BOUCHES-DU-RHONE
Marseille. — Le musée de Marseille a pour consenrateur H. Bouillon-Landais. Il est installé dans le palais des Arts, dont tout le monde connaît la belle architecture; c'est un des riches musées de France. L'initiative de l'ancienne Société artistique n'a pas peu contribué à son développement ; c'est à elle, en efTet, à ses efforts, aux recettes des expositions qu'elle a organisées jusqu'en 1870, quela Yilledoiildi Judith de Regnault, le Paysage de Daubigny , la Donneuse de Chaplin, la Mère de Millet, la Marine d'Isabey, qui sont des morceaux de premier ordre. Depuis cette époque la ville achète chaque année pour 10,000 francs d'objets d'art, quand le conseil municipal y consent. En 1879, on n'aurait rien acheté, les pharmaciens et les géologues du conseil municipal ayant proposé la suppression du crédit ordinaire. Mais le mouvement artistique, loin de s'arrêter à la suite de cette ridicule proposition, n'a fait que s'aviver. Sur l'initiative de MM. Sellier, conseiller municipal» et Bouillon-Landais, conservateur du musée, une exposition des beaux-arts et des arts rétrospectifs a été ouverte au mois de mal. Elle a réuni toute une légion d'œuvres exquises et fortes, appartenant à des collections particulières qui font honneur au goût des Marseillais.
Cette exposition s'est tenue dans le rez-de-chaussée de la nouvelle bibliothèque.
Parmi les toiles des artistes anciens, on a remarqué un Intérieur de b(mcherie, d'Ostade ; deux Intérieurs d'atelier, de Vanloo ; une Marine, de Joseph Vernet ; une Kermesse, de Téniers ; un Coup de vent, de Salvator Rosa ; le Maréchal fer-
ran^ de Paul Polter;Uû Endyviion,àe Girodet;/« Triomphe de Vénus, de Goypel; un pastel de La Tour; deux jolis portraits de Gros, etc. II y avait aussi un curieux dessin de Puget.
Parmi les modernes : Us Vaches, VOrage et U Soleil couchant, de Dupré; la Toilette, de Ghaplin ; la Descente des Vaches et la Basse-cour, de Théod. Rousseau ; un Portrait, par Couture ; une Vue d'Orient, de Fromentin ; le Brave et le Fou, de Roybet ; les Oiseaux, Fleurs, Pécheur et la Soupière, deVoUon ; le Chef de cuisine, de Ribot ; la Tombe, de Decamps ; Us Quais de Marseille, Vue de Hollande, deux Vues de Venise, Vue de Gènes, de Ziem ; la Femme au chien, de Ricard ; Nymphe et Amour, Diane chasseresse, deux Paysages, les Chiens, de Diaz ; Pâturage, de Jacque ; Arabe, de Regnault ; le Djiaour et le Pacha, de Delacroix ; la Mendiante etto Rosanèra, de Hébert ; Paysage, V Abreuvoir, de Corot; Bords de Wise, de Daubigny ; Paysage, de Courbet; le Conventionnel, i^ Couture; Vaches blanches, de Troyon ; Musette, de Rousseau ; Portrait de J/™« Pastrè mire, par Papety ; Pêcheur, de Delacroix ; Soleil couchant, de Ghintreuil ; la Pluge, de Duez. Nous omettons la liste des artistes locaux, dont l'exposition était cependant franchement originale et très intéressante.
Une galerie non moins remarquable réunissait les objets d'art anciens appartenant aux grands collectionneurs de Marseille. Citons les tapisseries et les faïences de M. Abram, conseiller général des Bouches-du-Rbône, les céramiques de Marseille et de Moustiers, empruntées au cabinet de M. Arnavon, les tapisseries de Bruxelles et les meubles R^ naissance de M. Vaîsse, le mobilier Louis XIV de M. Roux, président du Cercle artistique, les ferrures précieuses de M. Bruno-Vayson, les terres cuites de M. Ricard, les émaux de M. Pailly, les merveilles orientales de M. Alfred Rabaud, les pâtes tendres, les bijoux de M. Croze-Magnan, les ver-
reries, les marbres, les figurines grecques de M. Trabaud. Cette énumération dit assez quel intérêt l'exposition de Marseille a offert et quel important serrice ses organisateurs ont rendu à la cause de Tart.