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du Loxembonrg et qui reste le chef-d'œayre de Tartiste. tt La peinture en est blonde d'aspect, dit M. Ch. Blanc; les tons les plos riches s'y fondent dans une harmonie à base neutre. On dirait d'un Paul Véronèse plein de belles figures d'atelier et saupoudré légèrement d'une farine rose. Bien que le pinceau de Couture ait suffi à couvrir noblement cette grande toile des Romains de la décadence, l'on s'accorde à dire qu'en des dimensions beaucoup moindres, comme celles du Fauconnier^ par exemple, son exécution est plus brillante, sa manière plus précieuse et plus distinguée, son coloris plus frais. Deux ans après l'éclat de sou succès, — j'étais alors directeur des beaux-arts au ministère de l'intérieur, — Couture vint me voir. Cétait un homme petit, ramassé, robuste, portant avec orgueil sa tête engoncée : il ressemblait à Ingres. L'administration lui avait commandé VEnrôlement des volontaires en 92. Il me parla de ce tableau futur : il le peignit en paroles de flamme. Je retrouve sa conversation dans un petit livre curieux qu'il a publié sous le titre: Méthodes et entreliens d'atelier... » Malheureusement la fatigue s'empara de l'artiste durant les travaux préparatoires qu'il fit pour ce tableau. La composition d'ensemble n'a point été vue ; on n'en connaît que des morceaux épars, qui sont d'une énergie saisissante. Couture a exécuté, outre quelques excellents portraits, des peintures officielles, telles que Je Baphne du prince impérial, le Retour des troupes de Crimée^ qui ne montrèrent aucune de ses bonnes qualités. Les deux petits volumes que nous citions tout à l'heure sont des pamphlets contre ses confrères qui n'ont aucun mérite littéraire ou critique, mais qui lui valurent beaucoup d'ennemis. II ouvrit quelque temps, rue de la Tour-d'Auvergne, un atelier qui eut ses jours brillants; un député qui s'est fait
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à la Chambre une réputation spéciale par ses connaissances artistiques, M. Antonio Proust, y a tenu la palette à côté de H. Edouard Hanet. Puis l'artiste, dégoûté ou plutôt dépité, — car il était d'un orgueil extravagant, — et envahi par la paresse, se retira du monde et alla vivre dans un château qu'il possédait à VilIiers-le-Bel. C'est là qu'il est mort le 30 mars 1879.
DAUMIËR (Henri), caricaturiste et peintre français, né à Marseille en 1810. Il débuta, dès 1832, comme faiseur de caricatures et de charges, au Charivari, où il fit paraître la série des Robert Macaire et où il donna successivement des séries analogues sur toutes les actualités. Il ne cessa d'ailleurs que dans ces dernières années de collaborer au même journal, où la collection de ses œuvres constitue une des satires les plus originales et les plus profondes de notre société contemporaine. Il trouvait le moyen de résumer en quelques traits décisifs le caractère dominant d'une physionomie; il marquait le ridicule, le vice de signes ineffaçables. Il est telles de ses compositions qui respirent une véritable grandeur en dépit de leur exécution sommaire.
Le crayon de Daumier fit une guerre acharnée et constante au roi Louis-Philippe, aux ministres, aux Chambres d'alors. M. Guizot et M. Thiers figurent parmi ses plus célèbres victimes. En même temps, l'artiste publiait les séries des Femmes socialistes, des Divorcetises,ies Grecs, des Bons Bourgeois, des Robert Macaire, des Locataires et Propriétaires, des Papas ^ etc., etc. Nul mieux que Daumier n'a rendu le type convenu du bourgeois parisien, et ces deux dernières séries sont peut être ses chefs-d'œuvre.
Après 1848, il aborda la peinture et exposa au Salon de
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18/i9; ses œuvres en ce genre témoignèrent de rares qualités de coloriste et d^une observation puissante, mais elles ne furent guère goûtées du public. Daumier revint bientôt à son crayon. Il y a cinq à six ans, il collaborait encore assez régulièrement au Charivari. Daumier fut un satirique peutêtre plus puissant que Gavarni. Il fut une personnification du bon sens, et son œuvre constituera un des plus précieux documents historiques de ces quarante dernières années.
Depuis 1877, il avait dû cesser de dessiner; il perdait complètement la vue, et ce malheur, en privant le pauvre artiste des ressources de son art, le décida, au printemps de 1878, à abandonner Paris. Daumier alla s'installer dans une petite maison qu'il possédait à Valmondois, entre Tlsle- Adam et Anvers. Ce départ lui coûta beaucoup, et il était très affecté à l'idée de passer désormais toute Tannée et surtout l'hiver à la campagne. Mais Daumier ne possédait pour vivre, lui et M"*' Daumier, qu'une modeste pension de 2,/iOO francs servie par l'État, et la nécessité avait rendu indispensable ce déplacement, qui était pour lui un exil. En 1878, on organisa à Paris, rue Le Peletier, une exposition de son œuvre comprenant ses dessins, ses peintures, ses bustes, etc., dont nous avons parlé dans notre précédent annuaire, et qui montra d'une façon éclatante l'originalité de ce talent.
« Il y a du Goya et du Rembrandt dans Daumier, a dit M. Ch. Blanc. Ses lithographies sont toujours colorées par le clair-obscur. Son crayon, gras et huileux, en s'écrasant sur la pierre, y fait mordre souvent des noirs mystérieux et profonds, quelquefois tragiques. S'il ouvre sa fenêtre sur la campagne des environs, il indique à peu de frais un paysage bien senti et qu'il sait rendre pittoresque, plein d'air et d'espace, et où il ménage dans le blahc du papier
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des coups de soleil, témpin son cortège funèbre de La Fayette. Une chose à remarquer dans ses charges, c'est qu'elles sont faites sans modèles, en l'absence de la nature, dont il se souvient, il est vrai, comme si elle était présente. Son crayon est de la sorte entraîné par l'esprit au lieu d'être enchatné par le réel. Sa mémoire idéalise la caricature en l'élevant parfois à la vérité typique, et c'est ainsi. Dieu me pardonne, qu'il lui arrive de mettre du style dans ses laideurs. Et du reste, quand il était porté par le sentiment de la patrie, poussé par une conviction forte, animé par ses croyances politiques, il s'élevait à des expressions viriles, et oubliant ses grimaces, il imprimait un air de fierté à ses images improvisées sur la piefte. Son talent, une fois dans le sérieux, y grandissait jusqu'au sublime, et son éstarnpo de la Rue Transnonain, coup de maître charbonné avec iino indignation épique, esl une page digne de celui qui a écrit VHistoire de dix ans. »
Daumier est mort le 1 1 janvier 1 879, à Valmondois (Seine et-Oise), où il s'était retiré. Il avait soixante-dix ans.
DENUELLE (Dominique-Alexandre), peintre français, né à Paris en 1818. Il s'était voué à une spécialité dans laquelle il avait atteint de bonne heure le premter rang. Il a exécuté la décoration intérieure d'un grand nombre d'églises, d'édifices civils et d'habitations particulières, dans le même sentinnent qui guidait Viollet-le-Duc à l'égard de la restauration et de l'ornementation extérieures. C'est avec un 4act d'une délicatesse extrême, un goût d'une pureté et d'une sûreté parfaites, un savoir consommé, qu'il a accompli tant de travaux d'une grande importance et d'une grande beauté, qui ne sont pas seulement des restitutions, mais de véritables résurrections du tempâ passé, et qui lui ont valu
une légitime réputation. Parmi ses principaux travaux de décoration monumentale, on peut citer ceux des églises Saint-Germain-dés-Prés, de Sainte-Glotilde, de la Trinité; trois chapelles à Saint-Sulpice, la chapelle de la Vierge à Saint-Eustache, les abbayes de Saint-Denis, de Saint-Paul, deNtmes, de Saint-Polycarpe de Lyon, des chœurs ou chapelles des cathédrales de Beauvais, Carcàssonne, Orléans, . l'oratoire de Birmingham en Angleterre (18/»6-1856), un grand nombre d'hôtels privés ou de monuments publics, la cathédrale de Strasbourg, etc., etc. Eu outre, sa haute érudition et ses connaissances spéciales des questions de céramique rendaient ses conseils précieux pour les manufactures de l'État. Il faisait partie du conseil de perfectionnement de Sèvres, et c'est lui qui avait rédigé le remarquable rapport relatif aux améliorations et aux réformes nécessaires à cet établissement, ainsi que celui de 1878, à la suite de l'Exposition universelle. Il est mort presque subitement à Florence dans les premiers joars de décembre 1879. Il était officier de la Légion d'honneur.
DORGIÈRE (Louis), sculpteur suisse, né en 1805. Plusieurs de ses sculptures décorent des monuments des placée , publiques; d'autres bq trouvent dans des musées ou des collections particulières. Il avait un talent distingué.
DUG (JosEPH-Louis), architecte français, mort à Paris, le 22 janvier 1879.
Né à Paris le 15 octobre 1802^ il entra de bonne heure à l'École des beaux-arts et s'y distingua autant par son application que par la vivacité de son Intelligence. Dès l'âge de vingt-trois ans, il remportait le grand prix de Rome, avec sa composition d'un Hôtel de Ville pour la ville de Paris. De la villa Médicis, il envoya divers travaux qui