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NÉCROLOGIE

BARRE (Désiré-Albert), graveur français, né à Paris, le Ç mai 1818. Il s'adonna d'abord à la peinture et suivit les cours de Talelier de Paul Delaroche, puis il s'appliqua, en 1850, à l'étude de la gravure en médailles, et aida son père dans quelques-uns de. ses derniers travaux. Il a fait, avec ou sans lui, un certain nombre de médailles estimées en dehors de leur vogue 'officielle, et lui succéda, en 1855, comme graveur général de l'Hôtel des monnaies. On lui doit, entre autres, les deux jolies médailles représentant la République ayant les cheveux relevés à l'aide d'un bandeau où sont inscrits les mots :<( Suffrage universel », médailles faites pour l'Exposition de 1878 et qui ont été frappées à plus de 120,000 exemplaires.il est mort le 30 décembre 1878.

BLANCHARD (Edouard-Théophile), peintre français, né à Paris en 1843. Il étudia dans l'atdier de M. Gabanel et, en 1868, remporta le prix de Rome. Comme Henri Regnault, dont.il fut l'ami intime, il vint à Paris en 1870 et s'engagea dans les bataillons de marche, bien qu'exempté du service militaire. En 1872, il obtint une médaille de 2* classe et, en 187/i, une médaille de l'« classe. Blanchard s'était surtout adonné à la peinture de genre et au portrait. Ses meil-

leurs tableaux sont Cortigiana (Salon de 1875), gravé dans l*Art,eX le Ltitnn (1876), qui fut admis à l'ExpositioD unÎTerselle de 1878; le Portrait de Marcello, duchesse Colonnade Castiglione (1877); son Bouffon du Salon de 1878 était une regrettable erreur. Cette année 1879, il avait exposé deux portraits de femmes. 11 est mort le 24 octobre 1879.

BLORE (Edouard), architecte anglais, né dans le comté de Derby, le 13 septembre 1789. Il montra dès sa jeunesse ce gotlt pour l'architecture ecclésiastique et privée qui devint plus tard son caractère distinctif, etPun des premiers il contribua à faire revivre l'amour de l'architecture gothique, qui avait langui depuis la Réforme. Il fit les dessins pour le buffet d'orgue, les stalles, etc., de la cathédrale de Peterborough. Le magnifique palais d'Aloapka,eQ Crimée, fut construit entièrement d'après ses dessins ; bientôt après, il fut nommé architecte de Guillaume IV, puis de la reine Victoria. C'est lui qui acheva le palais de Buckingham, commencé par Nash. Il devint plus tard l'architecte de Westminster-Abbey, et occupa ce poste pendant plusieurs années. Il fut l'un des fondateurs de rinstitut archéologique • et a laissé une magnifique collection de dessins d'églises, d« châteaux et d'autres monuments anciens. Il est mort à Londres, le h septembre 1879, à la suite d'une longue et pénible maladie.

BOXALL (sir Guillauio:), peintre anglais, né le29 juin 1800. Il a été l'un des meilleurs peintres de portraits de son temps, et fut le successeur de sir Charles Eastlake comme directeur de la Galerie nationale, fonctions qu'il remplit depuis 1865 jusqu'à 1874.

En 1827, il voyagea en Italie et en Sicile, et, après son retour, en 1829, il exposa son premier tableau important :

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la Réconctliation de Milton av^.c sa femme, avec un portrait de Thomas Stothard. En 1859, il peignit UD fort beau portrait de M. Frédéric Ruth, et, en 1863, il signala son élection à TAcademie royale en produisant Fadmirable portrait de /. Gibson, qui se trouve à Burlington -House au nombre des tableaux présentés par les académiciens lors de leur électioD. Sa nomination comme directeur de la Galerie nationale ne lui permit pas de consacrer son temps à la peinture. Au bout de cinq ans, il voulut résigner ses fonctions; mais par suite des instances du premier ministre et des curateurs du musée, il les continua aussi longtemps que sa santé le lui permit. Depuis le mois de septembre, son état était devenu alarmant; il mourut le 6 décembre 1879.

GASSIE (Jacques), peintre anglais, né à Aberdeen, où il demeura jusqu'en 1869, époque à laquelle il fut élu associé de l'Académie royale d'Ecosse et s'établit à Edimbourg. Il eut pour maître M. Jacques Giles, membre de l'Académie royale d'Ecosse. M. Gassie aima la mer avec passion et ne se fatigua jamais de la représenter; mais il ne se borna pas à ce sujet, et peignit plusieurs beaux portraits. Ses aquarelles étaient souvent extrêmement remarquables. Durant la plus grande partie de sa vie, il exposa fréquemment à l'Académie royale d'Ecosse et parfois à celle de Londres. Vers le milieu de l'année 1878, l'état de la santé de M. Gassie devint très alarmant; au mois de février, il fut élu membre de l'Académie, mais il ne jouit pas longtemps de cet honneur; il mourut à Aberdeen, au mois de mai 1879, à Tâge de soixante et un ans.

GHAM (Amédée de NOÉ, connu sous le nom dé), caricaturiste français, né à Paris, le 26 janvier 1819. Troisième fils du comte de Noé, pair de France sous Louis-Philippe,

Cham était ftgé de soixante ans lorsqu'il a saccombé, le 7 septembre 1879, à une affection de poitrine dont il était atteiot depuis longtemps. Sa yerve inépuisable a, pendant plus de trente ans, amusé le monde entier dans des croquis qui, d'une exécution médiocre au point de vue artistique, sont des modèles d'esprit et de dépliante gaieté. C'est pourquoi on l'a appelé le yaudevilliste du crayon.

Après s'être destiné à l'École polytechnique, il avait voulu aborder la peinture sérieuse et avait travaillé dans l'atelier de Paul Delaroche. Il avait ensuite passé dans celai de Gharlet, qui avait développé ses dispositions natarelies pour la charge. L'œuvre de Cham est immense. Sa fécondité était telle que, lorsqu'il travaillait au Musée Philippon, il avait coutume de soumettre à son directeur deuxplancbesde douze dessins par semaine, au choix, alors qu'il n*eû devait qu'une. Sa première œuvre fut son Album physiologique. Puis vinrent ses dessins du Musée Philippon, du Journal amusant et ilu Charivari. Citons rapidement les Souvenirs de garnison, les Impressions de voyage de M. Boniface, les Jfélon^es comiques, les Nouvelles Charges, les Revues d'expositions de vingt Salons, la Grammaire illustrée, les Croquis de printemps et d'automne. En Carnaval, Soulouque et sa cour, les Représer\r tants en vacances, une centaine de dessins comiques, etc., etc. En dernier lieu il collaborait au Charivari et au Monek iUastré. Il donnait tous les mois dans ce dernier journal une revue comique, qui obtint un très grand succès. Son directeur, M. Paul Dalloz, ouvrit une souscription pour lui élever une statue, mais la veuve du caricaturiste, M*"* la comtesse de Noé, refusa par une lettre dans laquelle elle disait : « Ou n'interpréterait pas ainsi les dernières volontés de mon cher mari, qui désirait qu'on évitât le bruit et qu'on ne fit rien d'extraordinaire pour ses obsèques. Je vous prie

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donc de vouloir bien arrêter la souscription; mais croyez à ma profonde reconnaissance pour cette preuve de vive sympathie que vous voulez bien donner à celui qui vous comptait parmi ses meilleurs amis. » Deux discours furent prononcés, le jour des obsèques, sur la tombe de Cliam : le premier par M. Pierre Véron, rédacteur en chef du Charivari ; le second par M. Ludovic Halévy, au nom' de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.

CHASE (Jean), peintre anglais, né le 26 février 1810, montra dès sa jeunesse un grand amour pour Fart et fut considérablement aidé dans ses études par M. Gonstable. A l'âge de quatorze ans, il exposa son premier tableau à l'Académie royale. En 1835 il fut élu membre de la Nouvelle Société d'Aquarellistes, et, depuis lors, il contribua chaque année à ses expositions. Il est mort le 8 janvier 1879.

CHRISTISON (M- Marie-Sympson,* née Tovey), peintre anglais, morte à Lammermoor,Queensland, le 1" avril 1879; elle s'était occupée principalement de portraits, et dans cette branche de la peinture elle avait pris Millais pour modèle. En 1875, son tableau de Ruth et Booz, exposé à l'Académie, fut très remarqué. En 1878, elle épousa un éminent chirurgien, M. Robert Christison, et l'accompagna au Queen^ land, où elle mourut presque subitement d'une fièvre.

GOLONNA DE GASTIGUONE (AdIile d'Affrt, duchesse de), connue comme sculpteur sous le pseudonyme de Mar^ cello. Elle est née le 6 juillet 1837, d'une grande famille suisse. Elle épousa, le 5 avril 1856, le duc Gharles Golonna de GasUglione-Aldovrandi, frère de la branche cadette de Colonna-Paliano. Veuve au bout de quelques mois, la duchesse Golonna de Gastiglione s'exerça à la sculpture.

qu'elle avait commencé à étudier dès Page de quinze ans^ et ' y de^nt en peu de temps d'une remarquable habileté. Au Salon de 1863, elle exposa un buste de Bianca Gapello, grande-duchesse de Toscane, qui obtint un vif succès. Il est aujourd'hui dans la galerie de M. Emile de Girardin, en regard du buste de la duchesse elle-même, sculpté par Clesinger. Les autres principales œuvres de sculpture de Marcello sont : Marie-Antoinette aux Tuileries et Marie-Antoinette au Temple, deux bustes exécutés pour l'impératrice Eugénie; sainte "(Jlotilde (1854); la Gorgone (1867); une statue colossale de Guillaume Tell, pour la ville d'Aitor/, en Suisse; la Bacchante; la Pythie; la Sorcière (galerie de M. de Girardin); Phœbé (1875); Redemptor mundi (1875); Buste de jeune Romaine (1876), gravé dans VArt; Buste de If"* la comtesse de £...; une Pythonisse, statue placée dans le grand escalier de l'Opéra, etc. Depuis 1876, M"* la duchesse Colonna n'avait plus exposé aux Salons. Elle peignait aussi avec goût, et M. de Girardin, qui possède plusieurs de ses œuvres, a d'elle une toile intéressante, intitulée : un Chef africain. Très aimable, très spirituelle, Marcello avait surtout un grand charme comme femme, et, comme sculpteur, un talent vigoureux et très personnel. Elle est morte le 22 juillet 1879. Elle a légué à la ville de Fribourg, en Suisse, dont sa famille était originaire, une grande quantité de ses œuvres, qui seront prochainement installées dans un musée spécial.

COUDER (Alexandre-Jean-Rbmt), peintre français, né à Paris en 1808, mort en 1879. Il étudia d'abord la gravure en médailles et la sculpture, puis entra dans l'atelier du baron Gros et débuta au Salon de 1 837 par un Épisode de la Saint-Barthélémy. Il s'adonna ensuite de préférence à la

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peinture de genre et à la nature morte. Ses tableaux, sans obtenir une très grande vogue, avaient toutefois l'estime des amateurs. Nous ayons parlé dans un précédent cha-

pitre ^ de la vente des œuvres qu'il avait dans son atelier au moment de sa mort. Nous pouvons citer parmi ses meilleures toiles : les Deux Favoris, le Cabinet de curiosités, quelques Intérieurs de cuisine. Légumes et Poissons, une Après-dînée au x\m* siècle, des Fleurs, Il exposa jusqu'à la fin de sa vie, et l'on a pu voir au Salon de 1879 les deux tableaux qu'il avait achevés avant de mourir : Raisins et Fleurs des champs, Alexandre Couder avait obtenu une médaille de 3" classe en 1836. Il était chevalier de la Légion d'honneur depuis 1853.

COUTURE (Thobias), peintre français, né à Senlis, le 21 décembre 1815. Il se fit inscrire dans l'atelier de Gros, en 1830, puis entra dans celui de Paul Delaroche. En 1840, il présenta au Salon un Jeune Vénitien après une orgie. Dès l'année suivante, un Enfant prodigue,"" assis les jambes ballantes sur un rocher, le fit remarquer. En 1843, un Trouvère qui pinçait de la mandoline et qu'écoutaient deux jeunes filles rêveuses le mit hors de pair. « Un dessin facile et souple, a dit H. Burty, une science facile de l'arrangement, une palette argentine et rosée dans les tons clairs, bitumeuses dans les dessous, marquaient nettement son originalité. U Amour de l'or, que l'État lui acheta au Salon de 1844 et envoya au musée de Toulouse, montre bien ce que l'enseignement de Paul Delaroche pouvait développer dans le sens plutôt anecdolique ou littéraire que purement artiste. » Enfin vint, en 1847, le grand et légitime succès des Romains de la décadence, tableau qui se trouve au musée

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