est loin d'être terminée. Les travaux sont conduits par M. Laisné, architecte du département.

Ainsi que nous le disions au commencement de ce vo^ lume (Voy. le Répertoire), les monuments historiques du département des Hautes-Alpes offrent un phénomène dont on doit trouver peu d'exemples. La chapelle du Saint-Sépulchre, dont les ruines se trouvaient autrefois près de Ghorges, et qui a été depuis longtemps détruite au ras du sol, continue à être classée, bien que n'existant plus.

i€0 L'ANNÉE ARTISTIQUE.

£mbbun. — La cathédrale d'Embrun, monument très intéressant du XII* siècle, est classée parmi les monuments historiques. On y a fait quelques réparations. Le clocher; frappé par la foudre, a'été très heureusement reconstruit sous la direction de M. Laisné. Mais il faudrait au moins 100,0000 francs pour réparer ce curieux édifice et pour gratter le badigeon qui le déshonore.

Les autres monuments classés sont trop souvent abîmés par des restaurations inintelligentes. L'église prieuriale Lagrand, en partie du xi' siècle, a par exemple été plutôt gâtée que restaurée par un curé ignorant des choses de l'art.

Enfin certains monuments, tels que l'ancienne église du prieuré de Saint-André de Bozans, de la plus belle époque du XI* siècle, ne sont pas classés, malgré des réclamations répétées, et tombent en ruine. J'en dirai autant de l'église de Nevache, où tout, portes, vitraux, bancs, tribune, etc., date de U98.

ÀLPES-MARITIMES

Nice. — La Société des beaux-arts de Nice, suivant l'im^ pulsion que lui a donnée en 18781e prince Stirbey, a organisé cette année, au moment de la saison, c'est-à-dire en février, une seconde exposition de tableaux et de sculptures. Par sa situation, Nice, placée entre Paris et Milan, est un point mixte où l'art des deux pays peut se donner rendez-vous et rivaliser sous les yeux d'un public de choix, venu de tous les pays du monde. Aussi les expositions de Nice ont-elles pleinement réussi, et l'on doit espérer beaucoup du développement de cette utile institution.

Monaco. — Bien que la principauté de Monaco, enclavée dans le département des Alpes-Maritimes, ne fasse pas par-

lie du territoire français, dous croyons devoir parler à cette place du nouveau théâtre que M. Garnier, architecte de rOpéra de Paris, a construit sur le rocher de M. Blanc. C'est une merveille de luxe et d'élégance. Sans renoncer au faste et à la somptuosité décorative, Charles Garnier a tempéré ses fougues de coloriste. Il a pensé qu'en face d'une mer indigo, au centre d'un amphithéâtre de montagnes violacées sur lesquelles les verts des orangers éclatent avec une intensité effrayante, il devait se contenter de silhouettes simples et bien proportionnées. Deux campaniles de style hispano-mauresque flanquent un dôme côtelé et se profilent légèrement sur le ciel.

L'architecte n'a pas été avare de commandes. Il avait carte blanche et il a fait profiter de cette bonne fortune le plus d'artistes qu'il a pu. Sur les balustrades du balcon et de la terrasse se dressent des statues allégoriques de MM. Prouha, Aizelin, Itasse, Bruyer, La Vingtrie, Gustave Doré, Sarah Bernhardt, Chatrousse, Godebski. Cordier a modelé les figures dorées qui surmontent les portes et Denechaux les écussons des cintres.

A l'intérieur, Félix Chabaud a semé des figures décoratives ; Gustave Bellanger, Feyen-Perrin, Lix et Clairin ont peint de grandes voussures. MM. Motte, Barrias, du Sautoy, Monginot, Lenepveu, Jundt ont heureusement complété cette décoration, l'une des plus belles et des plus originales qui aient été faites dans ce siècle.

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