SEINE-ET-OISE
Versaiixes. — La Société des amis des arts du département de SeÎDe-et-Oîse a ouvert le dimauche 17 août sa vingtsixième exposition annuelle de peinture, sculpture, architecture, etc. Il n'y avait que quatre cents ouvrages au catalogue de 1878; celui de 1879 en comprend huit cents. Ce chiffre respectable atteste et les progrès de cette institution et l'intérêt qu'a offert l'exposition organisée dans la salle de dessin du lycée.
Saint-Germain. — La Société des amis des arts de Seineet-Oise a organisé du !«' juillet au 30 septembre 1879 une exposition de peinture, sculpture, architecture et gravure dans le château de Saint -Germain. L'administration du Musée a bien voulu lui prêter trois salles, qui malheureusement étaient à trois étages différents. Malgré ce léger inconvénient l'exposition a été brillante. On y a compté cinq cent vingt-trois œuvres, la plupart envoyées par des artistes parisiens. Les plus remarquées ont été un Parlementaire par E. Détaille, une Étude de femme de J.-J. Henner, un Portrait d'homme par Bastien-Lepage ; un Paysage, par Hirsch, des Eclaireurs par Gaignard, le Vivier par Gosselin, la Boule de neige de H. Dameron, les fusains de M. Allongé, les eauxforteâ de MM. Lalanne, Bonvin, Courtois.
Deux médailles d'honneur (or) ont été décernées à MM. Ferdinand Jacomin, Emile Renouf. Le jury a accordé en outre cinq médailles de l'^ classe (vermeil), dix de 2* classe (argent), et vingt de 3« classe (bronze).
SEINE-rNFËRIECRE
Rouen. — La ville de Rouen fait coostroire, sous la direction de M. Sauvageot, un nouveau bâtiment pour y loger ses collections d'art. Déjà la première aile est achevée et Ton y a transporté une partie des six cents tableaux qui composent le musée de peinture. I.orsque le monument sera terminé, on y classera la bibliothèque, les sculptures et les estampes. Les expositions y auront leur local distinct et l'on ne sera plus obligé, comme aujourd'hui, de cacher les toiles des Musées derrière des cloisons provisoires pour installer le salon annuel . La dépense totale est évaluée à 3,500,000 francs.
Le budget de la ville ne comporte pour les achats du musée qu'un crédit de 2,000 francs, qui doit être employé dans l'année. Cette somme n'est en rapport ni avec la richesse de la ville, ni avec la richesse artistique du musée. Nous sommes convaincu que la municipalité proposera avant peu de l'élever, ou en tout cas d'autoriser l'accumulation de ce crédit pendant plusieurs années, afin de permettre l'achat d'œuvres plus importantes. Les dépenses d'entretien s'élèvent à 2,000 francs; celles du personnel du musée atteignent kyhOO francs.
L'État n'a rien donné au musée en 1878, mais en 1879, il lui a envoyé les œuvres suivantes : Étude déjeune fille, par Dubufe fils. Devant les reliques de saint Georges par Diéterle, Sainte Agnès, par Ferrier; Buste^ en marbre de Breviere, par L. Auvray, Sarpédon, statue par Peinte.
La Société des arts a acheté des œuvres de LandeUe, Isembart, Lesrel, Gilbert et Leborne. Elle y a aflfecté une partie de la recette de l'exposition qui compte en moyenne
de trente à quarante mille spectateurs payant 25 centimes d'entrée.
Les expositions de peinture ont lieu régulièrement tous les ans dul*' au 15 novembre; elles sont organisées par la ville. Tous les deux ans le conseil municipal vote un crédit assez important pour faire face à cette dépense et afin de pouvoir faire quelques achats au Salon. En outre d'un grand prix de 1,000 francs, offert parla municipalité, d'un objet d'art donné par l'État, d'une médaille de 500 francs offerte par le département, le jury dispose, de dix à douze médailles. Peut-être ce nombre est-il insuffisant.
A la suite de l'exposition, des récompenses ont été décernées aux artistes dont les noms suivent : iM"** Salle Wagaer, grand prix de la ville (1,000) francs; MM. Lesrel, prLx da ministre; Auguin, prix du département; Gilbert, Dantan, Martin (Léon), médailles d'or de la ville; Baudet, médaille d'or de l'académie des sciences, belles-lettres et arts ; Isembart, médaille d'or de la Société des antiquaires de la Normandie ; Vallois, médaille d'or de la Société d'émulation ; Le Poittevin, médaille de vermeil de la Société des amis des arts ; Petit, médaille devermeil de la Société d'horticulture ; Thurner, médaille d'argent de la Société d'agriculture.
L'école municipale de peinture et de dessin compte près de quatre centsélèves. Les dépenses de personnel, d'entretien et de modèles s'élèvent à 13,280 francs. Dans cette somme est compris le legs des 500 francs fait par M. Vautier pour décerner tous les trois ans un prix aux élèves de l'école. Le département accorde aussi un prix de 500 francs et la municipalité donne des médailles.
Les Sociétés artistiques de Rouen sont puissantes et actives. La Société des amis des arts compte deux cent cin-
quante membres sociétaires ; les actions de la Société son de 30 francs. Lors de chaque exposition, la ville lui accorde 2,000 francs de subvention et le conseil général lui alloue annuellement 1,000 francs. L'année dernière les recettesont été de près de 12,000 francs.
La Société artistique de Normandie, moins ancienne que la précédente, compte trois cent cinquante à quatre cents membres; mais ses actions ne sont que de 10 francs. Elle jouit des mêmes subventions que la Société des amis des arts.
Celle-ci a acheté cette année la Pourvoyeuse de Glaize, la Malvina de Barrias, VAnge consolateur, par de Gurzon, les Chevaux de Diomède de Moreau, les Mendiants d'Achille Z^, une Almèe de Landelle, plus des œuvres de Luminais ,. Duval, Le Camu, GlaudiusJacquand, Adolphe Y von, Laugée.
Le conseil général a voté 1,800,000 francs pour refaire et agrandir la façade ouest du palais de justice de Rouen,. le plus beau spécimen de l'architecture du \yr siècle qui soit en France. Le clocher de l'église de Gervais dont l'extrémité avait été renversée par l'ouragan de mars 1876 est actuellement restauré. L'an dernier la flèche de la cathédrale a été complétée par la pose de la lanterne sous l'habile direction de M. Barthélémy, architecte diocésain. Aujourd'hui le même architecte s'occupe des quatre clochetons qui doivent être placés aux encoignures. La Société des amis des arts a fait élever un tombeau à l'artiste Court sur un terrain donné par la ville.
Le samedi 18 octobre, a eu lieu à Rouen, en présence d'une foule considérable, l'inauguration de la fontaine monumentale Sainte-Marie à l'extrémité de la rue de la République. Elle est due au ciseau du sculpteur Falguière, la composition architecturale est l'œuvre de M. de Perthes.
L'ART EN PROVINCE. Mft
Après avoir fait Pénumération et l'historique des travaux d'art effectués pour distribuer Teau dans la ville de Rouen, M. Barrabé, maire de Rouen, a remercié de leur collaboration MM. de Perthes, Tarchitecte, et Falguîère, le statuaire choisi dans un concours ouvert entre les cinq artistes suivants : MM. Bartholdi, Carrier-Belleuse, Cugnot, Leharivel-Durocher et Falguière.
Le rapport du jury de ce concours renfermait ce passage qu'a cité M. Barrabé :
LVtisle a voulu que le monument, dans l'ensemble, aussi bien que dans les moindres détails, rappelât aux yeux et à l'esprit de tous les éléments de richesse et de célébrité dont notre ville peut être 6ère.
Une femme aux formes majestueuses, personnifiant la ville de Rouen, domine tout l'édifice. Assise sur la proue d'un navire, qui rappelle notre situation maritime et accompagnée des génies du Commerce et de l'Industrie, elle se dispose à porter au loin les bienfaits de notre civilisation. Elle sait que, grâce au courage et à l'expérience de ses marins, elle évitera ou franchira les écueils qui se présenteront devant elle et que rien ne l'empêchera d'atteindre le but qu'elle se propose. Placé près d'elle, le génie des Sciences et des Lettres consacre le rôle important que notre cité a joué dans le développement intellectuel de la France, grâce à ses poêles, à ses peintres, à ses musiciens, à ses savants.
Deux groupes d'animaux, aux formes puissantes, symbolisent la richesse agricole de notre contrée. Ils ont le double mérite d'étendre encore leur idée générale, et de donner lieu à une très belle silhouette artistique... Au point de vue décoratif, les grandes lignes fournies par les figures d'animaux ont été utilisées dans les monuments les plus célèbres. Les artistes de l'antiquité et de la Renaissance n'ont jamais manqué de proGter de cette ressource. »
La nouvelle fontaine peut donner un volume de 250 litres d'eau à la seconde. H. Barrabé s'est félicité de l'acquisition du monument grandiose dont s'est enrichie la ville de Rouen.
Le grand théâtre, autrement dit Théâtre des Arts, a été incendié en avril 1876. On a jeté bas ces ruines et entrepris la construction d'une nouvelle salle, sur les plans de M. Sauvageot. On évalue les dépenses à 3,500,000 francs.
Le Théâtre -Français vient d'être complètement transformé. M. Duchesne, artiste peintre, professeur à TAcadémie de peinture, a composé et exécuté la décoration nouvelle à laquelle la presse locale n'a pas ménagé l'éloge.
Le Havre. — Le musée du Havre a reçu de VÈteii l'Offrande à la Vierge, tableau de Buland, une aquarelle de M™ LanjauUay, d'après le tableau de M. Jules Breton : la Sieste.
Le palais de la Bourse, construit sur les plans de M. Le- ' maître, architecte de la ville, est poussé avec beaucoup d'activité. Le fronton et les statues qui l'accompagnent ont été, après concours, confiés à M. Devaux, statuaire à Rouen. Ce monument, qui reviendra à peu près â deux millions, est assez avancé pour qu'on ait pu entreprendre l'installation intérieure.
Gaudebec-en-Gaux. — Une somme assez importante a été votée pour la restauration de l'église de Gaudebec qui est un véritable bijou.