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ALSACE

Mulhouse. — La Société des arts de Mulhouse a organisé, en 1879, une très belle et très intéressante exposition. Elle a été ouverte solennellement le 16 mai, et, pendant toute sa

durée, le public des curieux et des amateurs n'a cessé de se presser dans les salles de l'exposition. Les résultats ont dépassé les espérances des organisateurs. On en jugera par un chiffre : les ventes qui se sont faites s'élèvent à plus de 160,000 francs. Un grand nombre de pei'Atres français, de ceux-là mêmes qui n'envoient jamais en province, ont tenu à honneur de figurer sur le catalogue, dans un but exclusivement patriotique.

Les exposants alsaciens qui n'ont pas quitté le sol natal étaient MM. Eugène Arbeit, de Wegscheid, Aimé Gros au château d'Ollwiller et Mathieu Kohler à Mulhouse ; mais de Paris, de Lyon, de Bordeaux, de Nancy, de Genève, Alsaciens et Lorrains se sont empressés d'adhérer à l'entreprise, et l'on trouvait au Salon de Mulhouse M"*' Elodie La Villette, M'^*' Marguerite de Laville et Angèle Flachat, de Strasbourg; M*"* la vicomtesse Caroline de Maupeou, Schlumberger-Meyer et Marie Triponel et M"«* Isabelle Claudon, Florence Koechlin et Louise Bavenez, de Mulhouse ; M^'" Claire Hildebrand et A. M. Bavenez, de Colmar ; M"" Jeanne Kœnig, de Thann ; MM. Léon Barillot, £mm. et Jean Benner, Camille Bernier, Em. Boùrcart, L.-Tb. Devilly, Cl. Faller, A.-E. Flick, Eug. Gluck, Graff-Fritsch, Lucien Gros, J. J. Henner, qui a tenu honneur d'exposer son œuvre maîtresse Magdekine; G. Jundt, G. Karcher, J.-C.-D. Koechlin, Alexis Kreyder, D. Laquis, C.-E. Matthis, P. Meister, L. Meyer, F.-E. Michel, B. Netter, C.-A. Pabst, N.-C. Pierrat, H. Pradelles, C.-A. Bisler, J.-J. Scherrer, A. Schmidt, César de Schomberg, J.-L. Schutzenberger, G. Thurner, J. Wipf, Henri Zuber, Bœtzel, F. Ehrmann, J. Fuchs, J. Kling, Nicolas Koechlin, Alfred Kceclilin- Schwartz, Charles Kreutzberger, etc.

On pardonnera l'aridité de cette longue énumératiou

qui prouve que tous ces dignes enfants de Mulhouse, de Strasbourg, de Metz, de Golmar, de Guebwiller, d'Altkirch, de Thann, de Rixheim, conservent religieusement le souvenir de leur chère Alsace-Lorraine. Si chacun à Mulhouse a salué leurs œuvres d'un cœur ému, on ne s'y est pas montré moins reconnaissant envers tant d'autres artistes de grand talent, MM. Bastien-Lepage, de Neuville, Berne-Bellecour, Bertier, Garolus Duran, Benjamin Constant, W. Bouguereau, Gérôme, Français, Hébert, Jacquet, Japy, J.-P. Laureos, Jules Lefebvre, Maxime Lalanne, Milius, Hanoteau, Laosyer, Lumiuais, Pointelin, Tony Robert-Fleury, VoUon, Vernier, etc., etc., qui ne pouvaient oublier qu'hier encore Mulhouse faisait partie de la grande famille française, et ont choisi pour cette exposition entre les meilleures de leurs œuvres, comme un témoignage spécial d'afTection, qu'ils renouvelleront à chacun des Salons alsaciens.

L'aquarelle et le dessin étaient excellemment représentés.. MM. Bida, dont les lecteurs de Musset n'ont pas oublié les charmantes compositions, Ehrmann, Kling, Nicolas Kœchlin, Risler-Kestner, etc., s'étaient empressés de répondre à l'appel du comité de l'exposition mulhousieune. Les céramiques ont assurément dépassé les meilleures espérances. M. Deck n'a pas envoyé moins de 78 sujets : plats, assiettes, vases, bonbonnières, et personne n'a songé à se plaindre de la quantité ; MM. Schœnhaupt, Charles et Emile Zuber ont dignement tenu leur bonne place à côté de M. Deck. Les onze émaux cloisonnés de M. Thesmar ont droit à une mention spéciale, quoique le nom seul de l'artiste suffise pour en marquer tout le mérite. En somme, l'exposition de la Société des arts de Mulhouse est une tentative à laquelle la mère patrie devait un souvenir particulier. Il est à souhaiter que la prochaine exposition, qui

aura lieu dans trois ans, soit accueillie avec les mêmes sympathies et réunisse des œuvres aussi intéressantes que celles de 1879.

BELFOUT (TERRITOIRE os)

Belfort. — Le musée de Belfort a été créé il y a quatre ans, par la Société d'émulation, qui ne compte pas moins de 350 membres payants. Toutes les ressources de la société sont affectées aux beaux-arts et à l'archéologie. Le musée dispose, en outre, d'une subvention de l'État de ^00 francs, d'une subvention du département de 500 francs, et d'une subvention de la ville de 80*0 francs.

Le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts a décidé que la grande salle de Thôtel de ville, qui servira d'entrée au musée, serait décorée de cinq vastes toiles^ représentant les phases de l'histoire de Belfort, de 1307 à 1871.

Voici, d'ailleurs, les titres des tableaux commandés pour cette décoration. M. Albert Maignan traitera le sujet suivant : (( Renaud de Bourgogne accorde, en 1307, à Belfort, des lettres d'affranchissement. Remise de ces lettres aux bourgeois qui administraient la commune, par Renaud de Bourgogne, Guillemette sa femme et Othenin leur fils. »

M. Lucien Mélingue représentera : a Le maréchal de La Ferté s'emparant de Belfort, défendupar le comte de La Suze, . et réunissant définitivement cette ville à la France, 165ii. »

M. Tony Robert-Fleury : « Louvois et Vauban visitant Belfort en 1679, en vue de l'agrandissement de la ville et du plan des nouvelles fortifications. »

M. Détaille : « Le général Lecourbe défendant Belfort en 1815. »

M. de Neuville : « Le colonel Denfert défendant Belfort en 1870-1871. »

En ce qui concerne ces deux derniers artistes, le bruit a couru qu'ils avaient renoncé à exécuter leurs commandes. Il faut espérer que cette résolution n'est pas définitive.

On remarquera que ces commandes sont faites dans un excellent esprit. Elles ont ouvert, en effet, la série de la décoration des édifices civils que M. le ministre des beaux-arts et son sous-secrétaire d'État ont résolu d'entreprendre pour se conformer au désir nettement exprimé de la Chambre dans ses commissions spéciales.

Par ce vestibule grandiose on accédera dans la salle de peintures et de sculptures, puis dans la galerie de gravures anciennes et modernes, de collections archéologiques et d'histoire naturelle.

Dans le courant de l'année 1879, le musée de Belfort s'est enrichi d'un tableau de Henner, le Christ mort, don de l'État, de la Résistance, de M. Jundt, don de l'auteur, d'un paysage de M. Lemaire, également offert par l'auteur, d'un beau pastel de M. Dauphain, peintre belfortain, représentant une Bacchante grandeur .naturelle, que la Société a acquise, et enfin d'un Portrait de JeanrJacques de Norimont, seigneur de Belfort dont l'original, existant au musée de Stuttgard, est attribué à Holbein le Vieux et porte la date de 1525. .

Au nombre des sculptures nouvelles, nous citerons Gallia nostra, maquette en plâtre de Moulin, qui a figuré à l'Exposition universelle de 1878, et qui est un don de l'État, et trois grands médaillons en plâtre représentant le colonel Denfert, le général Lecourbe et le littérateur Colin, donnés par leurs auteurs, MM. Meigret et Monségur. Deux panneaux en bois sculpté, de la fin du xva* siècle, provenant

de l'ancienne abbaye de Luxeuil, sont Tenus s'ajouter aux collections qui ont reçu d'autre part quantité de gravures, d'objets archéologiques et de médailles.

Pendant que le musée fait ces progrès, que l'hôtel de ville attend sa superbe décoration, le théâtre de Belfort est désigné de son côté pour un embellissement. M. Stéphane Baron va, assure-t-on, exécuter des panneaux décoratifs pour son foyer.

Une école de dessin a été fondée à Belfort, il y a deux ans, par le directeur des écoles primaires de cette ville et sous la surveillance de la municipalité. Elle est très bien installée et compte déjà 53 élèves. Les cours ont lieu le dimanche ; à la fin de chaque séance, le directeur délivre à chaque élève une carte de présence. L'exposition des dessins faits dans Tannée a été ouverte au mois d'octobre. Elle a donné des résultats très satisfaisants.

La Société d'émulation a l'intention de créer un cours de dessin gratuit, le soir, pour les ouvriers, et de fonder des prix.

On a travaillé activement pendant l'année au lion colossal du sculpteur Bartholdi, dont une copie réduite doit être installée aux buttes Ghanmont à Paris.

Nous signalerons, en terminant, deux monuments historiques non classés : l^Téglisede Saint-Dizier sous le to> cable de Saint-Martin, laquelle est du xip siècle. Le portail et le premier étage de la tour remontent à une époque plus reculée. Cette église renferme deux sarcophages en pierre, l'un du vir siècle et l'autre du xii«, dans lesquels auraient été déposées les reliques de saint Dizier et de Bengenfroid ; 20 l'église de Bermont, dont le chœur parait remonter au xi« siècle. Des deux côtés de l'abside, les piliers engagés portent des chapiteaux à têtes grimaçantes. C'est en 1177

qu'il est question pour la première fois de l'église de Bermont.

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