Voyez le chapitre i«', pages 57 et suiv
2. Nous croyons devoir citer ici quelques lignes' écrites par M. Francisque Sarcey qui assista, à Lausanne, aux obsèques de VioUet-le-Duc et
VOGEL (Louis), doyen des artistes de la Suisse, mort en 1879. C'était le peintre le plus populaire de ce pays, la gravure ayant multiplié partout ses ouvrages, scènes de mœurs alpestres et sujets historiques. Tout le monde connaît son Guillaume Tell bravant Gessler en lui montrant la seconde flèche; les Suisses victorieux réunis autour du cadavre de Winkelried; Zwingli partant pour /a bataille de Cappel; et, dans un autre ordre didées, le Service religieux au Wildkfrchli, les Lanceurs de pierres, les Lutteurs. On peut reprocher à Vogel
en fit Tobjet d'une correspondance au journal le XIX* Siècle dont J'iUtistre architecte avait été un assidu collaborateur :
« Nous sommes arrivés juste pour Theure de renterremeni : c^est à peine si nous avons eu le temps de passer à Thdtel pour revêtir des habillements plus convenables. Le maître des cérémonies nous attendait dans la maison de campagne que VioUet-le-Duc s'était fait bAtir à Lausanne pour y passer la belle saison.
« Que cette maison est joliment située ! Elle s'élève sur un riant coteau, étage de vignes, qui descend jusqu'au lac. De la terrasse, on a vue sur Je lac, qui a dix lieues de large en cet endroit, et par delà sur les Alpes, dont les cimes neigeuses étincellent au soleil. C*est un admirable horizon et fait à souhait, comme disait l'auteur du TélévMque^ pour le plaisir des yeux.
« Cette aimable et pittoresque demeure, il parait que VioUet-le-Duc l'aimalt avec tendresse et qu'il se plaisait à baigner silencieusement ses yeux dans la lumière qui se jouait sur les flancs de ces belles montagnes. Le mobilier en est très simple, mais il s'était amusé À le décorer lui-même. Il en avait, de sa main, peint les murs à la détrempe ; et ces tableaux où Ton reconnaît la touche rapide et sûre de l'artiste, représentent les divers sites qu'il avait lui-même sous les yeux.
« Le fils de VioUet-le-Duc a pris la parole et en quelques mots, très émus, prononcés d'une voix vibrante, que coupaient les san^^lots par intervalles, il a remercié tous ceux qui avaient bien voulu faire la dernière conduite à son père, et notamment les représentants de la ville de Lausanne, qui avaient donné à un Français ce suprême témoignage d'estime et d'affection.
« La cérémonie s'est terminée par un défilé devant la fosse ouyerte. Je vous assure qu'elle avait quelque chose de très imposant; beaucoup d'hommes pleuraient. »
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des incorrections de dessin et des couleurs un peu criardes, mais, ce qui le distingue surtout, c'est un grand talent de composition.
WARD (Edouard-Mathieu), peintre de genre anglais, né en 1816, mort le 15 janvier 1879. Il montra de bonne heure du talent pour le dessin, fut encouragé par Chantrey et présenté par Wilkie comme élève de Técole de l'Académie. A l'âge de dix-neuf ans, il exposa, pour la première fois, un portrait d'acteur en Don Quichotte. Il se rendit ensuite à Rome et à Munich, pour compléter ses études, et exposa, lors de son retour, en 1839, son tableau de CimabuêetGiotto. Le duc de Wellington acheta son Napoléon à la prise de Nice. En 1853, il acheva la Boadicée qui figure parmi les cartons de la grande salle de Westminster. La.gravure a reproduit son Docteur Johnson lisant le manuscrit du vicaire de Wakefield, et son Goldsmith en musicien ambulant. Il peignit des tableaux en fort grand nombre ; les plus connus sont : Jacques II recevant la nouvelle du débarquement du prince d'Orange; le Docteur Johnson dans r antichambre de lord Chesterfield; De Foe et le manuscrit de Robinson Crusoë; la Famille royale de France dans la prison du Temple; le Dernier Sommeil d'Argyll; l'Exécution de Montrose; la Reine Victoria au tombeau de Napoléon à Phôtel des Invalides; V Antichambre de Whitehall à la mort de Charles II; Charlotte Corday regardant son portrait avant son exécution; la Nuit de Vassassinat de Rizzio; le Comte 4e Leicester et Amy Robsart, etc. Ward était très populaire comme peintre de sujets historiques; il était membre de l'Académie royale. Plusieurs de ses œuvres se trouvent à la Galerie nationale.
WARREN (M. Henri), peintre aquarelliste anglais, mort le 18 décembre 1879 à Wimbleden, à l'&ge de8& ans.
500 L*ANNÉB ARTISTIQUE.
WOLFF [Emile), sculpteur allemand, né à Berlin le 2 mars 1802, décédé à Rome le 29 septembre 1879. Élève de Gottfried Schadow, il débuta par un relief qui représentait David jouant de la harpe. En 1822, il se rendit à Rome où il est resté jusqu'à sa mort. Après avoir étudié les statues antiques dans les musées de Rome, il a subi l'influence de Thorvaldsen, dont il adopta le style pur et idéal. Un grand nombre de statues est sorti de son atelier. Nous citerons le Chasseur, le Berger et la bergère^ Hèbè et Ganymède, Achille et Thétis, i^ Amour et la peau du lion, Promèthèe, la Victoire etiseignant à un garçon l'histoire des héros, groupe établi snr le pont de Château à Berlin, Jephté et sa fille, Judith tirant Vèpie» d'une beauté remarquable, qui se trouve à la galerie nationale à Berlin. Wolff a exécuté aussi beaucoup de bustes appréciés. En 1871, il devint président de l'Académie de Saint- Luc à Rome.